img Fièvre hémorragique à virus Ebola (1/3)

Rédacteur : Florence Campagne, nov. 2000
Mise à jour : Christiane Perbet, nov. 2001

Histoire et épidémiologie
Virologie
Transmission
Signes cliniques
Diagnostic
Traitement
Prévention et sécurité

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Le virus Ebola
Contributed by Dr. Frederick A. Murphy, University of California, Davis

imgHistoire et Epidémiologie

Jusqu'à ce jour, le virus de l'ébola a été à la source d'une demi-douzaine de violentes épidémies surtout en Afrique de l'Ouest.

- Le virus Ebola a été identifié pour la première fois en 1976 à Nzara au Soudan ainsi quà Yambuku au nord du Zaïre. De juin à novembre 1976, le virus Ebola a infecté 284 personnes au Soudan faisant 117 morts.
Au Zaïre, il y eut 318 cas dont 280 décès de septembre à octobre.
Un cas isolé s'est déclaré à Tandala au Zaïre en 1977 et une seconde flambée a éclaté au Soudan en 1979.

- En 1989 et 1990, un filovirus, baptisé Ebola-Reston, fut isolé chez des singes macaques mis en quarantaine dans des laboratoires à Reston (Virginie), à Alice (Texas) et à Philadelphie (Pennsylvanie) aux USA.
Ces singes provenaient tous dune quarantaine dexportation située près de Manille aux Philippines où le virus fut également isolé.

- Une épidémie de grande ampleur est survenue à Kikwit au Zaïre en 1995, on dénombrait 315 infections dont 244 décès.

- Un cas isolé de fièvre hémorragique d'Ebola et une épidémie chez des chimpanzés ont également été observés en Côte d'Ivoire en 1994.

- Au Gabon, la première épidémie de fièvre hémorragique à virus Ebola fut identifiée en 1994, dautres épidémies furent documentées en février 1996 et en juillet 1996.

- Aucune infection par le virus Ebola navait été rapportée jusquà ce quéclate lépidémie de Gulu en Ouganda à lautomne 2000.

Au total, environ 1.100 cas dont 800 décès ont été identifiés depuis que la découverte du virus.

imgVirologie

Les virus des fièvres hémorragiques se répartissent en quatre familles :
Les flaviridés, les bunyaridés, les arénaviridés et les filoviridés qui sont les plus longs virus que l'on connaisse.

ébola appartient à la famille des filoviridae, au genre des filovirus qui comprend plusieurs biotypes différents : les virus débola Zaïre (dite Mayinga), ébola Soudan et ébola Reston.

Le virus de lébola est un virus à ARN monocaténaire enveloppé (nucléocapside hélicoïdale) dont la morphologie est semblable au virus de Marburg mais dont la structure antigénique diffère.
Il peut mesurer jusqu'à 1500 nm de long pour un diamètre de 80 nm.

Réservoir naturel

Les cas primaires humains résultent d'une contamination à partir d'un réservoir animal et ensuite la très forte contagiosité de la maladie est responsable d'une diffusion importante.
Le réservoir naturel du virus Ebola semble habiter les forêts tropicales dAfrique et dAsie, mais il na pas encore été identifié.

Des filovirus apparentés au virus Ebola ont été isolés sur des singes cynomolgus (Macacca fascicularis) qui avaient été importés des Philippines aux Etats-Unis d'Amérique en 1989. Mais le virus tue les primates trop rapidement pour que ceux-ci constituent un bon réservoir.
Des travaux récents menés par une équipe du CNRS de Rennes en collaboration avec l'Institut Pasteur de Bangui, ont permis de retrouver des séquences du virus dans différents organes de 242 petits mammifères.

imgTransmission

Après la contamination accidentelle d'un premier homme, le virus se transmet ensuite à partir des fluides corporels d'un malade en phase clinique : par contact direct avec le sang, les sécrétions, les organes ou le sperme infectés (la salive, le sang, les urines, les fèces des malades sont riches en virus), voire par contact avec les aérosols, les vomissures et peut-être la sueur.
L'ingestion de matériel infectieux est associé avec un risque d'infection et un taux de léthalité élevé.
Le potentiel de transmission par contact sexuel avec un patient guéri n'est pas déterminé, mais on a montré que le virus Ebola se retrouve dans les secrétions génitales des convalescents plusieurs semaines après la maladie.

La contamination a donc un caractère familial ou nosocomial marqué.
- Transmission familiale :
Dans les familles, les deux risques majeurs sont les soins aux malades et la toilette funéraire.
- Transmission au personnel soignant :
Au cours des épidémies, le manque d'hygiène, l'absence de stérilisation du matériel et surtout les seringues et les aiguilles contaminées ont facilité la transmission nosocomiale du virus.

