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Les
Troubles obsessionnels compulsifs (TOC) (1ère partie)
Introduction
Définitions
Le Trouble Obsessionnel-Compulsif
ou TOC (équivalent en anglais O.C.D. : Obsessive Compulsive
Disorder) se caractérise par la présence d'obsessions
et/ou de compulsions qui reviennent sans arrêt et peuvent
devenir handicapantes.
L'obsession est une pensée
angoissante qui s'impose et dirige toute la vie de l'individu,
au point de lui faire perdre le sens
des priorités. Tenaillée par l'angoisse, la personne
tente de se soulager rapidement au travers de mesures de réassurance.
L'accomplissement de rituels,
appelés aussi compulsions, et
l'évitement de certaines situations intolérables en font partie.
Les victimes d'un TOC ont toutes
conscience de l'absurdité de
leur comportement ou de leurs pensées, mais elles ne parviennent
pas à s'en débarrasser malgré leurs efforts. C'est un besoin
irrépressible, incontrôlable.
Ce trouble débute soit de façon très
graduelle, soit de façon rapide
suite à un traumatisme.
Prévalence
Le trouble obsessionnel-compulsif
est loin d'être rare, bien que l'on en parle peu, car les
sentiments de honte et de culpabilité
de la plupart de ceux qui en souffrent ont longtemps contribué
au maintien du secret autour de cette maladie.
Sa prévalence, c'est-à-dire la proportion de personnes qui
en souffrent à un moment donné de leur vie, est estimée à
2% de la population.
60 à 70 % des personnes souffrant de TOC seraient atteintes
avant 30 ans, et 50 % avant 18 ans.
Obsessions
Obsessions : pensées, impulsions ou représentations récurrentes
et persistantes, intrusives et inappropriées, entraînant une
anxiété ou une détresse importante.
Le sujet fait des efforts pour ignorer ou réprimer ou neutraliser
par d'autres pensées ou actions.
Le sujet reconnaît que les pensées proviennent de sa
propre activité mentale.
Les obsessions
les plus fréquentes
- la saleté les germes (bactéries, virus, champignons, parasites)
- la peur d'avoir des pensées odieuses sur la religion ou
la sexualité
- la contamination
- le besoin de symétrie (mettre les objets en ligne ou dans
un certain ordre ...)
- la peur de ne pas pouvoir se débarrasser de choses inutiles
- le besoin d'ordre
- la peur d'acte ou d'impulsions violentes
- la peur de l'agression ou d’agresser (écraser quelqu’un
avec sa voiture)
Compulsions
Compulsions : comportements répétitifs
ou actes mentaux que le sujet se sent poussé à accomplir
en réponse à une obsession ou
selon certaines règles appliquées de façon inflexible.
Ces comportements sont destinés à neutraliser
ou diminuer le sentiment de détresse ou à empêcher un événement
ou une situation redoutés.
Le soulagement ainsi apporté contribue à renforcer et maintenir
la maladie.
Le sujet ne peut s'empêcher de réaliser ces actes répétitifs,
il sait que ce comportement est absurde
mais il ne peut s’empêcher de faire les gestes inutiles ou
d’avoir une attitude qu’il regrette.
Les différentes
formes de compulsions
- vérifications trop fréquentes : les vérificateurs, ils consacrent
tout leur temps à contrôler les lumières, les portes, le gaz...
- peur injustifiée d'être
atteint des maladies graves, de cancer (hypocondrie)
- calculs mentaux
- formules conjuratoires (marcher entre les rainures du trottoir
pour conjurer le mauvais sort...)
- toilette abusive (prendre une vingtaine de douches par jour...)
- nettoyages excessifs
- toucher répétitif des objets
- s'arracher des mèches de cheveux (trichotillomanie)
- se gratter inutilement
- se ronger les ongles (onychophagie)
- achats incontrôlés
et excessifs
- troubles des conduites alimentaires (anorexie, boulimie)
- envie de voler (kleptomanie)
- abandonner la conduite de peur de tuer quelqu'un avec sa
voiture...
Le lavage des mains, les vérifications,
les commandes d’articles et les opérations arithmétiques font
partie des compulsions les plus courantes. En outre, on ne
diagnostiquera un TOC que si les obsessions ou les compulsions
sont accaparantes ou occasionnent un
profond désarroi.
Clinique
Mise en évidence d'obsessions ou de comportements compulsifs
pendant au moins 2 semaines entraînant
une détresse ou un retentissement sur
les activités habituelles.
Caractéristiques des symptômes obsessionnelles :
- sujet conscient qu'il agit de ses propres pensées ou impulsions
- vaine résistance à une pensée ou un comportement
- aucun plaisir direct dans une pensée ou dans la réalisation
d'un acte compulsif
Origine
des TOC
Rien n'a été démontré à
ce jour.
Les chercheurs pensent à un dysfonctionnement
de certains neuromédiateurs : la sérotonine, la dopamine,
la vasopressine (actuellement à l'étude).
On soupçonne l’existence de facteurs
familiaux et génétiques. Néanmoins, il existe des enfants
atteints de TOC avec des parents indemnes.
Les
TOC chez l'enfant
Ce trouble apparaît parfois
dans l'enfance mais plus souvent à l'adolescence
ou au début de l'âge adulte, et l'on sait que la plupart des
adultes qui en souffrent ont présenté leurs premières idées
fixes ou leur premier rituel déjà dans
leur jeunesse.
Approches
thérapeutiques
Lorsque les personnes atteintes
de TOC vont consulter un professionnel, c'est généralement
tard, souvent pour d'autres motifs associés à un TOC
sévère, comme la dépression,
ou pour des problèmes de peau liés à un lavage excessif des
mains.
Les différents traitements
:
- La médication :
Certains médicaments de la famille des antidépresseurs
et des anxiolitiques.
Ces médicaments affaiblissent la prégnance des obsessions
ou des compulsions, permettant de lutter plus efficacement
contre elles.
- La thérapie cognitive et comportementale
ou TCC :
Celle-ci prévoit une vingtaine de séances de "désensibilisation"
au cours desquelles le patient est confronté aux pensées obsédantes
et aux situations qu'il craint le plus. Le travail consiste
à relativiser les scénarios de danger
et à démontrer qu'ils ne sont pas fondés.
L'immersion doit durer un certain temps pour permettre au
patient de laisser monter son angoisse et surtout de la sentir
retomber sans recourir à ses rituels. Il fait ainsi l'expérience
que la catastrophe tant redoutée ne s'est pas produite et
qu'il a pu surmonter son anxiété.
- Rencontres
entre patients
Il faut y ajouter une autre forme de thérapie relativement
peu courante en France qui consiste en des rencontres entre
personnes concernées. Ces rencontres leur permettent de s'entraider,
de sortir de leur isolement lié à la honte,
d'en parler et de se sentir compris.
La dimension psychologique de ces troubles est importante
bien qu'il existe sans doute une base
biologique chez un grand nombre de personnes, comme
le démontrent les nouvelles techniques d'imagerie cérébrale
qui permettent de visualiser les zones
du cerveau impliquées, avant tout les lobes frontaux
et les ganglions de la base. On est cependant encore très
loin d'en comprendre toute la complexité.
Rédacteur : Florence
Campagne
Janvier 2001
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