Cancer colo-rectal : vers un test de dépistage plus performant ?INSERM, le 17/08/2006
Guy Launoy et ses collaborateurs (Equipe Inserm " Cancers & Populations ", Caen) viennent de publier dans la revue Gut les résultats d'une étude qui a consisté à comparer sur 10000 personnes (l'étude comprendra à terme 30000 personnes) les performances du test de dépistage du cancer colo-rectal actuellement sur le marché avec une version différente, automatisée. Le test proposé, à la fois plus sensible et plus spécifique semble réunir des caractéristiques nécessaires pour qu'il soit étendu à une plus large échelle…et qu'il représente une alternative de qualité au test actuellement sur le marché. Le détail des ces résultats est accessible à l'adresse :
Le cancer colorectal est un problème majeur de santé publique dans tous les pays industrialisés. Son dépistage est basé sur la détection, dans les selles, de traces de sang invisibles à l'oeil nu qui peut révéler la présence soit d'un polype pré-cancéreux, soit d'une lésion cancéreuse. Actuellement, la coloscopie reste l'examen le plus fiable pour déceler ces lésions et les adénomes à haut risque. Cependant, compte tenu du geste invasif que la coloscopie représente, de son co ût, et du nombre de spécialistes formés à l'examen coloscopique, la mise au point d'un test de dépistage simple , non invasif et peu co ûteux est devenue une priorité dans le monde. En France, le test de référence Hémoccult a fait la preuve de son efficacité. Actuellement
utilisé dans 22 départements français, il possède néanmoins certains points faibles qui
rendent difficile la généralisation du dépistage du cancer colorectal avec cette technique par
ailleurs assez mal acceptée par les médecins généralistes. Pour aboutir à un test fiable et utilisable par de grandes populations, en plus d'être simple et
non invasif, trois critères essentiels doivent être réunis : il doit être sensible, spécifique et
reproductible. Magstream, le test comparé au test Hémoccult, semble répondre à ces pré-requis, alliant
une sensibilité supérieure à une spécificité augmentée (peu de tests « faux positifs »
engendrant des coloscopies inutiles).
Pour aboutir à cette conclusion, Guy Launoy et son équipe ont expérimenté divers seuils de
positivité du test .
Le seuil de 75ng/ml d'hemoglobine semble être un seuil optimal dans l'équilibre
sensibilité/spécificité. Pour aller plus loin… Un test de dépistage est caractérisé par : Un test est d'autant plus spécifique qu'il donne peu de résultats « faux positifs », et d'autant plus sensible qu'il donne peu de résultats « faux négatifs ».
Quelles conséquences pour demain : trois questions à Guy Launoy Combien de personnes sont touchées en France par le cancer colo-rectal ? En 2000, 38000 nouveaux cas ont été enregistrés, avec une fréquence légèrement
supérieure chez les hommes que chez les femmes.
Il s'agit du 2è cancer le plus fréquent dans les pays industrialisés. Oui. La recherche régulière de sang occulte dans les selles permet d'espérer une baisse significative de la mortalité par cancer colorectal, même si cette baisse espérée (12 à 18% au bout d'une douzaine d'années) reste actuellement moins importante que pour le cancer du sein. Les faiblesses du test actuel rendent difficile la généralisation du dépistage (actuellement seulement 22 départements en France). Les médecins généralistes, soucieux de la « fiabilité » des tests de dépistage qu'ils proposent à leurs patients, devraient être plus enclin à proposer le dépistage avec ce nouveau test. Le manque de sensibilité du test actuel était un frein à la généralisation du dépistage du cancer colorectal L'utilisation de ce nouveau test sera-t-il changé ? Le mode de prélèvement restera quasiment identique au test actuellement sur le marché, donc pas plus compliqué d'utilisation. Pour le patient, il s'agit toujours d'un prélévement de selles à domicile. Pour en savoir plus Source “Comparison of a guaiac-based and an immunochemical fecal occult blood test in screening for colorectal cancer in a general average-risk population”. L. Guittet1, V. Bouvier1,2, N. Mariotte3, JP Vallee2, D Arsène1, S Boutreux1, J Tichet3, G Launoy1 1 Cancers & populations ERI 3 Inserm UFR Médecine CHU Caen – France 2 Association Mathilde – Caen -France 3 Institut interRégional pour la Santé (IRSA) -Tours -France Gut http://gut.bmjjournals.com/cgi/content/abstract/gut.2006.101428v1 Contact chercheur Guy Launoy Directeur Equipe de recherche Inserm « Cancers & Populations » Caen Mel :guy.launoy@unicaen.fr Tel: 02 31 06 51 20
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