Articles et reportages traitent abondamment
des craintes qu'inspirent les aliments. Cela va de l'ESB et
du E.coli 0157 dans le buf aux dernières recherches britanniques
mettant en question le lien censé exister entre le lait de
vache et une maladie appelée paratuberculose. D'après les
sondages, les consommateurs pensent que la plus grande menace
pour la santé provient des substances manufacturées : conservateurs
et arômes. Pour l'Organisation Mondiale de la Santé cependant,
les dangers les plus importants proviennent en réalité de
micro-organismes qui apparaissent de manière naturelle, comme
la salmonelle et certaines souches très rares d'E.coli. Les
législateurs ont institué un système complet d'évaluation
des risques visant à mettre en place des normes alimentaires
strictes. Deux approches différentes permettent d'évaluer
les risques issus des micro-organismes ou des additifs contenus
dans la nourriture.
Dans le cas des micro-organismes, le système d'évaluation
des risques prend en compte différents facteurs liés à la
fois à la nourriture, au micro-organisme lui-même et au consommateur.
Par exemple:
- Les affinités entre certains micro-organismes
et certains aliments
- Les risques de contamination
- L'environnement favorable à la survie et
au développement des micro-organismes dans les aliments
- Le taux de contamination ou de toxicité
d'un micro-organisme
- L'impact sur les catégories de population
particulièrement sensibles (malades ou personnes âgées).
Les réponses à ces questions permettent de prendre
les mesures adéquates en vue de diminuer les risques d'infection
microbienne et de préserver la santé de l'homme.
Les additifs et autres ingrédients "créés
par l'homme" sont rigoureusement étudiés avant d'être utilisés
dans des aliments destinés à la consommation humaine. Le composant
est testé de manière à identifier les seuils au-delà desquels
la consommation pourrait être nocive. Ensuite un facteur "sécurité"
ou "incertitude" lui est attribué de façon à dégager la dose
sans danger pour l'homme. L'approbation scientifique des taux
acceptables de certains produits chimiques est très stricte.
Les gouvernements s'appuient sur des comités scientifiques
nationaux et internationaux qui leur donnent un avis impartial
sur les limites à fixer. Plusieurs organisations et comités
conseillent les législateurs européens sur les questions de
l'alimentation. Parmi eux, on trouve des spécialistes de la
santé publique, de la nutrition et de la toxicité, issus des
Comités Scientifiques de l'alimentation et des comités chargés
aussi bien de la nutrition animale que des mesures dans le
domaine vétérinaire ou de la toxicité. Le Codex Alimentarius
des Nations Unies, - une organisation émanant de l'Organisation
de pour l'Alimentation et l'Agriculture (FAO) et l'Organisation
Mondiale de la Santé (OMS) - fournit des références internationales
sur les normes alimentaires. En ce qui concerne les nouveaux
aliments, y compris ceux issus de la biotechnologie, l'Union
Européenne a mis en place une nouvelle procédure d'évaluation
des risques, nommée "Régulation des Nouveaux Aliments". Cette
procédure sert à déterminer si les nouveaux aliments sont
différents des produits traditionnels et, le cas échéant,
où résident ces différences.
On examine, pour des aliments, tout ce qui
peut soulever un problème spécifique. Les autorités exigent
des fabricants qu'ils leur fournissent un très large éventail
d'informations au sujet de tout nouveau produit:
- Les conditions de mise au point du produit.
- Une description très détaillée des nouvelles
techniques utilisées.
- Des informations sur la composition nutritionnelle
et chimique de l'aliment.
- Les résultats de toutes les études qui
ont été menées au sujet de l'innocuité et de l'efficacité
du produit.
- Comment le produit va être utilisé dans
les produits alimentaires.
- Quelle quantité de ce produit le consommateur
moyen est censé ingérer, et à combien on peut estimer la
prise cumulée correspondant à son alimentation.
A l'aide de ces informations les autorités décident
ensuite si l'aliment est sûr pour la consommation humaine. Si
le moindre doute persiste au sujet de son innocuité, des tests
supplémentaires seront demandés. C'est seulement si tous les
résultats prouvent que l'aliment est sûr qu'il est autorisé.
L'évaluation des risques permet aux législateurs et à tous ceux
qui sont concernés par la sécurité alimentaire d'identifier
et de diminuer les dangers qui peuvent survenir dans la chaîne
alimentaire. Comme dans n'importe quelle entreprise humaine,
il est impossible de garantir un risque zéro. La sécurité alimentaire
n'est que le résultat d'une suite d'actions volontaires tout
au long de la chaîne alimentaire du producteur au consommateur
final, de façon à éliminer le risque ou à le ramener à son niveau
le plus bas possible. Une fois que la nourriture sort du magasin,
il est recommandé que le consommateur prenne les mesures correctes
de conservation et de préparation. C'est le seul moyen d'atteindre
les meilleurs niveaux de sécurité alimentaire, tout au long
de la chaîne alimentaire comme à la maison.
"EUFIC, Le Conseil
Européen de l'Information Alimentaire" - Octobre 1998