Les
femmes séropositives ont des besoins différents
Un counseling idéal
devrait aborder les conséquences pour la santé d'une infection
par le VIH.
Chez une femme séropositive
pour le VIH, les conséquences d'une grossesse sont
souvent graves. Si elle ne reçoit aucun traitement,
le risque de transmission du virus au nouveau-né est
de l'ordre de 30 %. Et un grand nombre d'enfants ainsi contaminés
sont plus tard atteints du sida et en meurent. A l'échelle
mondiale, ce type de contamination aurait déjà
tué quelque 3,8 millions de jeunes âgés
de moins de 15 ans.1
Malgré ce risque, certaines
femmes séropositives veulent avoir un enfant. D'autres
au contraire optent pour la contraception. Les prestataires
doivent savoir comment informer et comment aider ces clientes
infectées par le VIH. Ils doivent aussi être
conscients qu'une cliente séropositive dissimulera
parfois son état.
Dans les régions à
forte prévalence du VIH, les prestataires en planification
familiale devraient discuter avec leurs clientes des conséquences
d'une séropositivité sur leur santé et
sur celle de leurs proches. Idéalement, tout counseling
sur les contraceptifs devrait aborder les facteurs de risque
pour le VIH et évaluer les chances d'infection de la
cliente. Certains programmes sont aussi capables de proposer
un test de dépistage en cas de risque élevé
de contamination par le virus.2
Le désir d'avoir
des enfants
Quand elles conçoivent
un enfant, la plupart des femmes séropositives sont
ignorantes de leur infection. Certaines ne découvrent
leur état qu'à l'occasion de soins prénatals
incluant un test de dépistage du VIH. Mais il arrive
aussi que cet état soit connu avant la grossesse. Dans
le cadre d'une enquête menée au Zimbabwe auprès
de 52 femmes se sachant séropositives, les chercheurs
ont ainsi constaté ultérieurement 16 cas de
grossesse, dont 7 désirées.3
Chez les sept femmes ayant
voulu leur grossesse, le désir d'avoir un enfant était
très puissant. Leurs antécédents médicaux
montraient qu'elles étaient parfois prêtes à
risquer leur propre santé pour mettre au monde un bébé
viable. Mais un seul des nouveau-nés s'est révélé
sain. Des résultats aussi désastreux ne sont
malheureusement pas rares chez les femmes séropositives
du Zimbabwe.
« Au Zimbabwe, comme dans
la plupart des autres pays, le désir d'avoir des enfants
s'explique à la fois par un besoin d'affection et par
un besoin de sécurité financière, surtout
si la femme est économiquement vulnérable »,
fait observer Mme Rayah Feldman. « Le mariage repose
sur l'espoir d'avoir des enfants, notamment si la famille
du mari a versé une dot (lobola) à celle de
l'épouse. Et bien des femmes trouvent une satisfaction
personnelle à devenir mère ». Mme Feldman
a été conseillère pour ce projet de recherche
conduit au Zimbabwe par l'International Community of Women
Living with HIV/AIDS, basée à Londres, en collaboration
avec le Zimbabwean Women and AIDS Support Network.
Au Zimbabwe, comme ailleurs
dans le monde en développement, la plupart des femmes
enceintes et séropositives n'ont pas accès à
un traitement antirétroviral pour prévenir la
transmission du VIH à l'enfant. De plus, l'allaitement
au sein, qui est la règle dans le pays, représente
une autre voie possible de contamination.
Au Kenya, « les femmes
séropositives nullipares ont tendance à vouloir
au moins un bébé et, dans certains hôpitaux,
nous disposons de médicaments à des prix accessibles
pour réduire le risque de transmission virale de la
mère à l'enfant », explique le docteur
Zahida Qureshi, obstétricienne et enseignante à
l'université de Nairobi. « Mais même sans
ces médicaments, les femmes infectées par le
VIH souhaitent toujours avoir un bébé et ce
quels que soient les risques encourus. »
Dans un entretien, malgré
sa séropositivité et celle de son partenaire,
une femme au foyer âgée de 27 ans expliquait
ainsi son désir de concevoir un enfant : « Mon
mari ne souhaite pas d'enfants. (...) Mais j'en ai envie.
