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L'interruption
volontaire de grossesse (IVG) (1/2)
Rédacteurs
: Elisabeth Faure, ao ût
2000 et Christiane Perbet,
novembre 2001
Actualisation et validation : Docteur
Luc Jeannin, décembre 2001
Définition
Quelques chiffres
Réglementation française
Réglementation européenne
L'IVG médicamenteuse
L'IVG chirurgicale
La contragestion ou contraception d'urgence
Pour
en savoir plus : les sources Internet, les textes de loi.
Définition & Généralités
- L'Interruption
Volontaire de Grossesse n'est pas une méthode contraceptive
mais l'aboutissement inéluctable d'une contraception
mal conduite. Elle signe l'échec d'une des méthodes
contraceptives destinées à éviter aux
femmes d'être enceintes quand elles n'en ont pas le
désir.
- Elle est le plus souvent la conséquence de situation
de rupture sociale (révolte, violence, crime,...)
- Il existe deux techniques d'IVG disponibles actuellement
: l'IVG
médicamenteuse et l'IVG "dite chirurgicale"
par aspiration.
- L'autorisation de pratiquer les IVG date en France de
1975, grâce à une loi : "loi veil"
portant le nom de la ministre Simone VEIL qui la proposa et
la defanda sous la présidence de Valery Giscard D'ESTAING.
- L'évolution récente d'autoriser la réalisation
d'IVG jusqu'à quatorze semaines d'aménorrhée
(au lieu de douze précédemment) a été
motivée par le souci d'adaptation de notre législation
sur celle de la plupart des pays européens limitrophes
(Belgique, Pays-bas, Grande-Bretagne) et celui de réduire
autant que faire se peut ce nombre élevé de
5 000 femmes françaises qui doivent aller interrompre
leur grossesse hors delai légal dans un autre pays
que la France avec toutes les contraintes que cela suppose
(co ût - mauvaises conditions psychologiques entourant
cet acte - problèmes culturels et linguistiques - etc...)
Quelques
chiffres sur l'IVG en France
- Avant la légalisation
de l'IVG en 1975, deux femmes mouraient en moyenne chaque
mois des suites d'avortements clandestins
- En 1998, d'après les chiffres de la DREES, le
nombre d’IVG s’établit à 214 000 soit 6 % de plus qu’en 1990,
ce qui correspond à une
IVG pour trois naissances.
Cette augmentation concerne surtout les jeunes et très
jeunes femmes.
- Près de 75 % des avortements en France sont pratiqués
avant la 8ème semaine.
- Parce qu'elles ont dépassé le délai
légal ou parce qu'elles sont mineures, 5 000 françaises
partent chaque année à l'étranger pour
avorter.
- 64 % des IVG sont
réalisées dans le public et 36 % dans le privé.
- En 1997, l'IVG chirurgicale a été utilisée
dans 81 % des interventions (75 % d'anesthésie générale).
Réglementation
française
La
loi Veil
- Le 17 janvier 1975,
la Loi Simone Veil, alors Ministre de la santé,
a été adoptée par l'Assemblée
Nationale à 284 voix contre 189. Elle met fin à
un combat difficile en légalisant l'avortement en France.
Le 18 janvier 1975, cette loi est publiée au Journal
Officiel. Elle prévoit que l'IVG doit être pratiquée
avant la fin de la 10 ème semaine de grossesse, soit
12 semaines à partir des dernières règles,
exclusivement dans les hôpitaux publics et cliniques
privées agréées et donc autorisées.
- Le 31 décembre 1982, la loi a été
révisée (loi Roudy) et prévoit le remboursement
de l'IVG par la sécurité sociale.
- Le 27 janvier 1993, la loi Veil est complétée
par la loi Neiertz qui prévoit un délit d'entrave
à l'IVG. Elle sanctionne "toute entrave ou tentative
d'entrave à l'IVG de deux mois à deux ans de
prison ferme, et d'une amende de 2 000 à 30 000 francs".
Rapport
Nisand
Le Professeur Israël
Nisand est l'auteur, en mars 1999, d'un rapport sur l'IVG
intitulé Propositions pour diminuer les difficultés
que rencontrent les femmes.
