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La
Sclérose latérale amyotrophique (SLA)
Rédactrice : Elisabeth
Faure, octobre 2000
Dernière mise à jour : juillet 2002
Sommaire:
Définition
Epidémiologie
Hypothèses sur les mécanismes
physiopathologiques de la SLA
Diagnostic de la SLA
- Manifestations
cliniques
- Examens complémentaires
- Diagnostic
différentiel
Traitement
Pour en savoir plus
Définition
La Sclérose latérale
amyotrophique aussi appelée en France maladie de Charcot
du nom de celui qui la décrit pour la première
fois en 1865, est une maladie neurodégénérative
d'étiologie inconnue touchant les motoneurones de la
corne antérieure de la moelle épinière,
du tronc cérébral et du cortex. Les localisations
anatomiques de la dégénérescence rendent
compte de la symptomatologie neurologique uniquement motrice.
C'est une affection mortelle et incurable : le décès
survient en moyenne dans les deux à cinq ans suivant le diagnostic
et est d û, dans la grande majorité des cas, à un trouble
respiratoire, aggravé par une surinfection bronchique.
Nom de la maladie et ses synonymes
: sclérose latérale amyotrophique (SLA), maladie
de Charcot, Motor Neuron Disease (Royaume-Uni), maladie de
Lou Gehrig (USA).
Epidémiologie
- La sclérose latérale
amyotrophique est la maladie neurodégénérative
la plus fréquente juste après la maladie d'Alzheimer.
- Il y a près de 120 000 cas de SLA diagnostiqués chaque année
dans le monde, soit 328 nouveaux cas chaque jour.
- En France, quelques 8 500 personnes sont touchées
par la sclérose latérale amyotrophique, principalement
des adultes entre 40 et 60 ans avec une augmentation nette
de la fréquence chez les adultes jeunes.
- L'incidence est aux alentours de 800 nouveaux cas par an.
- L'espérance de vie d'une personne atteinte de la SLA est
aujourd'hui d'environ deux à cinq ans à partir du moment où
la maladie a été diagnostiquée.
- Actuellement, la moitié des personnes atteintes vivent plus
de trois ans après le diagnostic. Environ vingt pour cent
vivent cinq ans ou plus, et plus de dix pour cent survivront
plus de dix ans. Un mince pourcentage des personnes atteintes
vivront jusqu'à vingt ans après le diagnostic, avec des plateaux
à différents stades de la maladie.
- Certaines régions du globe se caractérisent
par une incidence accrue de SLA. C'est notamment le cas dans
certaines îles de Nouvelle-Guinée et du Japon
où l'incidence est jusqu'à 100 fois supérieure
à l'incidence occidentale. Des hypothèses ont
été élaborées pour expliquer ce
phénomène : hypothèses environnementales
toxiques (une toxine a d'ailleurs été mise en
évidence dans les graines de faux-palmier).
- Selon le territoire neurologique touché, la SLA peut
donner lieu à deux formes cliniques : la forme spinale
débute par l'atteinte d'un membre - elle représente
deux tiers des cas et affecte le plus souvent les hommes vers
55 ans - et la forme bulbaire qui représente un tiers
des cas et atteint préférentiellement les femmes
vers 60-65 ans. Dans
8% des cas, on peut parler de formes familiales.
Hypothèses
sur les mécanismes physiopathologiques de la SLA
- Le stress oxydatif
Il existe une forme familiale de la SLA. C'est une affection
héréditaire transmise sur un mode autosomique
dominant et cliniquement impossible à distinguer d'une
SLA sporadique. A noter qu'il existe aussi une forme récessive
de SLA génétique : elle débute dans l'enfance
et se caractérise par une survie plus prolongée.
Il y a quelques années,
l'étude des cas familiaux a permis la découverte
d'un mécanisme impliqué dans la maladie : le
stress oxydatif. On a découvert que des formes familiales
étaient dues à des mutations du gène
de la superoxyde dismutase (SOD) cuivre/zinc. D'après
les dernières recherches, l'accumulation de la forme
mutée de ce gène impliqué dans environ
2,5 % des formes familiales de SLA serait à l'origine
des symptômes de la maladie par acquisition d'une fonction
nouvelle toxique. Les processus soupçonnés :
toxicité des ions cuivre ou zinc révélée
par la mutation, intervention de la SOD mutée dans
certains mécanismes apoptotiques.
