Cancer de la prostate : une évaluation du surdiagnostic avec les dosages de PSA

Une augmentation marquée de l’incidence des cancers de la prostate est observée aux Etats-Unis depuis les années 80. Elle coïncide avec la généralisation du dépistage du PSA (prostate specific antigen). Une étude publiée dans le Journal of the National Cancer Institute montre que le taux de surdiagnostic oscille entre 29 % et 44 % chez les hommes avec un cancer de la prostate détecté par PSA. Ces cas correspondent à des patients pour lesquels le cancer de la prostate n’aurait jamais été détecté. Ces résultats peuvent poser problème si l’on considère la morbidité associée au traitement.

« Le test PSA a été approuvé par la FDA en 1986 comme moyen de suivre la progression du cancer de la prostate », expliquent Etzoni et al. dans leur article. Ils ajoutent que « cependant, son emploi comme test de dépistage pour le cancer de la prostate a considérablement augmenté en 1998 malgré le manque d’information définitive sur son efficacité ».

Dans ce contexte où l’on a observé une augmentation très nette de l’incidence des cancers de la prostate avec l’avènement du dosage du PSA, les auteurs posent la question de l’ampleur du surdiagnostic et de ses conséquences.

Par surdiagnostic, Etzoni et al. entendent « la détection par le test PSA d’un cancer de la prostate qui autrement n’aurait pas été diagnostiqué au cours de la vie du patient ». « Cette information est vraiment importante parce qu’une morbidité considérable peut être associée au traitement de la maladie ».

L’évaluation du surdiagnostic a été faite en utilisant les données du ‘National Cancer Institute’. Ces données ont été comparées à une projection mathématique de l’évolution de l’incidence des cancers de la prostate sans le dosage du PSA. Ce modèle est basé sur une cohorte hypothétique de deux millions d’hommes âgés de 60 à 84 ans.

Les auteurs estiment que pour les hommes qui étaient âgés de 60 à 84 ans en 1988, le taux de surdiagnostic dû au dosage du PSA est d’environ 29 % chez les Blancs et 44 % chez les Noirs. « Les tendances observées sur l’incidence du cancer de la prostate sont en accord avec un surdiagnostic considérable parmi les patients détectés par PSA », écrivent les auteurs.

Les Dr Siu-Long Yao (Merck Research Laboratories) et Grace Lu-Yao HealthStat, Princeton) expliquent que le surdiagnostic pourrait être encore plus élevé. Selon eux, ce surdiagnostic pourrait être acceptable s’il n’était pas associé à des biopsies inutiles et à un risque substantiel des effets secondaires du traitement, même si les patients ne tirent pas forcément bénéfice d’un traitement. «La forte possibilité d’un surdiagnostic ne doit pas être sous estimée ou écartée », concluent-ils.

Source : J Natl Cancer Inst 2002 ;94 :981-90, 958-60.

SR

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