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La myopathie de Duchenne
Rédacteur : Elisabeth
Faure, novembre 2000
Mise à jour :
Décembre 2001
Sommaire :
Définition
Signes cliniques
Diagnostic
Traitements et prise en charge
Conseil génétique
Pour en savoir plus
Définition
La myopathie de Duchenne
est une forme de dystrophie musculaire progressive généralisée
et héréditaire à transmission récessive
liée au chromosome X (le locus responsable est
situé sur le bras court du chromosome X (X p21)), débutant
dans l'enfance et d'évolution grave. Seuls les
garçons sont atteints et les femmes sont transmettrices.
La myopathie de Duchenne touche à la naissance un
garçon sur 3500 chaque année en France.
Les dystrophies musculaires
progressives sont liées au même gène,
le gène dit DMD de la dystrophine, le plus long
connu de tout notre génome : il est en effet composé
de 2,4 millions de bases génétiques. Ce gène
code pour la dystrophine, protéïne du cytosquelette
de la fibre musculaire. La dystrophine sert en effet à
la bonne tenue et à la bonne cohésion des fibres musculaires
entre elles. Sans elle, la fibre musculaire ne peut plus résister
aux forces exercées lors de la contraction, et elle finit
par dégénérer. Ce qui explique qu'un déficit en
dystrophine soit la cause de l'atrophie musculaire progressive
dans ce genre de maladie.
Signes
cliniques
- Un enfant atteint de myopathie
de Duchenne présente en général peu de
signes de la maladie avant l'âge de 3 ans. Il marche
parfois tard, tombe assez souvent et se relève difficilement.
- Hypertrophie des mollets
et atrophie d'autres muscles
- Au fil des années, faiblesse musculaire
progressive des membres et
du tronc : la montée
des escaliers, puis la marche vers 10-12 ans, deviennent impossibles
et l'utilisation des membres supérieurs se limite progressivement.
- En général, le recours occasionnel
au fauteuil roulant est nécessaire vers l'âge de 8-9 ans,
puis son utilisation définitive au début de l'adolescence
permet au jeune garçon de retrouver une autonomie de déplacement.
- Une scoliose souvent
grave se développe, parfois avant, mais le plus souvent après
la perte de la marche.
- L'atteinte des muscles
respiratoires rend l'enfant particulièrement sensible
aux infections broncho-pulmonaires.
- Des troubles cardiaques
sont fréquents (trouble de la conduction, du rythme).
- Un retard intellectuel
est possible mais ne
concerne qu'une partie des enfants atteints par la maladie
- Enraidissement des articulations
: du à la formation de contractures musculaires au
niveau des articulations. Ces contractures touchent d'abord
les chevilles (le tendon d'Achille), puis les hanches et les
genoux, enfin les articulations des bras. Cette complication
est liée à l'atrophie des muscles qui, ne servant plus, finissent
par se rétracter.
- Si le diagnostic est fait tardivement (après l'âge de 6
ou 7 ans), l'enfant a tendance à marcher sur la pointe des
pieds car ses talons ont du mal à toucher le sol. C'est qu'il
existe déjà une rétraction du tendon d'Achille.
Grâce à une prise en charge globale et adaptée l'enfant atteint
le plus souvent l'âge de 20 - 30 ans.
Diagnostic
Le diagnostic est rarement
fait avant l'apparition des premiers signes cliniques, c'est-à-dire
avant l'âge de 2 ou 3 ans.
- Prise de sang
La prise de sang
permet de doser certaines enzymes musculaires, les créatine-phosphokinases
ou CPK.Cette enzyme reflète l'état du muscle. Quand le muscle
est abimé, il libère des CPK, et le taux de cette enzyme est
donc très fortement augmenté dans le sang. Chez les enfants
atteints de myopathie de Duchenne et parfois aussi chez la
mère porteuse de l'anomalie génétique,
leur taux est donc très augmenté (5 fois plus
élevé voir même 50 à 100 fois plus
élevé que chez les sujets normaux).
Il est également possible d'étudier l'ADN des globules
blancs qui sont dans le sang : permet d'identifier précisément
l'anomalie du gène de la dystrophine responsable de la maladie.