Voir
dépêche de caducee.net : Du nouveau dans la compréhension
de la mort neuronale observée dans la sclérose latérale amyotrophique,
14/03/2002.
- Dérégulation
de l'expression du VEGF (vascular endothelial growth factor)
Les travaux de chercheurs belges ont apporté de nouveaux
éléments sur l'origine de la SLA. La dégénérescence
sélective des motoneurones à l'âge adulte
peut-être causée par une dérégulation
de l'expression du VEGF.
Voir
dépêche de caducee.net : Sclérose latérale amyotrophique
: sur la piste du VEGF et de l'hypoxie, 30/05/2001.
- Théorie de l'excito-toxicité
Un niveau trop élevé de glutamate dans la fente
synaptique serait la cause d'un épuisement cellulaire
suite à une hyperactivité du système
excitateur.
Deux pistes sont actuellement envisagées : anomalie
du récepteur Glu-R2 du glutamate, anomalie du transporteur
du glutamate sur les cellules gliales qui en diminuerait la
recapture.
L'efficacité du riluzole (Rilutec) qui inhiberait le
processus glutaminergique vient en tout cas appuyer cette
hypothèse.
Voir
dépêche de caducee.net : Mutation d'un transporteur
du glutamate et dégénérescence du motoneurone dans la sclérose
latérale amyotrophique (SLA), 17/10/2000.
- Théorie du dysfonctionnement
de l'apoptose
Dans le cas de la SLA, les mécanismes de mort cellulaire
se déclencheraient, pour une raison qu'on ignore, trop
tôt et trop rapidement par rapport au vieillissement
normal du reste du corps.
Diagnostic
de la SLA
Manifestations
cliniques
Les manifestations des maladies
des motoneurones sont variables et fonction de l'atteinte
préférentielle des neurones moteurs centraux
ou périphériques. On peut mettre en évidence
:
- Les formes bulbaires qui
intéressent les muscles bulbaires
Les premiers symptômes sont une difficulté à
mâcher, à déglutir et à mouvoir
la face et la langue. L'atteinte précoce des muscles
respiratoires peut conduire à une défaillance
respiratoire avant un stade très avancé de la
maladie.
Quand l'atteinte corticospinale est prédominante, il
existe une hyperactivité des réflexes musculaires
d'étirement (réflexes tendineux) et souvent
une résistance spastique aux mouvements passifs des
membres atteints ainsi qu'une exagération des expressions
motrices de l'émotion aboutissant à des pleurs
et à un rire involontaire.
- Et les formes périphériques
(destruction des neurones moteurs périphériques)
La maladie s'exprime d'abord typiquement par le développement
d'une faiblesse asymétrique, en général
d'abord évidente à l'extrémité
d'un membre. L'anamnèse attentive pourra souvent retrouver
l'apparition récente de crampes lors de mouvements
volontaires typiquement dans les premières heures de
la matinée. La fatigabilité créée
par la dénervation est associée à : une
amyotrophie progressive et une fonte musculaire, des secousses
spontanées des unités motrices ou fasciculations,
surtout au début.
En thérorie, la maladie
peut débuter au niveau de n'importe quel groupe musculaire
mais, avec le temps, de plus en plus de muscles sont touchés
et à la fin la répartition de l'atteinte devient
symétrique. Dans la SLA, ce qui est caractéristique
est en définitive l'atteinte des deux catégories
neuronales (motoneurones centraux et périphériques).
Même dans les formes avancées de la maladie,
les fonctions sensitives, sphinctériennes et intellectuelles
sont préservées. La démence n'est pas
actuellement un signe de SLA quoiqu'elle puisse survenir chez
un petit groupe de patient.
L'évolution de la maladie
est inéxorablement progressive et conduit finalement
au décès (habituellement par paralysie respiratoire).
Examens
complémentaires
- Examens biologiques
: ils sont le plus souvent normaux.
- Analyse du liquide céphalo-rachidien : il
peut révéler la présence d'une discrète
hyperprotéinorachie.
- Recherche de toxiques (plomb, arsenic et aluminium)
: permet d'éliminer certaines pathologies auto-immunes,
infectieuses et dysglobulinémiques.
