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Les
rétinopathies pigmentaires
Rédaction : Antoinette
Jordan-Meille, mai 2002.
Validation : Dr. Laurent Labreze.
Sommaire
Introduction
Quelques données épidémiologiques
Mode de transmission
Syndromes associés
Diagnostic
Traitement et recherche
Pour en savoir plus
Introduction
Les rétinopathies pigmentaires
forment un ensemble hétérogène de maladies
génétiques ayant des caractéristiques communes
qui consistent en une dégénérescence progressive des cellules
photoréceptrices de la rétine : les cônes et les bâtonnets.
Il en un résulte un affaiblissement irréversible de la vision
périphérique. Il existe plusieurs formes cliniques notamment
en ce qui concerne l'âge de début, l'aspect du fond de l'oeil
et d'autres manifestations cliniques associées. La forme la
plus fréquemment rencontrée étant la
rétinite pigmentaire (retinitis pigmentosa en anglais)
qui doit son nom au fait que, dans de nombreux cas, des pigments
typiques se forment sur la rétine (scotomes). On associe souvent
par extension le terme de rétinite pigmentaire (RP)
à celui de rétinopathie pigmentaire.
Illustration
d'une rétinopathie pigmentaire sur le site Ophimage.net
Quelques données
épidémiologiques
Ces pathologies sont des maladies
rares qui affectent :
- Trente mille personnes en
France,
- environ quatre cent mille
personnes en Europe,
- 100 000 personnes aux Etats-Unis,
- Environ une naissance sur
3000 en Australie.
Sources : Association IRRP,
Fondation américaine Fighting Blindness, Association Rétina
Australia.
Mode de transmission
Les différents modes
de transmissions héréditaires sont :
- Le mode autosomique récessif.
L'enfant n'est affecté par cette maladie que s'il hérite
de ces deux parents du gène présentant la mutation
responsable de la RP.
- Le mode autosomique dominant.
Un enfant a une probabilité de 50 % d'être
atteint de la maladie si l'un de ses parents est porteur
d'un gène autosomique dominant présentant la mutation de
la rétinite pigmentaire.
- Le mode X-chromosomique
récessif. Ce processus d'hérédité n'affecte que les hommes
et n'est transmis que par les femmes.
- Le mode digénique. Forme
d'hérédité dominante dans lequel un enfant ne peut être
affecté de la maladie que si deux différents gènes responsables
de la RP (la périphérine et Rom I) lui sont transmis simultanément
par son père ou sa mère.
- Le mode mitochondrien. C'est
un mode de transmission exclusivement maternelle.
Syndromes associés
Les plus fréquents sont
:
- Le syndrome de Usher.
Il est caractérisé par l'association d'une rétinopathie
pigmentaire et d'une surdité de perception congénitale bilatérale
d'hérédité autosomique récessive. Il représente 14% des
rétinopathies pigmentaires.
- Le syndrome de Laurence
Moon Bardet Bield. De transmission génétique autosomique
récessif ce syndrome est caractérisé par des manifestations
neurologiques, ophtalmologiques et endocriniennes progressives
provoquant une détérioration gravement handicapante.
Les plus rares :
- Le syndrome de Refsum.
Il se transmet sur le mode récessif autosomique et se caractérise
sur le plan biochimique par une accumulation d'acide phytanique.
Les manifestations sont l'héméralopie, une polyneuropathie
distale motrice chronique évoluant par poussées, une surdité
de perception, une ataxie cérébelleuse, parfois une débilité.
Au cours de l'évolution, apparaissent des signes cutanés
(ichtyose), des dysplasies polyépiphysaires et une myocardiopathie
- L'atrophie gyrate.
La transmission est récessive autosomique. L'expression
clinique principale est l'atrophie gyrée de la choroïde
et de la rétine qui débute dans l'enfance par une myopie
puis une rétinite. Les patients développent
une cataracte sub-capsullaire postérieure dans la deuxième
décade évoluant vers la cécité.
- Le syndrome de Bassen-Kornzweig.
