imgLa Mucoviscidose (2ème partie)

Sommaire :
Diagnostic
Traitement
De nouvelles voies thérapeutiques
Pour en savoir plus

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imgDiagnostic

     Le diagnostic de la maladie repose sur trois tests :

     Le test de la sueur

     Il consiste à mesurer la concentration en chlore sur un échantillon de sueur. Normalement, la sueur contient moins de 40 mmol/l de chlore. Au delà de 60 mmol/l, le test est pathologique. Deux tests positifs sont nécessaires pour affirmer le diagnostic. Le test de la sueur est l'examen le plus simple à réaliser à partir d'un mois - six semaines et le plus fiable pour la confirmation du diagnostic. Il co ûte environ 500 francs.

     Le dosage de la trypsine immunoréactive (TIR)

     Il permet un dépistage néonatal. Il est effectué sur une goutte de sang séché, prélevée vers le troisième jour de vie. On dose la TIR, proenzyme sécrétée par le pancréas qui apparait dans la circulation sanguine. En cas de TIR élevée, il faut associer le test à une recherche des principales mutations du gène CF afin d'éliminer les faux positifs. En effet, si la sensibilité du test est de l'ordre de 100%, sa spécificité est moins élevée. On peut ainsi dépister la maladie des enfants ayant une mucoviscidose avant même les premiers symptômes.

    La biologie moléculaire

     Il permet un diagnostic anténatal. Le procédé le plus souvent utilisé est le prélévement des villosités choriales à la 10 ème semaine d'aménorrhée. L'identification des mutations couramment rencontrées permet le plus souvent un diagnostic direct. Le diagnostic anténatal par biologie moléculaire doit être alors précédé d'une étude familiale de l'ADN, celle-ci devant avoir lieu avant la grossesse ou à son tout début pour en connaitre les résultats avant la date du diagnostic foetal. La recherche des mutations est effectuée parallélement chez le foetus. Dépistage anténatal : proposé aux familles ayant déjà un enfant atteint de mucoviscidose ou antécédent.

img Traitement

     Il n'y a pas de traitement curatif de la mucoviscidose : le traitement, à vie, est contraignant. Ce n'est qu'un traitement symptomatique.

     Prise en charge respiratoire

     Pour les manifestations respiratoires de la maladie, la kinésithérapie respiratoire est indiquée ainsi qu'un traitement antibiotique contre l'infection. La kinésithérapie respiratoire est le traitement de base de la mucoviscidose : il aide à évacuer par la toux les sécrétions bronchiques épaisses dues à la maladie.

     Prise en charge digestive et nutritionelle

     La prise en charge digestive et nutritionnelle passe par une alimentation hyperénergétique et équilibrée. Elle doit donc être hypercalorique, hyperlipidique, hyperprotidique et hyperglucidique avec une supplémentation en vitamines liposolubles et oligoéléments ainsi qu'en enzymes pancréatiques. Ce régime alimentaire permet de compenser la probable anomalie métabolique cellulaire responsable d'une dépense énergétique de base plus élevée, de la malabsorption digestive, enfin de l'augmentation des dépenses énergétiques liée à l'infection et à l'atteinte respiratoire. En cas de grande chaleur, l'alimentation doit être enrichie en sel afin de palier la perte importante en chlorure de sodium par la sueur.

     Thérapeutiques

     Les thérapeutiques agissent à la fois sur l'inflammation et le mucus. C'est le cas par exemple :
- des médicaments de type ibuprofène (anti-inflammatoire non stéroïdien) qui traitent l'inflammation et l'hyperréactivité bronchique. Les anti-inflammatoires stéroïdiens sont également très efficaces. Les corticostéroïdes réduisent l'inflammation et l'obstruction des voies respiratoires mais leurs effets secondaires ne peuvent permettre une utilisation par voie orale au long cours. Les corticoïdes sont en général utilisés par voie inhalée
- des aérosols qui, quant à eux, agissent directement sur la viscosité du mucus
- le vaccin antigrippal est recommandé tous les ans
- les poussées d'infection du tractus respiratoire sont traitées par des antibiotiques. Ils sont adaptés en fonction des germes trouvés. On conseille par exemple de traiter Pseudomonas aeruginosa par une association ceftazidime - tobramycine par voie intraveineuse pendant deux à trois semaines.
- l'administration d'antibiotiques par aérosols au long cours et à domicile est de plus en plus utilisée en complément des cures par voie veineuse afin d'en prolonger les effets et d'en diminuer la fréquence.

      Transplantation pulmonaire

     Pour l'instant, la transplantation pulmonaire reste le recours ultime. L'intervention n'est envisagée que si le risque de décès est tenu supérieur à 50% dans les deux ans qui suivent. Le nombre de transplantations pulmonaires ne cesse pourtant de diminuer : le nombre de patients en attente a doublé et il y'a une pénurie de greffons.

img De nouvelles voies thérapeutiques ?

     Le grand espoir réside dans la thérapie génique dont de nombreux essais sont en cours actuellement. Elle consiste en l'utilisation thérapeutique de l'ADN. Pour remédier à l'insuffisance qualitative ou quantitative d'un gène altéré, on introduit du matériel génétique dans les cellules somatiques de l'organisme pour corriger l'anomalie structurale d'un gène muté.

     Dans le cas de la mucoviscidose, la thérapie génique consiste à modifier le matériel génétique des cellules épithéliales respiratoires des patients atteints. On introduit dans les noyaux de ces cellules une copie du gène CFTR sauvage (gène sain) grâce à un vecteur qui peut-être un adénovirus. Le but étant de corriger, par l'introduction du gène normal dans des cellules malades, un certain nombre de dysfonctionnements cellulaires liés à la mucoviscidose.

     Les résultats sont encourageants mais pour le moment encore insuffisants. L'efficacité thérapeutique n'est pas encore prouvée; on en est à mesurer la tolérance et les effets biologiques.

 
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