- Biopsie musculaire
La biopsie musculaire consiste à prélever, sous anesthésie
locale, un tout petit morceau de muscle afin de l'examiner
au microscope. Elle permet de rechercher spécifiquement cette
anomalie (anomalie du gène de la dystrophine responsable
de la maladie) et de confirmer ainsi le diagnostic de DMD,
à l'exclusion de tout autre.
- Biopsie du trophoblaste
En cas de grossesse d'une mère transmettrice, l'étude du liquide
amniotique permet l'identification du sexe. S'il s'agit d'un
garçon, la biopsie de trophoblaste permet de savoir s'il est
ou non porteur de l'anomalie génique.
- Electrocardiogramme
Certains médecins recommandent un électromyogramme (EMG).
Cet examen étudie l'activité électrique générée par le muscle
lorsqu'il se contracte. Cependant, même s'il permet de constater
l'existence d'anomalies musculaires, il n'est pas spécifique
de la DMD.
Traitements
et prise en charge
Le traitement est avant
tout palliatif : prévention des rétractions,
apport des aides techniques, kinésithérapie,
surveillance cardiaque, orthopédie. Cette prise
en charge pluridisciplinaire est indispensable : elle
permet à l'enfant de conserver sa qualité de vie en limitant
les conséquences de la maladie. On parle aussi de traitements
freinateurs.
Les traitements
freinateurs
Ils
permettent de ralentir la progression de la maladie. Ce sont
:
Les médicaments
- de nombreux médicaments sont proposés pour
traiter les muscles périphériques mais ils sont
peu efficaces et posent parfois le problème des effets
secondaires
- certains médicaments peuvent freiner les anomalies
cardiaques (palpitations, insuffisance cardiaque)
La rééducation
- kinébalnéothérapie
- massages (améliorent la circulation et le fonctionnement
actif des muscles)
- kinésithérapie (à considérer
en fonction de chaque cas)
La
chirurgie qui vient en complément de la rééducation
si celle-ci a echoué. Elle a pour but de corriger ou
rendre acceptable les déformations. La chirurgie du
rachis permet notamment de rigidifier la colonne vertébrale
dans une bonne position.
L'appareillage
qui a pour but de guider le mouvement, de le limiter ou de
le supprimer.
La
ventilation qui est utilisée pour faciliter la
souplesse de la cage thoracique ou pour oxygéner de
façon régulière l'organisme. Elle comporte
une ventilation nasale de nuit et une ventilation de jour
nasale ou buccale voire par trachéotomie si ce moyen
est mal toléré et inefficace.
La
kinésithérapie respiratoire qui permet le
désemcombrement des bronches en cas de surinfection.
Les
traitements nutritionnels qui consistent à modifier
l'alimentation pour éviter les difficultés qu'ont
les malades à avaler. Un traitement précoce
(école de déglutition) peut être proposé
afin d'éduquer les malades à une mastication
efficace et à une déglutition correcte.
La recherche
-
les greffes de myoblastes consistent à injecter
des cellules musculaires afin qu'elles colonisent les différents
muscles. Cette technique n'est malheureusement pas encore
au point.
- Le 12 septembre dernier, le
premier essai de thérapie génique dans la myopathie
de Duchenne a été lancé en France.
Il se déroulera dans le service de médecine
interne du professeur Serge Herson (hôpital de la Pitié
Salpêtrière) et à l'Institut de myologie
sous la responsabilité du professeur Michel Fardeau.
C'est un essai clinique de phase I qui porte sur trois
groupes de trois malades atteints de myopathie de Duchenne
ou de myopathie de Becker : les sujets sont âgés
de 15 ans ou plus, ont une force musculaire mesurable et n'ont
pas de déficit immunitaire. Cet essai clinique
de phase I consiste à faire parvenir aux cellules
musculaires malades un segment du gène normal de la
dystrophine pour remplacer la partie équivalente
du gène défectueux. Le vecteur utilisé
sera un ADN plasmidique où aura été inséré
la séquence du gène de la dystrophine. L'objectif
de l'étude est d'évaluer la capacité
du muscle injecté à produire de la dystrophine
et d'évaluer la tolérance de cette injection.
Analyse de la force musculaire et réponse immunitaire
seront donc évaluées au cours de l'essai.
