La leptospirose

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La leptospirose est une anthropozoonose c'est à dire une maladie animale transmissible à l'homme.


Elle sévit dans le monde entier particulièrement en Asie, en Amérique latine et en Afrique. La leptospirose est aussi présente en Europe, notamment en France avec des régions particulièrement touchées comme les DOMTOM, l'Ile de France, l'Aquitaine, les Pays de Loire, le Nord Pas de Calais.

Cette maladie infectieuse est provoquée par une bactérie, un spirochète, du genre Leptospira qui vit essentiellement parmi les rongeurs mais aussi dans les zones où il y a de l'humidité et de l'eau.

La transmission se fait surtout par contact avec les milieux souillés, par les animaux infectés.

La leptospirose est reconnue comme maladie professionnelle chez des travailleurs exécutant de façon habituelle certains travaux et qui doivent bénéficier d'une vaccination systématique. C'est le cas notamment du personnel de traitement des eaux usées, des personnes travaillant dans les abattoirs, des pisciculteurs, des pêcheurs. Et il ne faut pas oublier les personnes pratiquant des activités de loisirs qui contractent de plus en plus souvent la leptospirose. Cette dernière catégorie est en effet responsable de 75 % des 1 000 cas déclarés en 1996.

Epidémiologie

On dénombre moins de  400 cas de leptospirose en France chaque année. Par rapport aux années précédentes, ce chiffre est en baisse, à la fois en métropole et dans les régions d'outre mer.
L'endémie prédomine en général au second semestre c'est à dire à la période estivo-automnale. Pour ce qui est de la répartition en sérogroupes dans les différentes régions de France, les Leptospira grippo-typhosa, australis et panama sont bien représentés. Cette année,Leptospira ictero-hemorragiae représente moins d'un tiers de l'ensemble.

 

L'incidence en France métropolitaine est 0.5 cas pour 100 000 habitants, environ 5 fois plus dans les DOM.

Année

Nombre de cas

2006

186

2007

327

2008

341

2009

197

2010

281

2011

230

2012

347

2013

385

 L'agent infectieux

L'agent responsable de la leptospirose est une bactérie du genre Leptospira qui vit essentiellement parmi les rongeurs mais aussi dans les zones humides. Le genre Leptospira appartient à la famille des spirochaetales ou spirochètes. Le genre Leptospira est constitué de nombreuses espèces ou sérotypes (150) regroupés selon leurs parentés antigéniques en sérogroupes (20) et responsables par conséquence des différentes formes de la maladie. Notons la leptospirose ictéro-hémorragique (due à L.ictero-hemorragiae), forme majeure, endémique, la plus fréquente et la plus anciennement connue, et les leptospiroses dites mineures à symptomatologie incomplète ou atténuée, dont les principales sont dues à des Leptospira bataviae, grippo-typhosa, canicola, pomona, sejroe et shermani.

 Contamination

Les animaux en particulier les rongeurs constituent le réservoir bactérien. Ces animaux rejettent les bactéries Leptospira dans le milieu extérieur par leurs urines. L'homme se contamine le plus souvent par contact cutané ou muqueux avec la bactérie, au niveau d'une plaie ou au contact d'une peau "macérée" par une immersion longue dans une eau infectée. Le germe n'est généralement pas présent dans la salive et les morsures ne jouent pas un rôle direct dans la contamination de l'homme (elles sont cependant à l'origine de plaies pouvant offrir une porte d'entrée à la bactérie). Par la suite, les bactéries passent dans le sang où elles se multiplient puis gagnent la rate, le foie, le cerveau et d'autres organes. Les lésions les plus précoces sont les lésions des endothéliums vasculaires.

 Symptômes

La période d'incubation de la maladie est d'environ 15 jours. Les premiers symptômes associent fièvre, frissons, douleurs musculaires et céphalées. En quelques jours les signes évoluent avec des atteintes viscérale, hépatique (ictère cutanéo-muqueux ou jaunisse), rénale (insufisance rénale fonctionnelle) voir une méningite hémorragique (saignements diffus). Actuellement, la mortalité est de 2 à 5 %.

 Diagnostic

De nombreux tests de détection biologique de la leptospirose sont disponibles. Ils peuvent être regroupés en deux types : les tests de détection directe (identification de la bactérie ou de molécules bactériennes) et les tests détectant la réponse humorale du patient (tests sérologiques).

Les techniques de biologie moléculaire permettent un diagnostic précoce de la maladie.
Les test sérologiques ne peuvent être exploités qu’après la première semaine de la maladie.

Deux tests sérologique sont utilisés : le test ELISA et le test de micro-agglutination (MAT). Le MAT est la technique sérologique de référence pour la confirmation de la leptospirose. Elle est réalisée par un nombre restreint de laboratoires spécialisés. En France seul le Centre national de référence (CNR) réalise le test MAT sur la gamme complète d’antigènes (24) potentiellement pathogènes.

En juin 2011, la HAS a a établi une nouvelle stratégie de diagnostic en recommandant le remboursement de la PCR en temps réel et de la sérologie ELISA IgM (qui doit être confirmé par la MAT).

Traitement

Les formes les plus sévère requièrent une hospitalisation avec réanimation médicale et antiothérapie à base de pénicillines ou de cyclines pendant un minimum de 10 jours. Plus le traitement est précoce, moindre sont les risques de complications.

Prévention

Prévention individuelle : l'hygiène

Elle repose sur l'information des personnels à risque, la lutte contre les rongeurs, l'assainissement des berges des cours d'eau, le contrôle des eaux de baignade, le nettoyage des locaux infectés et des règles générales d'hygiène surtout dans les professions exposées à la maladie. Ces règles passent par le lavage systématique des mains (le port des gants est recommandé), éviter de manger ou boire dans l'animalerie, changer quotidiennemet de tenue de travail, éviter de manipuler de l'eau douce à mains nues. La lutte contre l'infection des animaux domestiques permet également d'éviter la contamination de l'homme.

Prévention médicale : vaccination

La vaccination n'est malheureusement efficace que contre un seul type de leptospire, le Leptospira icterohemorragiae responsable de la leptospirose ictérohémorragique. La vaccination ne protège donc pas contre les autres formes de leptospiroses. Le vaccin est efficace et bien toléré. il est administré à raison de deux injections à 15 jours d'intervalle, premier rappel à 6 mois puis tous les deux ans. En France, 17 % des personnels à risque sont vaccinés. Le traitement est avant tout symptomatique, l'antibiothérapie (pénicilline G, amoxicilline) n'étant utile que si elle est débutée précocément. Cette dernière évite d'éventuelles complications mais ne modifie guère l'évolution.

 Pour en savoir plus

Recommandations Conseil supérieur hygiène publique de France

Recommandations pour la prévention de la leptospirose en population générale

Recommandations pour la prévention de la leptospirose en cas d’activité professionnelle à risque

Nouvelles recommandations relatives à la prévention du risque chez les personnes exposées à la leptospirose  

Zoonoses : Leptospirose
Ministère de la santé
Voir le document

Lepstospira
Serveur de l'Institut Pasteur sur Leptospira. Liste des souches, épidémiologie de la leptospirose en france, cartes génétiques et physiques (Serovar icterohaemorrhagiae), ribotypes de sept espèces et d'autres encore inconnues.
Voir le document

 

Epidémiologie dans l'océan indien ARS
http://www.ars.ocean-indien.sante.fr/Leptospirose.93472.0.html

 

INVS 

Dossier Leptospirose

Incidence de la leptospirose aux Antilles. Étude du 1er janvier au 31 décembre 2011

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