- Electromyogramme (EMG) avec mesures des vitesses
de conduction nerveuse : c'est un examen essentiel car il
confirme l'atteinte neurogène périphérique
et précise sa diffusion. Un ensemble d'arguments permettront
d'évoquer une lésion du motoneurone.
Diagnostic
différentiel
La sclérose latérale
amyotrophique étant actuellement incurable, il est
fondamental d'éliminer toutes les causes potentiellement
curables de dysfonctionnement du neurone moteur.
Les signes atypiques qui devraient alerter le clinicien comprennent
:
- l'atteinte limitée
aux neurones moteurs centraux ou aux neurones moteurs périphériques,
- l'atteinte d'autres neurones que les neurones moteurs,
- l'existence de blocs de conduction nerveuse sur les études
électrophysiologiques.
- Une compression de la moelle
cervicale ou de la jonction bulbomédullaire peut parfois
donné lieu à un déficit, à une
amyotrophie, à des fasciculations des membres supérieurs,
à une spasticité des membres inférieurs
qui ressemblent de très près à une SLA.
- La neuropathie motrice multifocale avec blocs de conduction
segmentaire est un autre diagnostic différentiel de
la SLA.
- Une neuropathie axonale motrice distale peut simuler la
SLA (hémopathie, lymphome, maladie de Lyme)
- D'autres maladies curables qui occasionnellement peuvent
mimer la SLA sont l'intoxication chronique par le plomb et
la thyrotoxicose mais aussi les fasciculations bénignes
(sans amyotrophie ni signe de dénervation), la poliomyélite.
Critères
diagnostiques de la sclérose latérale amyotrophique
d'après la World Federation and Neurology Committee
on Neuromuscular diseases
Le diagnostic de la SLA
sporadique nécessite la présence des trois éléments
suivants :
- une atteinte du motoneurone
central,
- une atteinte du motoneurone périphérique,
- une évolution vers l'aggravation.
Le diagnostic de SLA sporadique
nécessite l'absence :
- d'atteinte sensitive ou sensorielle,
- d'atteinte sphinctérienne,
- d'atteinte de la motricité oculaire,
- de maladie de Parkinson,
- d'atteinte du système nerveux autonome,
- de démence,
- de signes en faveur d'une maladie du motoneurone autre que
la SLA.
Traitement
Il n'y a pas de traitement
de la sclérose latérale amyotrophique.
Les traitements actuels ne visent
qu'à ralentir l'évolution de la maladie, prévenir les complications
et maintenir la qualité de vie du patient à un niveau optimum.
Traitement
étiologique
Seul le riluzole, créé
spécifiquement pour la SLA a l'autorisation de mise
sur le marché. Il est commercialisé par la compagnie
Rhône-Poulenc Rorer sous le nom de Rilutek®. Il prolonge
la survie des patients de quelques mois.
- Propriétés : il bloque la neurotransmission
glutaminergique dans le système nerveux central et
inhibe la diffusion de l'acide glutamique dans des cultures
de neurones. Il possède aussi des propriétés
anticonvulsivantes et sédatives.
- Posologie : 100 mg/jour (50 mg toutes les 12 heures).
- Ses effets secondaires sont la nausée, un ralentissement
de la fonction respiratoire, des troubles hépatiques modérés
et des maux de tête.
Traitement
symptomatique
- les crampes
Le Magnésium peut les atténuer au début. Mais la règle reste
l'Hexaquine. Quand la symptomatologie est intense, la Cordarone
peut soulager le patient.
- rire et pleurer spasmodique
Les antidépresseurs tricycliques, notamment l'amitryptiline,
permettent de corriger la labilité émotionnelle.
- la salivation
Elle survient lorsque la déglutition automatique n'a plus
lieu. La salive s'écoule donc naturellement par les commissures
labiales, favorisée en cela par la parésie faciale. L'amitryptiline
ou la scopolamine peuvent soulager le patient mais leur efficacité
est inconstante.
Prise en
charge
Il faut prodiguer des soins
importants au patient afin d'améliorer son confort,
sa qualité de vie : la kinésithérapie, l'orthophonie,
la diététique, l'inhalothérapie...
Actuellement, moins de 10 %
des patients sont diagnostiqués dans les 6 mois suivant
l'apparition des symptômes, 22 % après plus d'un
an et 18 % après plus de 18 mois : difficile quand
on sait que la maladie évolue pour la moitié
des patients en moins de 3 ans. Une prise en charge thérapeutique
précoce est donc indispensable.
