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actualité médicale

imgLa polyarthrite rhumatoïde (1/3)

Dossier réalisé par Christiane Perbet
Mise à jour par Ludovic Baene, mars 2002

Définition
Signes cliniques
Physiopathologie
Diagnostic
Traitement
Conseils aux malades
Pour en savoir plus : bibliographie, associations

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img Définition

La polyarthrite rhumatoïde (PR) est le plus fréquent des grands rhumatismes inflammatoires chroniques. Les manifestations inflammatoires sont polyarticulaires et touchent surtout les articulations des membres et des ceintures, ainsi que les vertèbres cervicales. Elle provoque des douleurs, raideurs et des déformations des articulations qui gênent et limitent les mouvements, entrainant une invalidité sévère dans les cas les plus graves.

La polyarthrite rhumatoïde est une inflammation de la membrane synoviale, qui tapisse les cartilages articulaires : elle devient plus épaisse, prolifère et forme le "pannus synovial". Celui-ci est agressif et entraîne une destruction progressive du cartilage et de l'os des articulations.

Elle affecte préférentiellement les femmes (4 femmes pour 1 homme) surtout entre 35 et 55 ans, et touche en moyenne 0,5% à 1% de la population, dont seulement un tiers développent une maladie évolutive et un petit nombre une forme grave qui évolue vers un handicap irréversible.

C'est une maladie très invalidante qui pose un véritable problème de santé publique car d'après P. Miossec, "50% des malades ont arrêté leur activité professionnelle moins de 5 ans après son début, la durée de vie des patients est en moyenne réduite de 5 ans, et les dépenses dues à cette maladie sont élevées".

imgSignes cliniques

La maladie débute le plus souvent par des inflammations des petites articulations : poignet, doigts, genoux, puis les hanches, les chevilles et les pieds, ainsi que le rachis cervical. Douleurs et raideurs matinales, gonflement des articulations touchées sont des signes habituels, ainsi qu'une fatigue générale importante.

La polyarthrite rhumatoïde se manifeste par des poussées de durée variable, son évolution est très différente suivant les malades et la gravité de la maladie.

Les signes cliniques sont de plusieurs types :

  • des manifestations articulaires
    L'inflammation touche de nouvelles articulations et provoquent des déformations : les genoux, les hanches, les coudes, les épaules, le rachis cervical.
  • des altérations périarticulaires : ténosynovites, inflammation de la gaine synoviale entourant un tendon, avec risque de rupture des tendons des doigts de la main, du poignet et des pieds.
  • des manifestations extra-articulaires qui se manifestent dans les polyarthrites rhumatoïdes sévères :
    - formation de nodules rhumatoïdes sous-cutanés au niveau du coude,
    - atteintes pleuro-pulmonaires, cardio-vasculaires (pericardite, inflammation des vaisseaux),
    - manifestations neurologiques (névrites),
    - association avec le syndrôme de Gougerot-Sjögren (50% des cas) qui se traduit par une insuffisance de sécrétion des glandes salivaires et lacrymales, entraînant une sécheresse de la bouche et un tarissement des larmes (kérato-conjonctivite sèche).

imgPhysiopathologie

Les causes exactes de cette maladie sont inconnues, mais la polyarthrite rhumatoïde est considérée comme une maladie auto-immune, c'est à dire que l'organisme du malade développe des auto-anticorps, qui provoquent des réactions immunitaires contre ses propres antigènes.

Cet auto-anticorps appelé "facteur rhumatoïde" entraîne "la formation de complexes immuns qui se déposent dans les synoviales des articulations, et y attirent les cellules sanguines qui attaquent le collagène et le cartilage" (d'après Encyclopaedia Universalis).

Les facteurs de risque

  • pendant la grossesse l'évolution de la maladie est arrêtée, mais une nouvelle poussée peut survenir après l'accouchement
  • génétiques : les facteurs génétiques ne suffisent pas au déclenchement de la maladie. La découverte de l'association entre la PR et certains allèles HLA de classe II (HLA-DRB1*0401, 0404, 0101), anciennement appelés HLA-DR4 et DR1 a clairement montré l'existence d'une prédisposition génétique de la PR.
  • infectieux : on pense que l'origine de la polyarthrite rhumatoïde peut être due à la présence d'antigènes viraux ou bactériens.

L'évolution de la maladie est très variable et dépend de la précocité de la prise en charge du patient.

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