Je ne peux pas vivre sans enfants. Je me sens toujours seule
et je ne suis pas stérile. Si j'ai un enfant, je m'en
occuperai et je serai active. Je pourrai travailler en sachant
que je dois prendre soin de quelqu'un. J'aurai des responsabilités.
»
Au Cameroun, à Yaoundé,
un tiers de 40 hommes et femmes séropositifs répondant
à un questionnaire ont déclaré avoir
eu des rapports sexuels non protégés. Les principales
raisons données était le désir d'avoir
un enfant ou le refus du partenaire d'utiliser une méthode
de barrière. (Environ la moitié continuaient
leur activité sexuelle sans révéler leur
état infectieux à leurs partenaires.4 )
Et une étude réalisée dans le district
de Rakai, en Ouganda, avec quelque 10.000 sujets des deux
sexes ayant bénéficié d'un test de dépistage
et d'un counseling a montré que, malgré ces
prestations, les femmes séropositives n'utilisaient
pas plus les méthodes contraceptives féminines
que celles séronégatives. Le recours au préservatif
masculin était légèrement plus fréquent
chez les hommes séropositifs que chez les séronégatifs
(sans que cette différence soit significative). Les
chercheurs ont conclu qu'un fort désir d'avoir des
enfants avait pu limiter l'acceptation des méthodes
de planification familiale par les sujets infectés
par le VIH.5
Plusieurs travaux menés
aux Etats-Unis ont confirmé cette tendance chez de
nombreuses femmes séropositives, qui veulent vraiment
tomber enceintes ou continuer leur grossesse malgré
les risques pour l'enfant.6 Des entretiens conduits
auprès de 82 femmes américaines infectées
par le VIH ont montré qu'une connaissance de leur état
infectieux ou de l'existence d'un traitement prénatal
avec la zidovudine pour réduire les chances de contamination
de l'enfant par la mère étaient des facteurs
sans influence significative sur la planification de leur
grossesse, sur leurs choix contraceptifs ou sur leur considération
d'une IVG. Seules 15 % des participantes déclaraient
recourir systématiquement au préservatif, et
la moitié seulement d'entre elles utilisaient une forme
quelconque de contraception. Environ les deux tiers des grossesses
survenues dans cet échantillon n'avaient pas été
planifiées. Mais les femmes enceintes n'ont opté
pour une IVG que dans 6 % des cas. Pour la majorité
d'entre elles (70 %), la principale raison de continuer leur
grossesse était leur désir d'avoir un enfant.7
De nombreuses raisons expliquent
pourquoi bien des femmes séropositives n'utilisent
pas de méthode contraceptive. Pour beaucoup d'entre
elles, la maternité est une des premières sources
d'estime de soi. Par ailleurs, une femme infectée par
le VIH pourra vouloir remplacer un enfant déjà
mort à cause du sida.8 Une grossesse est
alors la source d'espoir pour le futur et une mère
mourante peut se consoler si elle a des enfants sains qui
lui survivront.
L'obligation de devoir bientôt
s'occuper d'un enfant peut donner à une femme atteinte
du VIH une raison de vivre. La maternité signifie :
« Je peux échapper à mon malheur. »
C'est ce qu'a confié une des onze participantes séropositives
à une étude américaine, qui avaient appris
leur grossesse et leur infection par le VIH dans les 24 premières
semaines de gestation. Trois de ces femmes ont opté
pour une IVG, mais les huit autres, dont celle citée
ici, ont préféré mener leur grossesse
à terme. « Ce qui me permet de continuer à
vivre, c'est de m'occuper de mes enfants pour qu'ils soient
heureux et en bonne santé », a ajouté cette
même femme.9
Il arrive aussi que des femmes
séropositives refusent de reconnaître la gravité
de leur diagnostic et, persistant à l'ignorer, elles
tombent enceintes. Dans d'autres cas, une femme séropositive
pourra décider d'avoir un enfant pour laisser croire
à ses proches et notamment à sa belle-famille
qu'elle n'est pas infectée.