La transmission aérienne a été particulièrement étudiée dans l'enquête faite dans les familles des 34 cas de Nzara en 1979. Cette enquête a démontré l'absence de risque dû à une simple cohabitation dans la même pièce et un risque 5 fois plus élevé pour les personnes ayant des contacts physiques dus aux soins aux malades par rapport à ceux n'ayant que des contacts " familiaux".

imgSignes cliniques

Durée d'incubation : de 2 à 21 jours - 5 à 12 jours dans la plupart des cas.
Durée de la maladie : de 6 à 10 jours dans les formes mortelles.

La fièvre hémorragique d'Ebola se manifeste chez la plupart des patients dans les quelques jours après l'infection par une brusque montée de température, avec fatigue, douleurs musculaires, céphalées, et diarrhée.
Quelques patients peuvent montrer des maux de gorge, hoquets, éruption cutanée, vomissement de sang et diarrhée sanglante (appelée "diarrhée rouge" en Afrique francophone). D'autres symptômes peuvent survenir : conjonctivites injectées, dysphagie.
Le malade est extrêmement asthénique et présente rapidement un amaigrissement important, lié à la fois au défaut de nutrition du à cette asthénie en l'absence d'alimentation et à la maladie elle-même.

Viennent ensuite des vomissements, de la diarrhée, éruption masculopapuleuse, atteinte rénale et hépatique et diathèse hémorragique; atteinte du foie, du pancréas, des reins et, à un degré beaucoup moindre, du SNC et du coeur; leucopénie, thrombocytopénie et élévation des transaminases.

La fièvre, souvent ondulante dans les premiers jours, peut disparaître à la phase terminale.
La mort est précédée par l'apparition de tachypnée, hypotension, tachycardie et anurie. Les quelques données disponibles ne montrent pas d'atteinte pulmonaire expliquant la tachypnée, et la spoliation sanguine due aux hémorragies est toujours trop faible pour expliquer l'hypotension.

imgDiagnostic

Le diagnostic est difficile car les symptômes précoses tels que les yeux rouges et des démangeaisons oculaires sont non spécifiques. Si quelqu'un montre les symptômes cités précédemment et que l'infection par le virus Ebola est suspectée, plusieurs tests de laboratoire doivent être faits (méthode ELISA, isolation du virus).
"Lhospitalisation avec mesures disolement approprié, y compris pendant le transport, simpose devant la suspicion clinique fièvre hémorragique virale : état fébrile récent rapidement accompagné dune éruption (4-5 ème jour) puis de signes hémorragiques superficiels et viscéraux (6-7 ème jour) prenant rapidement une allure épidémique de proche en proche dans la population. " (Protocole thérapeutique de prise en charge des victimes, fiche n° 6 "Agents des fièvres hémorragiques virales").

Le taux de létalité est situé entre 50 et 90 %. Le plus souvent, la mort est provoquée par une embolie cérébrale (coup de sang).

imgTraitement

Il n'existe aucun traitement ni vaccin spécifiques. Il n'existe pas de sérothérapie.
Les cas graves sont placés en unité de soins intensifs : ces malades sont déshydratés et doivent être placés sous perfusion de réhydratation.
Le traitement a pour but de maintenir la fonction rénale et l'équilibre électrolytique et de combattre l'hémorragie et l'état de choc. Le remplacement des facteurs de coagulation et des plaquettes peut s'avérer utile.

Pour les patients qui survivent, la convalescence est accompagnée d'une asthénie intense et d'arthralgies souvent migrantes touchant les grosses articulations.

imgPrévention et sécurité

Les cas suspects doivent être isolés des autres malades et le personnel soignant doit opérer dans des conditions de haute sécurité.
Le personnel hospitalier doit porter des blouses, des gants et des masques individuels. Les gants et les masques ne doivent pas être réutilisés à moins d'avoir été désinfectés.
Risque très important pour certains gestes tels que la pose d'une perfusion, la manipulation de sang et de sécrétions, de cathéters et de dispositifs d'aspiration, qui doivent s'effectuer dans des conditions de haute sécurité.
Les morts doivent être rapidement enterrés ou incinérés.

imgConclusion

Les virus comme Ebola existent depuis des millions d'années, bien avant l'apparition de l'homme. Ils ne peuvent pas vivre en milieu libre et ils ne sortent que rarement de leur réservoir, car ils n'ont pas la possibilité de coloniser aisément de nouvelles espèces d'hôtes.
La rencontre d'autres espèces est un accident qui n'entraîne pas, à terme, la pérennisation du virus dans une nouvelle espèce.
Les risques sont faibles pour la population humaine sauf là où coexistent une possibilité de contamination primaire, de mauvaises conditions d'hygiène et des structures sociales perturbées.

 
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