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La Carcinome Hépatocellulaire (1ère partie)
Docteur Béatrice MINIER, cancérologue (chimiothérapeute, radiothérapeute)
Mars 2000
8ème cancer dans le monde, le carcinome hépatocellulaire a un mauvais pronostic «d’ensemble» puisque la médiane de survie est de quelques mois ; mais une petite proportion des patients peut avoir une meilleure survie.
Epidémiologie
Le C.H.C
(carcinome hépatocellulaire) est la principale tumeur primitive
du foie. Le principal facteur de risque de ce cancer est la
cirrhose du foie. Cette cirrhose peut être secondaire à l’évolution
d’une maladie alcoolique ou secondaire à l’évolution d’une
infection par le virus de l’hépatite C (V.H.C.), dans au moins
60% des cas.
Le carcinome hépatocellulaire survient dans la majorité des
cas sur une maladie chronique du foie.
Un million de patients en sont atteints, par an, dans le monde
et autant en meurent chaque année.
En France, plus de 5 000 décès, par an, sont dus au C.H.C.,
essentiellement sur terrain alcoolique. Le nombre de C.H.C.
augmente chaque année parce que le nombre de porteurs du virus
de l’hépatite C augmente.
Ce nombre va vraisemblablement augmenter d’années en années
puisque 600 000 personnes en France seraient contaminées par
le V.H.C. Les hépatites C évolueraient vers la cirrhose qui
est le lit du carcinome hépatocellulaire.
Certains pays sont plus touchés que d’autres en fonction des
zones d’endémie par le virus de l’hépatite C, comme par exemple,
l’Afrique Noire et l’Asie du Sud-Est , qui a l’incidence la
plus élevée d’infections par le V.H.C. En Europe du Sud et
au Japon, l’incidence est moyenne. Par contre, l’Europe du
Nord et l’Amérique du Nord voient le C.H.C. (carcinome hépatocellulaire)
associé à la cirrhose d’origine alcoolique.
Pronostic
Au stade habituel de découverte,
le pronostic est très mauvais, avec une survie allant de quelques
semaines à quelques mois.
La
découverte du C.H.C. se fait à un stade trop tardif :
la tumeur est diffuse et/ou trop volumineuse et/ou avec extension
vasculaire tout particulièrement portale excluant tout traitement
à visée curative.
De
plus, pratiquement tous les patients sont porteurs d’une cirrhose.
Enfin,
les traitements ont peu d’efficacité.
¨
Cependant le pronostic est meilleur dans un petit sous groupe
de patients atteints de cirrhose correspondant à la classe
A de Child-Pugh.
- Une
tumeur , inférieure ou égale à 3 cm.
- Pas d’extension
vasculaire.
- Non métastasé.
Ces patients peuvent espérer une survie de 50%, à 3 ans.
Moins de 10% des patients appartiennent à ce sous groupe et
sont potentiellement curables.
Cependant, chez les rares patients soumis à un dépistage ;
50% présenteraient une petite tumeur potentiellement curable.
De plus le traitement de la cirrhose s’est très nettement
amélioré ces dernières années tant et si bien , que la principale
complication mortelle de la cirrhose est le carcinome hépatocellulaire.
¨ Dans les autres cas, le pronostic
est désastreux. L’état général du patient est mauvais . La
survie est globalement évaluée à moins de 10% à 3 ans. D’ailleurs,
dans la moitié des cas, les patients décèdent de leur cirrhose
évolutive.
Traitement
Les
méthodes thérapeutiques sont multiples et souvent inefficaces.
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La chimiothérapie par voie générale est peu efficace, modérément
tolérée sur ce terrain fragile.
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L’hormonothérapie par Tamoxifène est elle aussi controversée
dans son efficacité.
-
La radiothérapie a elle aussi peu de place dans le traitement.
-
La seule méthode thérapeutique à potentiel curatif est la
transplantation hépatique.
L’objectif
est , en effet, d’être potentiellement curable à la fois au
niveau de la cirrhose et de la tumeur cancéreuse. Pour obtenir
de meilleurs résultats, elle doit s’adresser à des patients
à tumeur unique, petite, de moins de 5 cm de diamètre ou bien
2 à 3 petites tumeurs de moins de 3 cm. La survie serait bien
meilleure (75% à 4 ans). Ces résultats seraient même, à peu
près équivalents aux résultats des transplantations pour d’autres
causes ..
Cette méthode
ne s’adresse cependant qu’à peu d’élus, pour deux raisons :
-
Le faible nombre de candidats potentiels.
-
La pénurie de greffons et le coût de cette méthode.
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En ce qui concerne la resection chirurgicale simple de la
tumeur : cette méthode est désormais peu souhaitable
dans la mesure où la récidive tumorale est quasi-systématique.
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Une alcoolisation peut être réalisée en cas de petite tumeur
chez un patient avec contre-indication chirurgicale.
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