Enfin, certaines femmes séropositives
utilisant un contraceptif pensent à tort que les symptômes
dus au VIH résultent en fait de leur méthode
de planification familiale. Dans les dispensaires de la Family
Planning Association du Kenya, « il est conseillé
aux clientes infectées par le VIH d'employer une méthode
offrant une double protection à la fois anticonceptionnelle
et anti-infectieuse », indique Mme Sarah Kirowo, responsable
adjointe de programme. « Mais il demeure difficile de
convaincre ces femmes séropositives que leurs troubles
ou leurs symptômes n'ont rien à voir avec des
méthodes contraceptives que, de ce fait, elles tendent
à rejeter ».
Prévention des grossesses
Les femmes séropositives
peuvent aussi ne plus vouloir mettre des enfants au monde,
et ce pour différentes raisons. Certaines redoutent
qu'une grossesse ne nuise à leur santé déjà
fragile. D'autres veulent éviter de transmettre leur
infection à l'enfant qu'elles pourraient concevoir.
D'autres enfin réalisent que le VIH, surtout en l'absence
de traitement, réduit leur espérance de vie
et elles craignent de laisser au monde des orphelins.
Une femme kenyane de 25 ans,
qui était séropositive et qui soupçonnait
que son mari était aussi infecté par le VIH,
expliquait en ces termes pourquoi elle utilisait un contraceptif
injectable, l'acétate de médroxyprogestérone-retard
(ou DMPA) : « J'estime que deux enfants, c'est assez.
Si je continuais à en avoir, je n'aurais pas l'énergie
de prendre soin d'une famille trop nombreuse. Je pourrais
aussi mourir en laissant souffrir ceux que je laisse derrière
moi. Et si c'est mon mari qui disparaissait le premier et
que je devenais ainsi veuve, je n'aurais aucun moyen de m'occuper
d'autres enfants. »
Certaines femmes séropositives
continuent cependant à avoir des enfants, parce qu'elles
ne savent pas comment prévenir ou interrompre une grossesse.
Dans l'enquête menée au Zimbabwe avec 52 participantes
séropositives, dont 16 tombaient enceintes postérieurement
au diagnostic d'infection par le VIH 7 des 9 cas de grossesse
non planifiée sont survenus chez des épouses
ayant déjà des enfants. Les chercheurs en concluent
que « les femmes de mariages stables, surtout à
la campagne, n'ont souvent jamais employé de contraceptif
avant leur contamination par le VIH. Même si elles souhaitent
éviter une nouvelle grossesse, il leur est fréquemment
impossible de concrétiser leur volonté, car
elles n'ont ni contrôle sur leurs options contraceptives,
ni accès à un service d'IVG. »
Pour contrôler leurs
options contraceptives, les femmes doivent pouvoir discuter
de leur utilisation avec leurs partenaires et accéder
à des services de planification familiale. Mais il
arrive que les prestataires limitent ou interdisent cet accès
aux clientes séropositives. Une enquête réalisée
aux Etats-Unis auprès de quelque 1.500 médecins
de premier recours a montré que ces derniers sont en
général plus réticents à dispenser
leurs soins de gynécologie, de planification familiale
ou d'obstétrique aux femmes infectées par le
VIH.10
Même quand les services
de planification familiale sont accessibles, ils ne sont pas
toujours capables de répondre aux besoins des femmes
séropositives. Cette incapacité tient en partie
au fait que les clientes infectées par le VIH ne confient
que rarement leur état aux prestataires, surtout si
ces derniers ne posent pas de questions. Aucune des six femmes
séropositives interviewées récemment
au Kenya n'avait révélé son infection
à son prestataire en planification familiale. Une des
participantes âgée de 32 ans et testée
positive en 1990 avait partagé ses résultats
avec son mari. Malgré les deux enfants dont le couple
jouissait déjà, le mari, sous la pression de
proches, voulait encore élargir sa famille. «
Il a commencé à insister sur la nécessité
d'avoir un bébé (...) et sur le fait que certaines
femmes infectées par le VIH ont pourtant des bébés
sains et qu'il fallait donc accepter de prendre des risques
», a ajouté cette participante.
