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Programme
de prévention et de lutte contre la pauvreté et l'exclusion
sociale
Conférence de presse d'Elisabeth Guigou
Ministère de l'Emploi et de la Solidarité - Paris
Mercredi 18 juillet 2001
La reprise économique ne dispense
pas le gouvernement de poursuivre sa politique de solidarité
vis à vis des plus démunis, leur assurant un accès à leurs
droits fondamentaux. Les évaluations de différentes sources
font apparaître une réduction significative du nombre des
chômeurs, des avancées en matière d'accès à l'emploi et aux
soins, sans pour autant avoir totalement fait disparaître
la précarité et la pauvreté. On note une diminution de 40
% du nombre des chômeurs longue durée, grâce à des programmes
type " Trace " ou " nouveau départ " ; pour les moins chanceux,
une politique de solidarité a permis d'augmenter le RMI de
5,1 % et l'allocation spécifique solidarité de 12 ,4 % ce
depuis 1997, mais, force est de constater que 5 millions de
personnes vivent encore aujourd'hui en dessous du seuil de
pauvreté, le plus souvent dans les zones urbaines ou dans
les DOM. L'exclusion sociale est, d'après les associations,
le principal écueil de la pauvreté, notamment chez les 350
000 jeunes de 16-25 ans, sans qualification, sortis du système
scolaire, qui se retrouvent de fait sans revenus.
Le nouveau programme vise, dans les deux ans à venir, à tenter
de donner à tous des chances égales, avec des mesures adaptées
aux cas en présence grâce à une activation des politiques
sociales.
Deux objectifs : le retour à l'emploi des personnes qui
en sont le plus éloignées, avec un accompagnement et la
création d'emploi dans le secteur marchand et l'accès facilité
aux droits fondamentaux, grâce à l'amélioration des services
publics, notamment en matière d'accès aux soins.
Favoriser le retour à l'emploi
des personnes qui en sont les plus éloignées est un objectif
qui doit viser à éviter le relâchement en matière de politique
de l'emploi. Les jeunes sont d'autant plus en difficulté que
leurs qualifications sont moindres, ( taux de chômage pouvant
atteindre 42 %).
Débuté en 1998, le programme TRACE propose un accompagnement
renforcé à 60 000 jeunes en difficulté avec un parcours d'insertion
personnalisé. Son élargissement devrait l'étendre à 120 000
jeunes fin 2002, un partenariat avec des associations d'accueil
d'urgence et de réinsertion devrait compléter cet accompagnement
qui pourrait, selon les cas durer 24 mois.
Une Bourse d'Accès à l'Emploi devrait permettre aux
jeunes en cours de réinsertion de ne plus avoir à vivre de
périodes inter formations non rémunérées, les privant de toute
possibilité de subsistance et d 'insertion. Cette sécurisation
constituera une avancée majeure, complétée par des mesures
de facilitation d'accès au logement et un augmentation du
nombre des contrats emploi-solidarité pour les jeunes inclus
dans le parcours TRACE.
Le " programme d'action personnalisé pour un nouveau départ
" vise à mettre en place un projet personnalisé systématique,
capable d'assister les chômeurs longue durée dans les domaines
de la formation, de l'accompagnement ou des besoins sociaux.
Une prestation d'accompagnement après reprise de l'emploi,
gérée par l'ANPE est destinée à permettre une réinsertion
sociable structurée, sous tutelle d'un parrain. La potentielle
mobilité géographique demandée par les propositions d'emploi
justifieront, dans certains cas, d'aides à l'installation,
toujours sous l'égide de l'ANPE.
La reprise de l'emploi pour les chômeurs longue durée devrait
être aidée par un projet dynamique, individuel et personnalisé
de RMI, concernant aujourd'hui 200 000 chômeurs, ce
dernier devrait rapidement s'étendre à 600000 allocataires.
Une autre amélioration des possibilités offertes repose sur
la possibilité de cumul, certes limitée dans le temps,
entre certaines allocations (RMI, ASS, API) et une reprise
d'activité professionnelle.
D'autres propositions visent à revaloriser la rémunération
des demandeurs d'emploi, en formation, non indemnisés
par l'assurance chômage, ainsi que des aides à l'emploi
dans le secteur marchand (CIE,contrat de qualification
adulte). La réinsertion dans le troisième secteur pourrait
s'asseoir sur les CES et des subventions de plus de 120 millions
de francs seront dédiées à ce sas, particulièrement pour les
jeunes.
