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La Tularémie (angl. tular(a)emia) Rédacteur
: Elisabeth Faure PUB La tularémie est une anthropozoonose cosmopolite, endémo-épidémique, causée par un petit cocco bacille aérobie, Francisella turalensis (anciennement connu sous le nom de Pasteurella tularensis), dont les réservoirs sont nombreux (lièvre, lapin, renard, rat, écureuil, sanglier, etc.). La tularémie est principalement animale atteignant accidentellement l'homme et pouvant être mortelle pour lui. Cette maladie infectieuse aiguë légalement réputée contagieuse est transmise soit par les déjections d'animaux infectés, par les piq ûres de certaines espèces de tiques, de taons, de moustiques soit surtout par le contact des dépouilles du gibier infecté. Le germe
de la maladie a été isolé en 1911 à
partir de cadavres d'écureuils dans le comté
de Tulare (Californie), d'où son nom : la tularémie.
Elle a été observée pour la première
fois chez l'homme, aux Etats-Unis, en 1921 par Edward Francis
et l'agent, nommé jusque là Bacterium tularense,
fut rebaptisé Francisella tularensis en 1974
en hommage à son découvreur. La tularémie est de nouveau une maladie à déclaration obligatoire. La tularémie, sous toutes ses formes cliniques, est inscrite au tableau des maladies professionnelles sous le numéro 68 pour le régime général, et sous le numéro 7 pour le régime agricole. Répartition géographique : Francisella
tularensis est présent dans toute l'Amérique
du Nord, en Europe continentale, en Russie, en Chine et au
Japon. Il peut sévir tous les mois de l'année
mais est plus fréquent au début de l'hiver pendant
la saison de la chasse et pendant le printemps et l'été
lorsque les tiques et les taons sont abondants. Aucun cas de contamination inter-humaine n'a été décrit. Réservoir
naturel de l'infection : Francisella tularensis est trouvée dans de nombreuses espèces animales, sauvages quasi exclusivement, mais peut aussi être découvert dans de l'eau contaminée, les sols et la végétation. Les
réservoirs naturels de l'infection sont : les lapins,
les lièvres, les rats-musqués, les castors et certains animaux
domestiques, les tiques, les taons (Chrysops discalis),
les moustiques et oiseaux. Le cycle L'homme contracte la maladie à partir du réservoir animal de l'infection, soit directement en manipulant les carcasses d'animaux infectés, soit indirectement par l'intermédiaire d'un insecte vecteur (dont le plus commun en Amérique est la mouche du daim, Chrysops discalis, d'où le nom de "fièvre de la mouche du daim" que les Anglo-Saxons donnent à cette maladie). Différentes tiques, qu'il s'agisse d'Ixodidae (Dermacentor, Haemaphysalis, Rhipicephalus, Amblyomma et Ixodes) ou d'ornithodores, les taons, les moustiques, les puces, les poux sont responsables pour une grande part de la persistance de l'infection animale. Francisella
tularensis est l'agent étiologique de la tularémie.