Il met en évidence les difficultés d'accès
à l'IVG en France et propose plusieurs
mesures pour une meilleure application de la loi Veil. Il
a notamment soulevé le problème de la détresse
à laquelle sont soumises certaines mineures incapables
d'avouer une grossesse indésirée à leurs
parents mais aussi la détresse des femmes étrangères
exclues par la loi et le désintérêt
du service public hospitalier à leur égard.
Nouvelles
mesures,
loi du 4 juillet 2001
- Allongement
du délai de l'IVG à la fin de la douzième semaine
de grossesse, soit 14 semaines d'aménorrhée.
- La consultation sociale préalable devient facultative pour
les majeures.
- Pour les mineures non émancipées, le
principe du consentement du titulaire de l'autorité parentale
ou du représentant légal est aménagé. Si elle en
fait la demande et persiste dans le refus qu'ils soient consultés,
la mineure peut se faire accompagner par une autre personne
majeure de son choix.
Obligation
du médecin pratiquant l'intervention
Depuis 1976, le médecin pratiquant l’intervention doit
remplir un bulletin statistique individuel anonyme contenant
des informations sur la femme qui avorte et sur l’intervention.
Cette déclaration est obligatoire pour ne pas rendre l’acte
illégal. Ces bulletins sont adressés sous pli confidentiel
par les établissements hospitaliers aux DRASS qui les transmettent
au Ministère de la Santé.
Réglementation
européenne
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Délai
légal du recours à l'IVG :
- jusqu'à
12 semaines d'aménorrhée (10 semaines
de grossesse) : Danemark, Grèce, Italie, Norvège
- jusqu'à 14 semaines d'aménorrhée
(12 semaines de grossesse) : France, Belgique, Allemagne,
Autriche, Luxembourg. Au Portugal et en Finlande la
durée maximale pour pratiquer une IVG légale
est aussi de 12 semaines de grossesse mais elle est
soumise à des conditions très restrictives
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- jusqu'à
18 semaines d'aménorrhée (16 semaines
de grossesse) : Suède
- jusqu'à la viabilité foetale soit
24 semaines d'aménorrhée (22 semaines
de grossesse) : Espagne, Grande-Bretagne, Pays-Bas (conditions
très restrictives pour les deux derniers pays)
- En Suisse, durant
les 12 premières semaines l’interruption est non punissable.
Il faut une demande écrite de la femme « qui invoque
qu’elle se trouve en situation de détresse ».
- En Irlande, l'avortement est illégal sauf pour
sauver la vie d'une femme
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Nombre
de semaines limite de grossesse pour pratiquer une IVG
en Europe
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Age des mineurs nécessitant un accord parental :
- L'Autriche est le pays où l'âge minimal pour
recourir à l'IVG sans accord parental est le plus bas
: 14 ans. Avant, le consentement des parents demeure obligatoire.
- En Angleterre, les mineures sont tenues de fournir une autorisation
jusqu'à ce qu'elles aient 16 ans
- Au Danemark, en Espagne, en France, en Grèce, en Italie
et aux Pays-Bas, cet âge est fixé à 18 ans
(en france, il peut être aménagé selon les
circonstances).
- En Belgique et en Finlande, aucun feu vert des familles n'est
exigé
- En France et jusqu'avant juillet 2001, les mineures
voulant interrompre leur grossesse devaient obtenir l'autorisation
du tuteur légal (un des deux parents).
=>Depuis
juillet 2001, l'autorisation
parentale n'est plus indispensable pour qu'une "adolescente
mineure" puisse interrompre une grossesse pour autant qu'elle
se situe dans les délais prescrits par la loi et qu'elle
soit accompagnée par une personne adulte responsable
lui servant de caution morale. Elles
ne pourront pas cependant bénéficier d'une anesthésie
générale (souvent demandée à cette
âge...) pour des raisons médico-légales
qui obligent les anesthésistes a obtenir une autorisation
écrite des parents pour endormir un(e) "mineur(e)"...Cela
montre une certaine incohérence de la règlementation
qui offre aux "adolescentes mineures" l'accès
à l'IVG en leur imposant une réalisation dans
des conditions discutables de "confort physique et psychologique"
et en tous cas en leur restreignant l'accès aux méthodes
les plus performantes d'anesthésie.
L'IVG
médicamenteuse : la RU 486
L'interruption volontaire de
grossesse par mode médicamenteux se développe progressivement
en France et a représenté 20 % des avortements en 1998,
contre 14 % huit ans auparavant, révèle une enquête du
ministère de la Solidarité.
