Le dopage et le sport

Introduction

Le dopage est un problème complexe et très controversé. L'enjeu économique et politique est énorme, car depuis une quinzaine d'années, des capitaux importants sont investis dans le sport. 

Dans ce dossier nous n'étudions que les implications médicales du dopage, les implications politiques et économiques ayant donné lieu à de nombreuses publications.

Le dopage s'est développé à mesure que les disciplines sportives devenaient professionnelles.
En Europe, trois disciplines sont particulièrement exposées au dopage: le cyclisme, le football et le tennis.

D'après le Comité International Olympique:
"le dopage consiste à administrer des substances appartenant à des classes interdites d'agents pharmacologiques et/ou utiliser diverses méthodes interdites."

Pourquoi les sportifs se dopent-ils ?

Le surmenage et le déracinement des sportifs les obligent à trouver des moyens de tenir physiquement et moralement. Le sportif doit gagner et la pression du Club et des autres sportifs est très importante.

Le rapport de synthèse sur le dopage et les pratiques sportives du CNRS donne 6 raisons de se doper:

  • Accroître le potentiel aérobie: augmenter loxygénation des muscles
  • Augmenter la puissance musculaire
  • Diminuer la sensation de fatigue
  • Opérer des modifications morphologiques
  • Lutter contre le stress
  • Masquer la prise de médicament en diluant les urines (diurétiques)

Les produits dopants

, déterminées par le CIO (Comité International Olympique) au Journal Officiel du 17 juin 1998, décret n° 98-464 définit 5 classes de produits interdits. Cette liste n'est pas exhaustive et les produits cités sont des exemples des produits les plus connus.

  • Les stimulants qui réduisent la sensation de fatigue physique : amphétamines, cocaïne, caféine...
  • Les narcotiques, naturels ou synthétiquesqui diminuent la sensation de douleur : dextromoramide, diamorphine (héroïne), méthadone, morphine, pentazocine, péthidine et substances apparentées.
  • Les agents anabolisants qui entraînent une augmentation de la force et de la puissance des muscles et qui sont divisés en 2 classes :
    - les stéroïdes anabolisants androgènes (SAA) : testostérone, nandrolone, stanozolol ...
    - les bêta-2 agonistes.
  • Les diurétiques qui sont utilisés pour perdre du poids et diluer les produits dopants injérés.
  • Les hormones peptidiques et glycoprotéiniques et analogues qui favorisent le développement de la masse musculaire : gonadotrophine chorionique (HCG), gonadotrophine chorionique humaine, corticotrophine (ACTH) , hormone de croissance (hGH), somatotrophine.

- Les méthodes interdites

  • Le dopage sanguin cest à dire ladministration de sang, de globules rouges ou de produits apparentés à un athlète.
  • Les manipulations pharmacologique, chimique ou physique dont le rôle est de modifier les échantillons d'urine collectés pour les contrôles.

- Les classes de substances soumises à certaines restrictions

  • Alcool
  • Marijuana
  • Anesthésiques locaux
  • Corticostéroïdes qui diminuent les inflammations. L'utilisation locale ou par injection intra-articulaire est seule autorisée.
  • Bêtabloquants qui abaissent le rythme cardiaque.

Il nexiste pas de liste exhaustive des produits dopants, mais de plus en plus de médicaments, utilisés dans des pathologies particulières, sont détournés de leur rôle initial pour être utilisés par les sportifs, en particulier les substances qui facilitent le transport de l'oxygène et augmentent la masse musculaire.

- Les substances qui ont la capacité de transporter l'oxygène du sang

  • Lérytropoïétineou EPO

Hormone peptidique, elle élève le taux dhémoglobine et de lhématocrite et augmente ainsi lendurance et la puissance maximale aérobie. Elle est utilisée habituellement chez les dialysés et les personnes atteintes danémies.
Elle est indétectable par les contrôles anti-dopage classiques et commercialisée par la Pharmacie centrale des Hôpitaux. Elle est produite par les reins ou par synthèse.
L'ingestion de l'EPO à court terme peut provoquer des accidents cardiaques (infarctus, embolies pulmonaires) et à long terme hypertension, cancer de la moelle osseuse.

  • L'hémoglobine réticulée

Utilisée comme substitut des transfusions sanguines c'est une molécule de synthèse élaborée à partir du sang humain.

  • Les fluoro-carbones

Ce sont des émulsions simples d'atomes de carbone et de fluor, qui agissent très rapidement en dissolvant l'oxygène du sang.

- Les substances qui augmentent la masse musculaire

  • L'hormone de croissance

Hormone peptidique fabriquée par génie génétique, elle est naturellement produite par la glande hypophyse. Elle est utilisée pour les retards de croissance chez l'enfant. Employée comme substance dopante, elle augmente la puissance musculaire.