C'est un petit cocco bacille aérobie strict non mobile,
Gram-négatif, mesurant 0,2 x 0,7 µm. Il est entouré
d'une fine enveloppe liposaccharidique et peut survivre sous
forme de spores pendant plusieurs semaines dans l'eau, les
sols ou dans des restes animaux. Cette bactérie intracellulaire
facultative se multiplie au sein des macrophages par lesquels
elle colonise, au décours d'une bactériémie,
les ganglions lymphatiques, les poumons, la plèvre,
la rate, le foie et les reins. Dose infectieuse : 5 - 10 organismes par voie respiratoire, 10 exp.6 - 10 exp. 8 par ingestion. Dans la nature, Francisella tularensis est un organisme résistant qui persiste pendant des semaines ou des mois dans la boue, l'eau et les carcasses d'animaux décomposées. Les morsures et piq ûres d'insectes, spécifiquement les tiques servent de vecteurs. Francisella tularensis est sensible à la chaleur (10 minutes à 56 ° C), aux antiseptiques et désinfectants usuels (chlore). 1. Par voie directe - Par
voie cutanéo-muqueuse 2. Par voie indirecte - Par
la piq ûre d'un insecte vecteur La transmission de la tularémie de personne à personne n'a jamais été documentée. Certaines professions sont naturellement exposées tels que les gardes-chasse ou les bouchers, mais c'est surtout chez les chasseurs ou dans leur famille que l'on retrouvera le plus grand nombre de cas. Les travailleurs de laboratoires sont vulnérables à l'infection, aussi bien en s'inoculant eux-mêmes accidentellement qu'en inhalant des organismes aérosols. Aussi, Francisella tularensis est hautement infectieux et pathogène. Les multiples animaux cités précédemment sont tous fréquemment parasités par des tiques. Les Américains ont démontré que leurs Ixodes sont vecteurs de la tularémie, notamment en prouvant que les épidémies présentent deux pics d'activité, l'un en rapport avec la chasse, l'autre avec la période d'activité des tiques. La transmission trans-ovarienne de Francisella tularensis est reconnue, elle porte sur un très faible pourcentage de tiques. 1. Incubation Chez l'homme, l'incubation est toujours "silencieuse" (en moyenne de 3 à 5 jours). 2. Invasion L'invasion est brutale et marquée par une élévation thermique rapide (40°C) associée à des frissons, céphalées, nausées, vomissements, myalgies, arthralgies, sueurs ainsi qu'un état de prostration. Une dissociation pouls-température est notée chez près de 45 % des sujets. En l'absence de traitement, les signes pulmonaires passent au premier plan : toux productive, douleur rétrosternale, dyspnée, tachypnée, hémoptysie. Des signes non spécifiques peuvent se rajouter : douleurs abdominales, fièvre, nausées, vomissements, diarrhée, malaises et perte de poids; la forme typhoïdique se traduit par une fièvre avec prostration. 3. Phase d'état Elle se présente sous quatre formes cliniques : - La
forme ulcéro-ganglionnaire (87 % des cas) En absence de traitement, la maladie peut durer de 3 à 5 semaines. L'évolution spontanée entraîne environ 6 % de décès, alors que la mortalité sous traitement est quasiment nulle. L'infection confère l'immunité. La convalescence peut prendre des semaines ou des mois avec des pointes de fièvre. Chez l'animal, il est peu fréquent de voir les symptômes, puisque la plupart du temps, l'animal décède rapidement. Quoiqu'il en soit, ce dernier se comporte anormalement. Les lièvres se roulent en boule, le poil hérissé. étant donné leur état de faiblesse avancé, ils ne sont plus farouches et se laissent donc approcher facilement. Ils présentent des bosses au niveau de l'aine, du ventre, du cou ainsi qu'aux aisselles. - La notion
de sujet à risque et la clinique sont évocatrices de la maladie,
sauf dans les formes pulmonaires ou pseudo-typhiques. L'infection confère une immunité durable, il existe cependant des cas de réinfection authentifiés. D'après les recommandations de l'Afssaps (Fiche de prise en charge thérapeutique, octobre 2001) 1. Adultes Traitement
de première intention Traitement
de seconde intention 2. Enfants (< 15 ans) Traitement
de première intention 3. Posologie Durée de traitement : 14 jours. Dans certains cas, il est possible de pratiquer un drainage chirurgical d'adénopathie. La prophylaxie
est difficile en raison de la grande variété des réservoirs
de virus chez les animaux sauvages et des vecteurs possibles.
Ne
pas boire d'eau non traitée en zone suspecte et
bien cuire les viandes d'animaux sauvages en zones
d'enzootie. La vaccination La vaccination des populations à risque a permis d'obtenir une diminution significative du taux de morbidité. Les vaccins à germe atténués du biovar paleartica fabriqués aux USA permettent d'induire une immunité de 5 à 9 ans. En France, la faible fréquence de la maladie n'a jamais justifié la mise en oeuvre d'un plan vaccinal. Un nouveau vaccin est actuellement en cours d'étude par la FDA et les vaccins existants ne sont conseillés, en raison de leur délai d'action (2 semaines), qu'aux sujets travaillant dans les laboratoires et amenés à manipuler cette bactérie. Bioterrorisme Tularemia Dossiers de fond Zoonose
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: Fiche de prise en charge thérapeutique |
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