Conseil
génétique
Le recours au conseil génétique
est capital. Après la naissance d'un enfant atteint d'une
myopathie de Duchenne, il faut faire une enquête familiale.
Il s'avère que dans environ 1/3 des cas la myopathie
de Duchenne est due à une mutation survenue au cours
de l'embryogénèse et la mère n'est pas transmettrice ; pour
les 2/3 des cas la mère est transmettrice. L'enquête se basera
sur les antécédents, l'étude clinique, le dosage des CPK qui
peuvent être augmentés chez les mères transmettrices.
Pour
en savoir plus
La dystrophie musculaire
de Duchenne
Qu'est-ce que la dystrophie musculaire de Duchenne ? Comment
se manifeste-t-elle ? Comment évolue-t-elle ? Comment
fait-on le diagnostic ? Que peut-on faire ? A quoi est-elle
due et où en est la recherche ? Pour en savoir plus.
Dossier réalisé par l'association française
contre les myopathies.
Aller dans maladies neuro-musculaires en général,
puis sélectionner dystrophie musculaire de Duchenne.
Voir le document
Les dystrophies musculaires
de Duchenne et de Becker ou myopathies de Duchenne et de Becker
Questions - Réponses sur les dystrophies musculaires
de Duchenne et Becker.
D'après une interview du Dr. LK Shield,Chef du service de
Neurologie Royal Children's Hospital, Melbourne, Australie.
Voir le document
La dystrophie musculaire
de Duchenne/Becker
Définition, causes, manifestations, évolution,
les complications, traitements.
Par Christian Gilardeau de l'Association française contre
les myopathies (AFM).
Voir le document
Dystrophie musculaire de
Duchenne et Becker
Les dystrophies musculaires progressives sont caractérisées
par des anomalies moléculaires de la dystrophine codée par
un gène sur le chromosome X...
Informations issues d'Orphanet, base de données sur
les maladies rares. Cliquer sur maladies rares, services aux
professionnels puis recherche par maladie. Taper "dystrophie
musculaire de Duchenne" et lancer la recherche.
Voir le document
Myopathies
Les myopathies héréditaires : dystrophies musculaires
de l'enfant, de l'adulte, les myopathies congénitales,
les myopathies métaboliques - Les myopathies acquises
: myopathies endocriniennes, myopathies toxiques médicamenteuses,
myosites.
Par le Dr Véronique de Deburghgraeve, Dr. Serge Belliard -
Service de neurologie, CHU de Rennes.
Mis à jour le 14 octobre 1999.
Voir le document
NINDS Muscular Dystrophy
(MD) Information Page (site en anglais)
Qu'est-ce que la dystrophie musculaire ? Y'a t-il un traitement
? Quel est le pronostic ? Que donne la recherche ? Références,
publications. De nombreux liens.
Page d'information sur la dystrophie musculaire de Duchenne
mise à jour le 7 janvier 2001.
Par le National Institute of Neurological Disorders and Stroke.
Voir le document
Muscular Dystrophy (site
en anglais)
Service Medline plus : informations générales
sur les dystrophies musculaires, les essais cliniques, diagnostic
/ symptômes, recherche, liens vers organisations et
associations, la maladie chez les enfants et les adolescents,
articles en espagnol. Dernière mise à jour :
novembre 2001.
Voir le document
Associations
Association canadienne de
la dystrophie musculaire
L'ACDM a été fondé par un groupe de parents
et d'amis d'enfants atteints de la dystrophie musculaire de
Duchenne. Elle lutte contre plus de 40 maladies neuromusculaires.
Dans cette optique, elle s'est engagée à subventionner d'importants
travaux de recherche visant à découvrir les causes de ces
maladies et à mettre au point des traitements, des mesures
de prévention et des moyens de les guérir. De plus elles fournit
de l'information, des services d'assistance et de l'espoir
à des dizaines de milliers de Canadiens et Canadiennes qui
sont atteints de ces maladies.
Voir le document
Muscular Dystrophy Association
(site en anglais)
Sur le site de l'association, vous trouverez des informations
au sujet des maladies neuromusculaires mais aussi toutes les
informations concernant l'activité de l'association
(recherche, services). Vous trouverez également une
base de plus de 230 "MDA clinics", des news, des
publications.
Voir le document
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