De transmission est autosomique récessive, cette maladie
résulte du déficit complet en MTP (Microsomal triglyceride
Transfer Protein) responsable de l'absence de sécrétion
intestinale et hépatique des lipoprotéines contenant l'apo
B dans le plasma.
- Le syndrome de Kearn.
Il débute avant 20 ans et comporte une ophtalmoplégie, un
ptosis, une rétinite pigmentaire, signes associés à une
myopathie, à un trouble de la conduction cardiaque, une
hyperprotéinorachie. De nombreux autres symptômes peuvent
être présents: surdité, cardiomyopathie, crises d'épilepsie,
troubles du transit intestinal, hypoparathyroïdie, retard
de croissance, diabète, insuffisance rénale.
Source : Association
IRRP, Orphanet
Formes cliniques particulières
- " Rod-Cone dystrophy"
.Forme particulière avec atteinte primitive de la
vision centrale. Dix gènes impliqués avec différents modes
de transmission ont été retrouvés.
- Amaurose congénitale
de Leber. Forme responsable de malvoyance sévère
dés la naissance.
Diagnostic
En règle générale, la RP est
diagnostiquée entre l'âge de 18 et 30 ans et les problèmes
s'aggravent entre 40 et 50 ans. La forme la plus fréquente
de ces pathologies étant la rétinite pigmentaire,
les signes cliniques les plus souvent rencontrés sont
:
- L'héméralopie
(baisse de la vision crépusculaire)
- Une constriction progressive
du champ visuel périphérique avec préservation initiale
du champ visuel central.
L'examen du fond d'œil retrouve
des mottes de migrations pigmentaires associées à une pâleur
papillaire et à un rétrécissement du calibre des artères rétiniennes.
Les examens complémentaires
à réaliser sont :
- L'électrorétinogramme,
- la mesure du champ visuel
au moyen du périmètre de Goldmann,
- l'adaptation de la clarté
à l'obscurité,
- l'angiographie au fluor
en cas de scotome central (dans 15 % des cas, la maladie
débute par une dégradation du champ visuel central).
Traitement et
recherche
A l'heure actuelle, il n'existe
pas de traitement de ces affections mais le recours aux aides
visuelles (loupes éclairantes, systèmes grossissants électroniques
grâce auxquels le sujet handicapé peut lire un texte sur un
écran de télévision) permet d'améliorer significativement
la vie sociale du patient.
Les voies de recherche actuelles
sont prometteuses. Des approches thérapeutiques sur
des modèles animaux reproduisant ces pathologies ont
donné des résultats satisfaisants qui permettent
d'envisager la mise en place d'essais cliniques sur l'homme.
Une première conférence de consensus, organisée par
le Pr. José-Alain Sahel du laboratoire de physiopathologie
cellulaire et moléculaire de la rétine de l'INSERM, s'est
tenue en avril 2002 dans le but de fixer les conditions de
mise en place de ces essais cliniques au niveau international.
Les premières recommandations qui en ont découlées
portent sur les points suivants :
- L'incontournable passage
par des recherches sur de nouveaux modèles animaux.
- Ces phases pré-cliniques
ne sauraient faire oublier la mise en place d'essais cliniques.
- Les critères pour participer
à un essai thérapeutique. L'accent est mis sur l'importance
d'un phénotypage et génotypage systématique.
- Les critères d'évaluation
de l'essai (suivi longitudinal et standardisation des méthodes
d'évaluation).
Concrètement, un groupement
d'intérêt scientifique, l'Institut de la vision, vient
de se créer à Paris à l'initiative de l'Inserm. Il
réunit les compétences du Centre hospitalier
national des Quinze-Vingts, de la Fondation ophtalmologique
Rothschild et de l'université Paris VI.
Cette conférence de
consensus a également permis de faire le point et de
valider ces nouvelles approches thérapeutiques qui
sont de trois ordres :
- Les approches de thérapie
génique. Il peut s'agir soit d'une correction de l'anomalie
génétique responsable de la maladie soit de l'utilisation
du transfert de gène comme moyen pour doter un type cellulaire
donné de nouvelles fonctions.
