PUB
PUB
actualité médicale
imgLa dermatite atopique (D.A.) (1ère partie)

Sommaire :
Introduction
Articles généraux
Epidémiologie
Traitements et prévention
Associations
Pour en savoir plus
Photos de dermatite atopique

img

PUB

imgIntroduction

Les patients qui souffrent de dermatite atopique sont de plus en plus nombreux. Il y a 30 ans moins de 5% des enfants présentaient une dermatite atopique, on approche actuellement les 20% (estimations issues de l'étude ISAAC, Lancet 1998).

Définition

La dermatite atopique est une dermatose inflammatoire érythématovésiculeuse-érythématosquameuse chronique évoluant par poussées, prurigineuse, qui touche essentiellement le nourrisson.
C'est une dermatose probablement polygénique avec une modulation par les facteurs d'environnement.

Synonymes : eczéma atopique, eczéma constitutionnel, dermite du nourrisson.

Epidémiologie

C’est une pathologie fréquente qui retentit sur la qualité de vie de 20% des enfants et 10% de la population générale en France.
Elle débute le plus souvent avant l'âge de 1 an ; et s'améliore spontanément dans 80% des cas après l'âge de 2 ans.

Aspects cliniques élémentaires

La phase aiguë est caractérisée chronologiquement par :
- Une phase érythémateuse
- puis des vésicules avec un aspect émietté de la peau
- un suintement et des croûtes
- une desquamation
Rapidement toutes ces phases se téléscopent dans le temps et la DA devient chronique avec une peau sèche, érythémato-squameuse, des fissures, une lichenification des lésions.

Diagnostic

On définiT des critères majeurs dont le principal et constant est le prurit.
Ensuite on recherche les critères suivants :
- Antécédents dermatologiques d’atteinte des plis, de la face antérieure des chevilles ou du cou
- Antécédents de xérose (sécheresse de la peau)
- Antécédents personnels d’asthme ou rhinite
- Dermatose des plis ou eczéma des joues, du front et de la face externe des membres chez l’enfant de moins de 4 ans
- Début avant l’âge de 2 ans : ichtyose et/ou kératose pilaire et/ou hyperlinéarité palmaire, tendance aux infections cutanées, eczéma du mamelon, chéilite, conjonctivite récidivante, pli de Denny Morgan, kératocône, cataracte antérieure sous capsulaire, pigmentation péri orbitaire, pityriasis alba (dartres), irritation des plis antérieurs du cou, prurit à la transpiration, intolérance à la laine et aux solvants des lipides, dermographisme blanc ou ligne blanche d’apparition retardée au grattage, aggravation des lésions sous l’influence des facteurs de l’environnement et de l’émotion.

Les facteurs environnementaux

- La DA touche essentiellement les pays riches industrialisés, la pollution aggrave probablement la dermatose, mais aussi paradoxalement la bonne hygiène avec utilisation de détergents qui altérent la barrière cutanée.
- Dans certains cas il peut exister une aggravation par des facteurs alimentaires (allergie à l'oeuf, à l'arachide ou aux proteines de lait de vache), des facteurs aéroportés (acariens, pollens, phanères d'animaux) ou des facteurs de contacts (irritation par l'eau calcaire ou allergies de contact aux parfums ou aux métaux).

Dermatite atopique du nourrisson

L'éruption prédomine à la face, sur les joues, respectant la région centro-faciale. Il s'agit d'un placard à bords émiettés à base infiltrée ; la surface érythémateuse est parsemée de vésiculettes et de pertuis donnant issue à un suintement séreux qui se concrète en croûtes transparentes.
Le prurit est constant et intense, entraînant des lésions de grattage. L'éruption présente des poussées successives séparées de rémissions : le suintement cesse et il se produit une desquamation.
D'autres régions que la face peuvent être touchées : les membres et les extrémités.
Dans un cas sur deux, la D.A. guérit avant 4 ans mais souvent persistent des sites rebelles (plis de flexion) et une peau sèche.

Dermatite atopique de l'enfant et de l'adulte

Parfois, le sujet a présenté un eczéma du nourrisson, mais l'apparition peut être plus tardive.
La face est encore atteinte préférentiellement ; mais les localisations caractéristiques sont les plis de flexion : coudes, creux poplités. Les lésions sont lichénifiées, pigmentées, particulièrement prurigineuses. Sur ce fond chronique des poussées vésiculeuses subaiguës se succèdent.
De l'asthme, des rhinites ou des conjonctivites allergiques se surajoutent à l'eczéma ou alternent avec lui.

Evolution

En général l’évolution est chronique avec alternance de poussée et rémissions, la DA cède souvent vers l’âge de 3 ans mais il y a possibilité de rechute à l’âge adulte.
Il y a peu de retentissement sur l’état général sauf dans les cas graves ou si le traitement est insuffisant ou mal conduit.

Complications

Le risque de complications est dominé par les surinfections : colonisation par le staphylocoque mais on redoute surtout celle liée au virus herpès (limitée ou redoutable et rare syndrome de Kaposi-Juliusberg à traiter par acyclovir d'urgence). Risque de survenue d'un asthme, d'une rhinite ou d'une conjonctivite allergique.

Traitements et prise en charge

- Le traitement de 1ère intention est un traitement symptomatique qui vise à contrôler l'inflammation et le prurit pour soulager le patient. Les soins cutanés doivent être quotidiens : toilette avec un produit non détergent, application d'un dermocoticoïde sur l'eczéma et d'un émollient sur le reste du corps.
- En l'absence de réponse à un traitement local bien conduit ou en cas de consommation trop importante de dermocorticoïdes (plus d'un tube de 30 g chez un nourrisson), un bilan à la recherche de facteurs aggravants doit être entrepris pour mettre en oeuvre des mesures adéquates (suppression d'un aliment en cas d'allergie prouvée ou éviction d'un allergène de contact).

Rédacteur : Florence Campagne
Revu par le Dr C. Leaute-Labrèze, CHU de Bordeaux, Dermatologie Pédiatrique
Décembre 2000

 
img
img
 
PUB