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Pour en savoir plus
Les dépêches
Les
dépêches de caducee.net sur la sclérose
latérale amyotrophique
Les Sites
d'information générale
Info-SLA
Site Web francophone consacré à la Sclérose
Latérale Amyotrophique : documentation sur la
maladie, interactions, ressources, hommages aux victimes.
Voir le document
Sclérose Latérale
Amyotrophique
Définition, facteurs responsables de la maladie,
sémiologie, formes cliniques, démarches
diagnostiques, pronostic, prise en charge thérapeutique.
Cours de Neurologie (DC3) rédigé par le
Pr. J. Emile, faculté de médecine d'Angers.
Voir le document
La sclérose
latérale amyotrophique
Comment se définit la sclérose latérale
amyotrophique ? Comment les malades sont-ils pris en
charge ? Quelles sont les hypothèses sur l'origine
de la maladie ?
Dossier de la Fondation pour la recherche médicale.
Réalisé en collaboration avec Bertrand
Fontaine et Vincent Meininger de la Fédération de Neurologie,
Groupe Hospitalier de la Pitié-Salpêtrière, Paris. Mars
1998.
Voir le document
Sclérose latérale
amyotrophique
Définition, intérêt, physiopathologie,
la forme typique, les formes cliniques, les formes frontières,
diagnostic différentiel, évolution et
pronostic, traitement.
Dossier de Medinfos.
Voir le document
Guide de l'alimentation
entérale à domicile pour les patients
atteints de sclérose latérale amyotrophique
L'alimentation entérale et vous, déroulement
de l'alimentation entérale, considérations
visant le contrôle des infections, administration
des médicaments, soins personnels, résolution
de problèmes, bibliographie.
Par le centre d'information pour les personnes atteintes
de troubles neurologiques - Hôpital et Institut
neurologiques de Montréal. Document disponible
au format pdf.
Voir le document
Amyotrophic Lateral
Sclerosis (site en anglais)
Service Medline plus : dernières news, informations
générales, essais cliniques, diagnostic
/ symptômes, recherche, organisations, newsletter,
statistiques...
Dernière mise à jour : 13 novembre 2001.
Voir le document
Amyotrophic Lateral
Sclerosis : Lou Gehrig's Disease (site en anglais)
Cas illustratifs, pathologie, épidémiologie,
étiologie, caractéristiques cliniques,
diagnostic, management, traitement, thérapies.
Par Anne D. Walling, M.D., University of Kansas School
of Medicine, Wichita, Kansas. Article publiée
par l'American Academy of Family Physicians, 15 mars
1999.
Voir le document
Traitement
Problèmes respiratoires
chez les patients atteints de sclérose latérale
amyotrophique : Options thérapeutiques
"Les maladies neuromuculaires ont souvent besoin
d'un "environnement" respiratoire spécifique,
particulièrement la sclérose latérale
amyotrophique. Prise de position du groupe de travail
pour la ventilation à domicile.
Med Suisse N° 39, 26 septembre 2001. Document disponible
au format pdf.
Voir le document
Associations,
Fédération, Société
ARS
Association pour la recherche sur la sclérose
latérale amyotrophique.
Voir le document
ALS France - Service
de neurologie et maladies neuromusculaires
L'Associations Lutte et Soutien - Maladies du Motoneurone
s'est créée afin d'essayer de venir en aide aux malades
pour rétablir la communication interrompue par la maladie.
Présentation de l'association, la SLA, traitements,
communication, liens utiles, publications.
Voir le document
ALS Association
(site en anglais)
Sur le site de l'association ALS : présentation
et missions de l'association, informations sur la maladie,
news.
Voir le document
World Federation of
Neurology Amyotrophic Lateral Sclerosis (site en
anglais)
Site sponsorisé par the World Federation of Neurology
Research Group on Motor Neuron. Nombreuses informations
: le journal ALS (Amyotrophic Lateral Sclerosis and
Other Motor Neuron Disorders), les publications sur
la recherche et le traitement, les essais cliniques,
les conférences.
Voir le document
Société
de la sclérose latérale amyotrophique
du Québec
Organisme communautaire à but non lucratif dont la mission
est exclusivement vouée à l'amélioration des conditions
de vie des personnes souffrant de SLA et au soutien
des membres de leur famille.
Voir le document
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