L'IVG par méthode médicamenteuse
ne peut être pratiquée que pour des grossesse
de moins de 7 semaines d'aménorrhée (7 semaines
à dater du début des dernières règles
ou 5 semaines après la fécondation = ovulation
théorique).
Elle consiste en la prescription de la pilule abortive RU
486 ou Mifégyne (mifépristone) combinée,
36 à 48 heures plus tard (après
la prise de Mifégyne),
à une faible dose de prostaglandine qui complète
les effets du premier. Cette méthode médicamenteuse assure
une expulsion complète de l'embryon dans les heures qui suivent
la prise du médicament et dans plus de 95% des cas.
La femme fait "une fausse couche" dans le service
hospitalier où elle est prise en charge.
Lorsque cette méthode est utilisée avant la
7ème semaine de grossesse, l'efficacité est
grande sans toutefois être totale. Elle est sans effet
secondaire marquant et sans intervention chirurgicale. Le
risque de complications sérieuses est minime.
Ce n'est que dans un petit nombre de cas qu'elle n'est pas
interrompue ou que l'oeuf n'est pas expulsé et il sera
alors nécessaire d'avoir recours à une aspiration.
L'IVG médicamenteuse représente une alternative
à l'aspiration utérine.
En France, où la méthode est appliquée depuis plus de 10 ans,
85% des femmes environ se décident pour cette méthode si elles
ont le choix.
L'IVG
chirugicale
Cette technique
d'IVG par aspiration a un taux de succès très élevé, de l'ordre
de 99,7 %.
Elle peut désormais être pratiquée jusqu'à
quatorze semaines d'aménorrhée (douze
semaines depuis l'ovulation théorique).
En 1997, l'IVG chirurgicale
a été utilisée dans 81 % des interventions
(75 % d'anesthésie générale)
La méthode la plus courante
d'IVG est l'aspiration. Elle consite à vider l'utérus
au moyen de sondes creuses (sondes de Karmann) branchées
sur un appareil à aspiration.
Elle se déroule ainsi :
- anesthésie locale (injections)
autour de l'orifice de l'utérus ou courte anesthésie générale
(quelques minutes)
- dilatation du col avec de fines tiges de métal
- introduction d'une canule dans l'utérus pour aspirer son
contenu.
L'intervention dure environ 20 à 30 minutes. Dans le
premier cas (anesthésie locale) la femme ne reste que
trois heures à l'hôpital. Dans le second (anesthésie
générale), on la gardera par prudence et obligation
légale quatre à six heures après le réveil.
Un traitement complémentaire sera prescrit
quelques jours après l'opération afin de permettre
de chasser les caillots et d'en éviter la formation.
Il s'agira d'utéro-contractants ou encore d'une pilule qui
préviendra d'une synéchie. On peut aussi prescrire
un traitement antibiotique anti-chlamydia en pré et/ou post
IVG.
La technique du curetage
n'est plus guère utilisée. Le procédé est le même que l'aspiration.
Seulement, l'utérus est évacué à l'aide d'une curette, instrument
en forme de cuillère.
Complications
opératoires de l'IVG
Elles sont rares mais une IVG
reste une intervention qui n'est jamais banale même
si l'IVG a été rendue légale par le législateur.
Il s'agit dans la majorité des cas de :
- Rétention :
l'aspiration effectuée est incomplète. Elle
se manifeste pas des pertes de sang plus abondantes, de la
température ou des pertes anormales. Dans ce cas, on
doit reprendre contact avec son médecin pour voir si
il y a lieu de repratiquer une aspiration complémentaire.
- Infection : elle se manifeste par des pertes anormales,
des pertes de sang, de la douleur ou de la gêne.
La
contragestion ou contraception d'urgence
Abus de langage:
- La fécondation
de l'ovocyte par le spermatozoïde qui donne l'ovule ne
signe le début de la grossesse qu'au delà du
5ème jour, délai nécessaire au transfert
de la trompe (lieu de fécondation) à la cavité
utérine (lieu d'implantation et de développement).
Tous les produits de la fécondation (ovules) ne s'implanteront
pas, c'est ce qui explique en partie que tous les rapports
sexuels non protégés ne sont pas suivis de grossesse.
- La finalité de la contraception d'urgence est donc
d'empêcher la "nidation" ou implantation
de l'oeuf fécondé (ovule) dans la cavité
utérine et pas de prévenir la fécondation.
