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La
Légionellose (1ère partie)
Sommaire :
Introduction
Actualité
Articles
généraux
Organisme
Epidémiologie
Agent
causal
Réglementation
Introduction
La légionellose, plus
connue sous le nom de maladie des légionnaires,
est une infection à déclaration
obligatoire provoquée par un bacille du genre
Legionella pneumophila
qui sévit toute l'année avec un maximum en été.
Historique
Le nom de maladie des légionnaires a été
donné pour la première fois en 1976
lorsque 180 cas de légionelloses ont été
diagnostiqués parmis 4 500 participants à un
congrès de l'American Legion, à Philadelphie.
Cette bactérie a depuis souvent été associée
à des systèmes de conditionnement d'air mal
entretenus.
Formes de
légionellose
En réalité, il existe
deux formes de légionelloses :
- la maladie du légionnaire,
infection rare mais qui représente la forme la plus
sévère de la maladie
- la fièvre pontiaque,
maladie bénigne.
Dans ce dernier cas, le diagnostic de légionellose
est rarement porté et passe généralement
inaperçu car analogue à un syndrôme grippal
guérissant en 2 à 5 jours.
Nous traiterons dans ce dossier uniquement de la maladie du
légionnaire.
Epidémiologie
L'Institut de veille sanitaire
a recensé 440 cas de
légionellose en 1999 en France,
dont 59 mortels.
En 1998, avec
374 cas, l’incidence était de 0,63
cas pour 100 000 habitants. 60 % des cas ont été déclarés
entre juin et octobre, avec un pic au mois de juin correspondant
à 20 cas d’une épidémie à Paris .
Le nombre de cas déclarés a été multiplié par 1,8 par rapport
à 1997 (197
cas).
En
1995, le nombre de cas diagnostiqués en France
a été évalué à 530
cas mais le nombre réel de cas de légionelloses
est estimé entre 2000 et 3000 cas.
La surveillance de la légionellose
dans notre pays a véritablement
débuté en 1987 avec l'obligation de déclarer
la maladie.
Cette surveillance repose sur plusieurs systèmes complémentaires
:
- les médecins qui déclarent
la maladie aux médecins inspecteurs de la santé
publique de la DDASS (Direction
Départementale des Affaires Sanitaires et Sociale).
Depuis 1996, ce système est coordonné au niveau
national par le Réseau National
de Santé Publique
- le Centre National de Référence
(CNR) des Legionella qui dépend du ministère
chargé de la santé
- les Comités de lutte contre
les Infections Nosocomiales (CLIN), responsables de
la surveillance et de la prévention de infections nosocomiales
en milieu hospitalier.
Agent
infectieux
Les agents infectieux responsables
de la légionellose sont des bactéries
appartenant au genre Legionella qui comprend 39 espèces
et plus de 50 sérogroupes. Legionella est un
bacille Gram négatif.
La bactérie Legionella pneumophila est la bactérie
la plus représentée en pathologie humaine. Elle
fut identifiée en 1977 et a
permis de donner une réponse à la pneumonie
grave survenue lors du congrès de l'American Legion
à Philadelphie.
Elle fait partie du sérogroupe 1 (Lp1). Mais d'autres
espèces de bactéries ont été isolées.
Il s'agit de L. micdadei, L. bozemanii, L.
longbeachae, etc...
Réservoir
Le réservoir du germe responsable de la légionellose
est principalement hydrique. On trouve la bactérie
Legionella dans tous les milieux
aquatiques naturels ou artificiels.
Les principales sources
de contamination sont les circuits de
distribution d'eau chaude (installations sanitaires)
qui représentent la cause la plus fréquente
d'infection, les systèmes de climatisation, les tours
aéroréfrigérantes, les circuits de refroidissement
industriel, les eaux thermales, les bassins et fontaines.
La température optimale
de prolifération du bacille est de 37°C
ce qui explique que les systèmes mis le plus
souvent en cause dans la légionellose soient les installations
sanitaires comme les eaux chaudes qui alimentent les douches.
Transmission
L'homme s'infecte en inhalant un aérosol
d'eau contaminée (système de climatisation,
douche, nébuliseurs et humidificateurs d'appareils
respiratoires).
Le nombre de cas de légionelloses acquises
en milieu hospitalier représente prés de 20
% de l’ensemble des légionelloses.
Une enquête en région parisienne a montré que 70
% des équipements collectifs de distribution d’eau
chaude contenait des Légionelles.
Symptomatologie
La durée d'incubation
de la Legionella pneumophila est de 2
à 10 jours, plus généralement
d'une semaine.
La maladie
des légionnaires se traduit par un
état grippal avec de la fièvre, des céphalées,
des myalgies, une toux séche, des troubles digestifs.
L'évolution de la maladie peut aller jusqu'à
une insuffisance respiratoire,
une infection pulmonaire grave qui
entraîne le décès
dans un peu plus de 15 % des cas.
La létalité est plus importante chez les personnes
immunodéprimées et les personnes hospitalisées.
Les
facteurs de risque
de développer une légionellose
sont :
- l'âge (les personnes âgées sont plus
sensibles à la maladie)
- des dépendances au tabagisme,
à l'alcoolisme
- l'immuno-dépression
- le cancer, diabète, affections respiratoires chroniques...
Diagnostic
La radiographie pulmonaire permet
une analyse des infiltrats qui sont en général,
dans le cas de la maladie des légionnaires, mal limités,
hétérogènes. Cependant, ce n'est pas
toujours le cas.
Le meilleur moyen de confirmer
une légionellose est de pratiquer des
examens de laboratoire :
- Ils consistent en une mise en culture
des sécrétions bronchiques afin d'isoler
la souche de Legionella responsable de l'infection.
Les résultats de cet examen de référence
sont disponibles en 3 jours.
- D'autres techniques peuvent être utilisées.
C'est le cas notamment de l'immunofluorescence
directe et de la recherche d'antigènes
de Legionella pneumophila dans les urines des
patients.
- Des méthodes de diagnostic
sérologiques peuvent être appliquées
mais elles sont en général très longues.
En effet, l'augmentation significative des titres d'anticorps
mesurés par immunofluorescence indirecte peut durer
3 à 6 semaines.
- On pourrait prochainement utiliser la méthode
par amplification génomique (PCR).
Traitement
et prévention
Le traitement repose sur l'antibiothérapie
avec l'erythromycine et les fluoroquinolones.
Mais le meilleur traitement
reste encore la prévention : il est possible de réduire
les risques liés aux légionelles en assurant
un bon entretien des circuits et installations
d'eau, en particulier d'eau chaude.
Rédacteur : Elisabeth
Faure
Janvier 2000
Mise à jour janvier 2001 : Florence
Campagne
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