  • L'IGF1 (Insuline like growth factor1) complète l'action de l'hormone de croissance.
  • Androgènes et anabolisants

La nandrolone est un stéroïde de synthèse voisine de la testostérone, qui provoque moins d'effets virilisants.

 

Les risques pour la santé

Les sportifs mettent leur vie en danger. Les effets nocifs dépendent de nombreux paramètres (nature des substances consommées, durée de consommation, les conditions dadministration et létat général du sportif).

Les sportifs de niveau régional ou national sont exposés à des risques plus élevés et plus immédiats que les sportifs de niveau international, car ils sont souvent moins bien suivis médicalement et n'ont pas les moyens d'acheter des produits de bonne qualité.

Les problèmes de santé les plus préoccupants sont :

  • les conséquences des associations médicamenteuses : en effet les sportifs ont besoin de plusieurs produits pour améliorer leurs performances et ne tiennent pas compte des intéractions.
  • la pharmacodépendance à certaines substances telles que la caféine, les amphétamines, la cocaïne, le cannabis.
  • les troubles psychologiques et du comportement induits en particulier par les stéroïdes anabolisants.

Le rôle du médecin du sport:

Son rôle est doptimiser la préparation des sportifs et dempêcher les "dérapages" du dopageen suivant le sportif et en lui proposant des solutions alternatives: organisation de lentraînement, proposer une hygiène de vie compatible avec la compétition (alimentation,pychologie).

Les contrôles

Lefficacité des tests actuels est toute relativepour plusieurs raisons:

  • les athlètes connaissent les seuils autorisés et savent à quel moment ils doivent arrêter le traitement pour que les produits ne soient pas décelables.
  • Il existe une course permanente entre ceux qui inventent de nouveaux produits ou méthodes de dopage et ceux qui sont chargés de découvrir ces produits.
  • Les contrôles sont insuffisants et devraient être plus souvent inopinés, ce qui en augmenterait lefficacité.

Les dopants naturels ou de synthèse sont détectables par des méthodes analytiques habituelles, car ils ont tous un faible poids moléculaire.
Par contre les hormones de synthèse sont difficiles à différencier des hormones naturelles et le dosage de leur apport exogène difficile à caractériser.

La réglementation et les organismes de contrôle

Un nouveau dispositif anti-dopage a été mis en place, suite à la mise à jour des failles de la loi de 1989.

· Tout sportif avant d'être licencié ou de participer à une compétition doit se soumettre à un examen médical.

· La loi antidopage prévoit l'obligation d'alerte du médecin qui se trouve en contact avec un sportif dopé. Il doit transmettre l'information à un médecin d'une antenne médicale (centre médical spécialisé dans la lutte contre le dopage) et informer son patient des risques qu'il encoure.

· Le CPLD : Conseil de prévention et de lutte contre le dopage

Le CPLD est une autorité administrative indépendante du ministère de la Jeunesse et des Sports qui a des pouvoirs de sanctions, et d'initiation de travaux de recherche à travers une commission scientifique.

· Les sanctions pénales à l'égard des pourvoyeurs, des prescripteurs sont plus sévères (7 ans de prison et 1 million de francs d'amende).

Les actions de prévention

Le Ministère de la Jeunesse et des sports a multiplié ces dernières années les actions de prévention et de lutte contre le dopage.
LeCNOSF(Comité National Olympique et Sportif Français) a mis en place fin 1997 l'APSD (Agence de Prévention Sportive contre le Dopage). Il a lancé avec le Ministère de la jeunesse et des Sports une campagne de sensibilisation qui se décline en 3 éléments : un pin's Sport Net, une publication pour les jeunes, "sport, parcours sans faute" et une mallette de prévention qui permet d'organiser des séances d'information sur le dopage.


Les substances et leurs effets

Le CCES: Centre sur le Dopage Sportif (Canada)
Son but est de renseigner les athlètes et autres personnes concernées sur les substances et les pratiques interdites ou soumises à certaines restrictions dans le sport. Le Livret de classification des drogues, disponible à partir du site en format .pdf, a été préparé à partir de la liste des substances proscrites et des pratiques soumises à certaines restrictions du Comité international olympique (CIO)
Voir le document

Tableau des substances dopantes utilisés chez les sportifs
Les substances, leur nature chimique (hormones, molécules de synthèse), leurs cibles dans lorganisme, et leurs indications médicales.

Les effets recherchés des produits dopants
Augmentation de loxygénation des muscles, diminution de la fatigue, Accroissement de la force et de la puissance musculaires, modifications morphologiques, anti-stress, produits masquants.
Tableau des substances correspondants à chaque effet recherché.
Voir le document

#COVID-19 : le point de situation épidémiologique sur le coronavirus SARS-CoV-2

Descripteur MESH : Carbone , Croissance , Érythropoïétine , Risque , Santé

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