La réforme du dispositif EDEN permettra une reprise
des créations d'emploi par l'octroi de primes et de crédits
progressifs.
L'accès aux droits fondamentaux
doit être facilité, notamment en matière de réduction et de
simplification des procédures administratives.
Un minimum alimentaire insaisissable équivalent au
RMI ferait l'objet d'une procédure d'insaisissabilité et un
biais de procédures d'urgence permettrait d'accélérer
le versement des allocations aux plus démunis (fonds d urgence
départementale, mission d'expertise du fonds unifié " habitat
") justifiant un effort financier de 20 MF en 2002.
Le droit au logement vise à assurer des conditions
salubres pour tous ceux le nécessitent, au travers d'un fonds
de solidarité, d'un numéro unique d'enregistrement des demandes,
des aides personnelles et un plan de relance de production
de logements sociaux . On notera le développement des aides
par l'extension du LOCA-PASS, des ADIL, des commissions de
médiation pour l'attribution de logements sociaux, un soutien
aux associations et un programme de réquisition des logements
vacants. La lutte contre l'insalubrité reposera sur un dispositif
ad hoc dans 11 départements particulièrement exposés au saturnisme
et un programme commun sur l'ensemble des départements français.
La prévention des expulsions reposera sur une prise en charge
sociale en amont et des plans d'apurement des dettes.
En matière de santé,
la réduction des inégalités sociales permettra de travailler
à une meilleure prise en charge des personnes exclues et à
une prévention de l'exclusion. La prise en charge de 5,2 millions
de personnes par le biais de la CAMU doit encore s'améliorer
sur le plan des soins dentaires et de la couverture complémentaires
des personnes légèrement au dessus du plafond requis.
Une politique de prise en charge de proximité est un outil
indispensable pour mener à bien ce projet, il conviendra de
renforcer les PRAPS, de soutenir les actions santé de la politique
de ville, de développer l'éducation pour la santé en s'engageant
dans une démarche de santé active, d'améliorer l'accès aux
soins et de répondre aux besoins de santé mentale des plus
démunis( 15 millions de francs seront consacrés à l'adaptation
de l'offre, à un partenariat local avec les acteurs sociaux
et une action directe auprès des plus démunis) et de prendre
en compte les problèmes spécifiques des migrants.
En matière d'éducation et de participation à la vie sociale,
les grands projets de ville ou les projets éducatifs locaux,
les cellules de veille éducatives, les bourses aux 3èmes cycles
ou encore la promotion des internats devraient permette un
accès à des chances communes. L'Agence de lutte contre l'illettrisme
,qui vient d'être créée, disposera d'un correspondant dédié
au niveau préfectoral et ce secteur bénéficiera d'une augmentation
de budget de 15 MF en 2002. La création d'un " passeport pour
l'Internet et le multimédia " permettra un accès facilité
à ces nouvelles technologies et une formation spécifique sera
réservée aux demandeurs d'emploi et aux allocataires RMI.
A noter que 19 MF supplémentaires seront consacrés à la création
de " Points Cyb ".
L'accès à la culture est un point de base permettant la reconstruction
des plus isolés, il repose sur un accès aux lieux culturels,
la participation aux pratiques artistiques et culturelles,
par le biais de contrats de ville ou de " chèques d'accompagnement
personnalisé ". Dans la même logique, l'accès aux vacances
doit être encouragé, tous comme celui aux installations sportives
et aux formations d'animation (bourses pour la préparation
du BAFA). Dans un autre ordre d'idées, l'accès au droit et
à la justice doit être garanti pour les plus démunis, il repose
sur les recommandations de rapport BOUCHET de mai 2001.
La mise en route de tous ces
projets repose sur une action commune des différents intervenants,
une meilleure connaissance des exclus par le biais d'indicateurs
permettra la mise en place d' un meilleur accueil. Il conviendra
d 'améliorer la coordination locale des services sociaux,
introduisant la notion de label de " Maison de la solidarité
", de conforter le rôle des associations par des partenariats
avec les institutions, de développer un accompagnement social
adapté, de renforcer la formation des travailleurs sociaux
et d'améliorer l'information sur les droits.
Docteur Françoise GIRARD
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