- Les méthodes disponibles ne sont donc pas plus contraceptives
(la fécondation a déjà eu lieu) qu'abortives
(la gestation = grossesse n'est réelle qu'une fois
l'oeuf implanté). C'est donc à tord et cela
constitue un abus de langage que d'appeler ces méthodes
CONTRAGESTIVES d'urgence contraception d'urgence.
Les
différentes méthodes de contraception d'urgence
disponible en france:
Quand
on parle de contraception d'urgence, il n'est fait trop souvent
référence qu'aux deux "médicaments"
mis récemment sur le marché et appelé
à tord "pilules du lendemain". Or
cette confusion fautive oublie deux autres moyens disponibles
et au moins aussi performants voire plus que sont le stérilet
et
le RU486 (mifépristone) :
- le stérilet au cuivre (Gyne-T380) peut être
utilisé jusqu'au 19ème jour du cycle en cours
(ou jusqu'au 5ème jour après l'ovulation calculée)
et ce quel que soit le nombre de rapports sexuels protégés
ou non.
Son efficacité est de l'ordre de 100%, le recours à
un médecin expérimenté est nécessaire
pour la mise en place de ce DIU (dispositif intra-utérin)
qui pourra servir ensuite de contraception permanente.
- le RU 486 (mifépristone) ou "pilule abortive"
peut être utilisée jusqu'à 5 jours après
le rapport non protègé avec la même efficacité
de l'ordre de 100%. Elle ne dispose pas de l'AMM et n'est
donc pas actuellement délivrée dans cette indication
en France.
La contraception
d'urgence orale disponible en france:
Appelée à tord
"pilule du lendemain", c'est bien d'une contraception
d'urgence dont il s'agit (appelée post-coïtale
par les médecins = après rapports supposés
fécondants) puisqu'un rapport sexuel "finalement
non protègé" peut survenir à tout
un chacun.
Si elle permet de réduire les risques de grossesse,
72 heures maximum après un rapport non ou mal protégé
(en particulier en cas d'échec d'une méthode
contraceptive mécanique), elle n'est cependant pas
efficace à 100% et laisse une place non négligeable
à l'incertitude, ce qui en fait bien une contraception
de dernier recours qui reste une méthode occasionnelle.
Elle ne doit, en aucun cas, se substituer à une contraception
régulière. Cette contraception est exclusivement
prévue pour ces situations d'exception et ne doit en
aucun cas être utilisée de façon régulière.
Son efficacité est inférieure à celle
des contraceptifs oraux estroprogestatifs. Le taux de grossesse
observé est de l'ordre de 1 à 2 %.
Cette méthode ne permet pas d'éviter une grossesse
dans tous les cas, surtout si la date du rapport non protégé
est incertaine. En cas de doute (plus de 5 jours de retard
des règles ou saignements anormaux à la date
prévue des règles, symptômes de grossesse),
il est impératif de vérifier l'absence de grossesse
par un test de grossesse.
Deux
types de produits sont en vente :
- Tetragynon® qui est
une combinaison d’oestrogène et de progestatif en quatre comprimés.
L'efficacité contragestive est de l'ordre de 97%. La
présence d'oestrogènes dans sa composition lui
créé quelques contre-indications peu nombreuses
(antécédents de phlébite et/ou embolie
pulmonaire - grossesse extra-utérine [GEU] - migraines).
Il ne sera délivré que sur prescription médicale
en pharmacie et dans les centres de plannification. Le remboursement
est de 65% par la sécurité sociale.
- NorLevo® qui ne contient
qu'un progestatif en deux comprimés à une efficacité
légèrement supérieure de l'ordre de 99%.
Les contres-indications sont moins nombreuses du fait de l'absence
d'oestrogène dans sa composition et se limitent aux
insuffisances hépatiques (porphyrie aiguë ou insuffisance
hépatique sévère) rares. Il
est en vente libre (sans prescription médicale) en
pharmacie et dans les centres de planning familial publics.
Les infirmières scolaires peuvent le délivrer
aux mineures sans autorisation parentale (loi du 13
décembre 2000).
Utilisée
par près de 800 000 femmes en France depuis sa commercialisation
de 1999, ces moyens nouveaux de prévenir une grossesse
non désirée répondent à une demande
et donc un besoin réel.
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