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Infections
nosocomiales : comment interpréter les taux ? L'exemple des
infections du site opératoire
ANAES
le 17 Juin 2003
L'Anaes a analysé les données disponibles relatives à la méthodologie
de détermination des taux d'ISO et les précautions nécessaires
à leur interprétation.
La lutte contre les infections nosocomiales est une priorité
de santé publique. La production de données épidémiologiques
pour la surveillance et la prévention de ces infections est
nécessaire. Parmi les infections nosocomiales, les infections
du site opératoire (ISO) sont volontiers considérées comme
un indicateur de la qualité des soins. La comparabilité et
l'interprétation des taux d'ISO dans le temps et entre établissements
de santé apparaîssent ainsi comme des enjeux majeurs pour
les professionnels de santé, les décideurs et les usagers.
Dans cette optique, l'Anaes a analysé les données disponibles
relatives à la méthodologie de détermination des taux d'ISO
et les précautions nécessaires à leur interprétation. Destiné
aux acteurs du système de santé, ce document a été réalisé
à la demande de la Direction Générale de la Santé (DGS), de
la Direction de l'Hospitalisation et de l'Organisation des
Soins (DHOS), du Conseil National de l'Ordre des Médecins,
de la Société Française de Chirurgie Orthopédique et Traumatologique
(SOFCOT) et de la Société de Pathologie Infectieuse de Langue
Française (SPILF).
Une utilisation prudente
La surveillance des infections nosocomiales témoigne de la
dynamique d'amélioration de la qualité des soins et l'influence.
Elle fait partie des critères retenus par l'Anaes pour l'accréditation
des établissements de santé. En revanche, l'utilisation des
taux d'ISO, à des fins de comparaison quant à la qualité des
soins dispensés par un établissement de santé doit être très
prudente en raison des limites liées à l'identification et
au recueil des ISO ainsi qu'aux nombreux facteurs « de risque
» associés à leur survenue dont certains ne dépendent pas
de la qualité des soins.
La fiabilité des taux dépend de la qualité des données recueillies.
L'utilisation de définitions standardisées et reproductibles
est nécessaire et la surveillance des patients, en particulier
après leur sortie de l'établissement de soins, doit être effective
car la majorité des ISO survient après l'hospitalisation.
ISO : de nombreux facteurs de variation
Le recueil d'autres informations (caractéristiques des patients,
type de chirurgie effectuée, contexte de l'intervention) s'avère
nécessaire lorsque des comparaisons sont envisagées. En effet,
le risque infectieux varie non seulement avec « la qualité
des soins » et l'adéquation aux programmes de prévention,
mais également en fonction de paramètres liés au patient,
au contexte de l'intervention et au type de chirurgie réalisée.
La prise en compte de ces facteurs a pour but de calculer
des taux d'ISO stratifiés (ou « ajustés »), pour des groupes
de patients homogènes pour le risque infectieux.
Cependant, la stratification des taux qui permettrait d'assurer
la comparabilité des taux d'ISO a pour corollaire la diminution
des effectifs de chaque groupe « homogène ». Il en résulte,
en pratique et pour les ISO qui restent des événements rares
dans certaines spécialités chirurgicales, notamment en chirurgie
propre, de réelles difficultés pour conclure à des différences
entre services ou établissements au vu du recrutement habituel
des services de chirurgie.
Taux d'ISO : un indicateur de la dynamique des établissements
de santé dans la prévention et la lutte contre les infections
nosocomiales
Dans le cadre d'une démarche d'amélioration continue de la
qualité qui vise à réduire l'incidence des infections nosocomiales,
la surveillance des ISO, dans les établissements de santé
ayant une activité chirurgicale, est nécessaire. La surveillance
des patients doit alors être organisée pour dépister les ISO
tardives, les plus fréquentes, et la définition utilisée de
l'ISO doit être standardisée. Dans ces conditions, le taux
d'ISO peut être utilisé par les établissements pour apprécier
leur dynamique dans la prévention et la lutte contre les infections
nosocomiales.
La comparaison des taux d'ISO de structures différentes, n'est
possible, que si ces taux sont ajustés en tenant compte des
facteurs qui influencent le risque infectieux. Les modèles
d'ajustement disponibles visant à rendre robuste de telles
comparaisons sont encore à l'étude.
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