Mais estimant ces risques inacceptables
et ignorant où se procurer les médicaments pour
réduire les risques de transmission à l'enfant,
cette femme s'est mise à utiliser secrètement
le DMPA, sans jamais dire à ses prestataires qu'elle
était séropositive. « Je ne leur ai rien
dit parce que les praticiens sont des gens très durs
», a-t-elle expliqué. « Ce sont eux qui stigmatisent
les personnes atteintes du VIH. » Une autre mère
de deux enfants interrogée par FHI a expliqué
pourquoi elle dissimulait sa séropositivité
au prestataire : « Je n'ai jamais rien dit parce que
je ne lui fais pas confiance », a confié cette
femme de 21 ans, diagnostiquée avec l'infection dès
l'âge de 14 ans. « Vous savez, de nos jours, si
vous avouez quelque chose comme çà, les médecins
ont peur de vous, ils ne vous prodiguent plus les soins ou
ils peuvent en parler à quelqu'un d'autre. »
Par ailleurs, même les
prestataires au courant de la séropositivité
de leur cliente ne sont pas toujours capables de prodiguer
un counseling adéquat à cette dernière
sur ses options contraceptives. Une étude menée
auprès de 69 femmes américaines infectées
par le VIH a montré que la plupart des participantes
reconnaissaient avoir eu accès à des méthodes
de protection contre la grossesse et contre les infections
sexuellement transmissibles (IST) ; mais la moitié
seulement déclaraient avoir bénéficié
d'un counseling adéquat en planification familiale.11
Par ailleurs, une enquête conduite auprès de
150 femmes séropositives d'un centre VIH/SIDA de São
Paulo, au Brésil, a révélé que,
si ces clientes étaient très satisfaites des
services reçus, il leur manquait pourtant certaines
informations sur la contraception, sur la reproduction et
sur les traitements antirétroviraux permettant de réduire
le risque de transmission du VIH par la mère à
l'enfant.12 Et plusieurs travaux réalisés
en Afrique ont montré que le counseling des femmes
séropositives ne s'accompagne pas d'une augmentation
sensible de l'emploi des méthodes contraceptives, souvent
parce que ces clientes dissimulent leur état à
un partenaire dont elles craignent l'abandon.13
Options contraceptives
Les femmes séropositives
doivent savoir que, outre l'abstinence, les préservatifs
offrent la meilleure protection contre les IST. Elles devraient
recourir au préservatif masculin ou féminin
à chaque rapport sexuel. Ce moyen prévient non
seulement la transmission du VIH aux partenaires, mais protège
aussi la femme contre d'autres IST et notamment d'autres souches
du VIH.
Il faut apprendre aux clientes
séropositives le mode d'emploi des préservatifs
et les moyens de négocier cet emploi avec leurs partenaires.
Certaines femmes sont déterminées à leur
imposer cette protection, même si c'est difficile. Ainsi
cette veuve kenyane de 46 ans et mère de quatre enfants
: « Mon mari est décédé en 1990.