- Les approches de neuroprotection
par facteurs de survie ou greffe cellulaire.
La fonction de ces facteurs de survie qui peut se faire
selon différentes modalités (transfert de gène, libération
prolongée d'un facteur par greffe intraoculaire de cellules
encapsulées modifiées génétiquement, greffe de bâtonnets
pour ralentir la dégénérescence secondaire des cône) n'est
pas de corriger l'anomalie génétique mais de prévenir les
effets délétères qu'elle occasionne. Récemment, une
prothèse rétinienne artificelle (Artificial Silicon Retina)
a pu être implantée sur des patients atteints de rétinite
pigmentaire pendant au moins dix-huit mois sans rejet et
avec une amélioration sensible des fonctions visuelles
selon une déclaration du Dr. Alan Y. Chow, co-inventeur
d'une puce photosensible, lors du congrès de l'Association
for research and ophtalmology qui s'est tenu du 5 au 10
mai 2002 à Fort Lauderdale (Floride).
- Les approches nutritionnelles.
Supplémentation alimentaire en vitamine A et apports alimentaires
tels que la lutéine et le bêta-carotène.
- Les approches pharmacologiques.
Utilisation de médicaments de nature non protéique à visée
neuroprotrectice.
» Pour
en savoir plus:
Documents
généraux
Rétinite
pigmentaire
Courte description du
groupe des rétinopathies pigmentaires sur le
site d'Orphanet. Accès à un annuaire des
consultations spécialisées, laboratoire
de diagnostic, projet de recherche en cours et associations
de patients.
Pour accéder au document, il faut consulter la
rubrique "Services aux professionels" puis
aller dans "recherche par ordre alphabétique"
ou dans "recherche par maladies" en tapant
rétinite pigmentaire.
Voir le document
Rétinite
pigmentaire ?
Des maladies aux pronostics
très hétérogènes, diagnostic, les syndromes, la rétinite
pigmentaire et ses syndromes, les dégénérescences de
la macula.
Voir le document
Soigner
la rétinite pigmentaire : un défi pour le prochain siècle
!
Après un exposé
de quelques rétinopathies, le document expose
sous forme de questions-réponses les rétinopathies
pigmentaires : causes, symptômes, transmission,
test oculaire de détection, traitement, vie sociale.
Fédération des aveugles et handicapés
visuels de France.
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Les
dégénérescences rétiniennes
Article réalisé
par Rétina-France en juin 2000.
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Les
rétinopathies pigmentaires chez l’enfant
Accès au résumé
de l'article, l'acces au texte intégral est payant.
De I. Ghazi et J. L. Dufier.
Médecine thérapeutique, Pédiatrie. Vol. 3, N.5, sept.-oct.
2000.
John Libbey Eurotext
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Documents
en anglais
Retinitis
Pigmentosa
Description clinique,
transmission, traitement, maladies liées.
De la fondation américaine Fighting Blindness.
Voir le document
Retinitis
Pigmentosa
Introduction, clinique,
diagnostic différentiel, "workup" ,traitement,
médicament.
De A. de Beus, eMedicine Journal, 7 mai 2001, Vol. 2,
N.5.
Voir le document
Retinitis
Pigmentosa
Signes et symptômes,
pathophysiologie, prise en charge, clinique.
Handbook of ocular disease.
De J. Sowka, A. Gurwood, A. Kabat.
Voir le document
Retinitis
Pigmentosa
Définition de ce groupe de maladie, physiologie
et anatomie de l'oeil, symptômes, traitement,
transmission génétique.
Une rubrique "recherche" fait état
de l'avancement des connaissances en matière
de traitement sur ces maladies.
Document réalisé à l'intention
des personnes concernées par ces pathologies
par l'association australienne Retina Australia.
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Recherche
La
France et les Etats-Unis ont amorcé le pas vers les
premiers essais cliniques dans les dégénérescences rétiniennes
Dépêche Caducee.net
du 31/05/02.