(...) En 1994, j'ai eu un nouveau partenaire, mais il refusait
d'utiliser un préservatif. La relation n'a pas pu durer
ainsi. » Et pour une autre femme kenyane âgée
de 32 ans, quand un homme refuse d'employer le préservatif
« nous nous abstenons de sexe. »
Si une femme séropositive
veut éviter une grossesse, elle devrait considérer
une double méthode : le préservatif en prévention
anti-infectieuse et un autre contraceptif plus efficace dans
un but anticonceptionnel Certaines clientes croient à
tort qu'un bon contraceptif est aussi efficace contre la transmission
des IST ; il faut donc préciser aux femmes atteintes
du VIH quelles méthodes sont les mieux indiquées
contre la grossesse ou contre les maladies.14
En usage typique, diaphragmes
et capes cervicales sont associés à des taux
relativement élevés de grossesse. Pendant la
première année d'utilisation, ce taux est de
20 % avec le diaphragme. Pour les capes cervicales, il est
de 20 % chez les utilisatrices nullipares et de 40 % chez
celles ayant eu des enfants.15 Mais aucune restriction
médicale ne s'oppose à l'emploi de ces contraceptifs
chez les clientes infectées par le VIH.
Pour les clientes séropositives
ne souhaitant pas avoir d'enfant, la stérilisation
féminine est une bonne option. L'intervention devra
cependant être reportée si la cliente souffre
d'une maladie liée au sida. Par ailleurs, toutes les
méthodes hormonales sont recommandables chez ces clientes
(sous condition, toutefois, de leur appliquer les mêmes
critères cliniques qu'aux femmes séronégatives),
même en cas de sida.16 En prévention
des grossesses, les contraceptifs hormonaux sont en général
plus efficaces que les méthodes de barrière.
On peut cependant craindre que plus l'efficacité du
contraceptif adopté par une femme séropositive
sera grande, plus l'emploi du préservatif par ses partenaires
sexuels sera irrégulier.17 Il semble aussi
que les médicaments antirétroviraux puisse limiter
l'efficacité des contraceptifs oraux, ce qui oblige
l'adaptation de leur posologie ou la sélection d'une
autre méthode.18
Selon les lignes directrices
de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), l'emploi
d'un dispositif intra-utérin (DIU) est généralement
indésirable chez la femme infectée par le VIH
à cause du risque d'infection pelvienne et de pertes
sanguines accrues. Mais les résultats de récents
travaux conduits par FHI et l'université de Nairobi
suggèrent un possible emploi sans danger du DIU chez
certaines femmes séropositives ayant été
sélectionnées et ayant accès régulièrement
à des services médicaux.19 Toujours
selon l'OMS, le système intra-utérin au lévonorgestrel
est par contre utilisable par la plupart des femmes infectées
par le VIH.
La méthode de l'allaitement
maternel et de l'aménorrhée (MAMA) est une option
contraceptive temporaire utilisable pendant les six premiers
mois du post-partum, tant que la mère nourrit son enfant
exclusivement ou presque exclusivement au sein et tant que
ses règles ne reviennent pas. Mais les femmes séropositives
doivent savoir que ce type d'allaitement pose un risque de
contamination du bébé. Le risque moyen de transmission
du VIH par le lait maternel est d'au moins 16 %.20
D'après l'OMS, une mère séropositive
peut éliminer ce risque en utilisant des substituts
au lait maternel ou un lait d'origine animale traité,
ou encore du lait maternel tiré et bouilli.
Mais elle doit pour cela avoir
accès à une source suffisante, permanente et
hygiénique de lait de substitution. Si elle ne dispose
d'aucune source de cette qualité, la mère devrait
alors nourrir son enfant exclusivement au sein. Et en limitant
l'allaitement aux six premiers mois, on réduirait le
risque de transmission du VIH.21
-- Maureen
Kuyoh et Kim Best
Coordinatrice principale de
projets au bureau FHI de Nairobi, Maureen Kuyoh a conduit
pour cet article des entretiens avec des femmes infectées
par le VIH.
Notes
1 Le point sur l'épidémie de sida. Genève : Programme commun
des Nations Unies sur le VIH/SIDA, 2000.
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3 Feldman R, Maposhere C. Voices and choices: a participatory
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4 Atangana MJ. Sexual behavior of people living with HIV/AIDS
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Durban, South Africa, July 9-14, 2000.
5 Lutalo T, Kidugavu M, Wawer M, et al. Contraceptive use
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17 Díaz T, Schable B, Chu S, et al. Relationship between use
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21 De Cock KM, Fowler MG, Mercier E, et al. Prevention of
mother-to-child HIV transmission in resource-poor countries:
translating research into policy and practice. JAMA 2000;283(9):1175-82.
|
Le
counseling des femmes infectées par le VIH
|
|
Toute personne chargée
du counseling de femmes infectées ou présumées
infectées par le VIH devrait accepter leurs décisions
en matière de planification familiale, même
en cas de désaccord avec la cliente.1
Le prestataire pourra
par exemple penser qu'une contraception d'effet permanent
est la meilleure option pour une femme infectée.
Mais il ne faut pas que ces points de vue personnels
influencent son counseling. Le prestataire se doit d'adopter
une attitude neutre. Avec chaque cliente séropositive,
il devra aborder les points suivants :
- L'espérance
de vie de la femme porteuse du VIH.
- L'évolution
de l'infection sans doute non accélérée
par une grossesse, même chez les femmes ne bénéficiant
pas d'une thérapie antirétrovirale.2
- La possibilité
de transmission du VIH de la mère à
l'enfant, avec des taux de contamination pouvant dépasser
40 % dans certains pays en développement.3
- L'existence d'un
traitement préventif pouvant réduire
les risques de transmission du VIH à la naissance,
mais à co ût sans doute trop élevé
dans le contexte d'un pays en développement.
- Les conséquences
de la mise au monde d'un enfant infecté, en
examinant l'évolution de sa future maladie
et la probabilité d'une mort prématurée.
- Le soutien familial
ou social que peut éventuellement recevoir
la femme infectée. Comme, en l'absence de traitement,
l'infection conduira probablement à un sida
dont la cliente mourra, il faut lui demander si des
proches sont susceptibles de pouvoir élever
les enfants une fois leur mère disparue.
-- Kim
Best
Notes
- Chervenak FA, McCullough
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of HIV-infected women and newborns. Clin Obstet Gynecol
1996; 39(2):411-9.
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|
|
Fertilité
moindre chez les femmes séropositives
|
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On note chez les femmes
infectées par le VIH des taux de fécondité
inférieurs à ceux des femmes non infectées.
Plusieurs explications sont possibles.
Dans les pays industriels,
où les femmes tendent à connaître
leur état infectieux, il est possible que de
nombreuses femmes séropositives s'abstiennent
de relations sexuelles, adoptent une méthode
contraceptive ou recourent à l'IVG, pour éviter
de mettre au monde des enfants susceptibles de se retrouver
orphelins ou de tomber eux-mêmes malades et de
mourir.1 En Afrique subsaharienne, une région
dans laquelle, à l'inverse, les femmes ignorent
souvent leur état et où la contraception
comme l'avortement sont plutôt rares, les taux
de fertilité demeurent aussi moindres chez les
séropositives.2
Pour certains experts,
une infection par le VIH aurait un effet biologique
direct sur la conception et sur la grossesse. Mais il
est possible qu'une réduction de fertilité
en fait antérieure à la contamination
explique en grande partie la baisse relevée ensuite.3
Une étude menée en Ouganda avec 80 femmes
séropositives et 96 femmes séronégatives
a montré que de faibles taux de grossesse préalables
à une contamination par le VIH expliquaient presque
la moitié des cas de fertilité réduite
observés après l'infection.4
-- Kim
Best
Notes
- Stephenson JM, Griffioen
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AIDS 1999;13(15):2133-41.
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