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Les
maladies de la rétine : vers des essais cliniques dans
les dégénérescences rétiniennes
La recherche à l'Inserm
sur les maladies de l'œil et la vision, le point sur
… les dégénérescences rétiniennes, vers des essais cliniques
dans les dégénérescences rétiniennes, schéma de l'œil.
Dossier de presse de l'Inserm, mis en ligne le 31 mai
2002 à l'occasion de la première conférence
de consensus, intitulée "Essais cliniques
dans les dégénérescences rétiniennes
: vers un consensus international ?" organisée
au Sénat le 15 et 16 avril 2002.
Consulter
le dossier de presse Inserm
Une
rétine électronique est restée implantée pendant 18
mois sans rejet
De Michel Alberganti,
le 11/05/02. Document
également consultable sur le site de l'association
IRPP.
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Les
pistes de traitement des affections oculaires génétiques
Du Dr. V. Lemaire.
Le
Quotidien du Médecin n°6837 du 18/01/2001.
Laboratoire
de physiopathologie cellulaire et moléculaire de la
rétine
Présentation du
laboratoire qui est une unité de recherche de
l'Université Louis Pasteur de Stasbourg et est
associé à une unité de recherche
de l'INSERM.
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Outils
Réseau
CIRP - Centre d'Imagerie Rétinienne du Parc (Toulouse)
Le RéSEAU CIRP est destiné
aux ophtalmologistes et aux intervenants dans la pathologie
rétinienne de la région de Toulouse. Le site constitue
un outil de stockage de rétinophotographies et de séquences
angiographiques sur Internet qui permet de visualiser
des images de patients sans avoir à archiver de documents
papiers sur le lieu de travail.
Herbergé sur le site d'Ophimage.
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Esquisse
d'une problématique psycho-sociale des rétinopathies
pigmentaires : vers un livre blanc
Préface et table
des matières d'un livre publié en 1994 par le
Centre de Recherche et d'étude des Dysfonctions de l'Adaptation
(CREDA - école des Hautes études en Sciences Sociales
- Paris) et l'Association RETINA FRANCE - AFRP.
Dernière mise à jour de la page le 20/10/2000.
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Groupe
de discussion sur les dégénérescences
retiniennes
Archives disponibles de
juin 1996 à mai 2002.
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Associations
Françaises
Rétina-France
Association reconnue d'utilité
publique qui lutte pour vaincre les maladies de la vue
et aider les déficients visuels. Dernière mise à
jour du site le 23/05/2002.
Voir le document
Association
IRRP
Cette association créée
en 1986 a pour but la collecte et la diffusion à ses
membres et à toutes personnes qui le demandent, des
informations sur les rétinopathies pigmentaires, leurs
causes, leurs effets et les possibilités de thérapies.
Voir le document
SOS
Rétinite France
Les buts de cette association
sont: informer sur les maladies, soutenir les personnes
atteintes et leurs familles, renforcer les liens entre
le corps médical et les malades, vaincre l'isolement
des patients et promouvoir la recherche.
Voir le document
Européennes
Usher
Europe
Information médicale sur
le syndrome d'Usher - Aides techniques, consultation,
soutien - Recherche sur le syndrome d'Usher - Adresses
et activités des associations de patients - Conférences,
séminaires, réunions - Listes de discussion et chat
rooms - Littérature et journaux.
Voir le document
Rétina
Suisse
Le site explique entre
autre quelle est la vision d'une personne affectée de
dégénérescences rétiniennes.
Des fiches d'informations à destination des patients
sont disponible en commande :
- RP: qu'est-ce que cela signifie pour moi ? - La rétinite
pigmentaire - une maladie héréditaire- Diagnostic RP
: et alors ?
Rétinite pigmentaire : aides et moyens auxiliaires -
Le Syndrome de Usher: informations et conseils.
Voir le document
Internationale
Retina
International
Cette association organise
chaque année un congrès scientifique intitulé
"world retina day" programmé le troisième
week-end du mois de septembre. Une rubrique intitulée
"Retina International Scientific Newsletter",
propose notamment une mise à jour des données
génétiques impliquées dans les
maladies de dégénérescences rétiniennes.
Dernière mise à jour du site, mars 2002.
Voir le document
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