"Une allergie est une réaction anormale du corps à une ou
plusieurs substances qui, pour la majorité des gens, ne provoquent
aucun symptôme", indique Willy De Greef, de l'ALSS (Applied
Life Science Strategies), dans une récente interview sur le
sujet.
Des
procédures strictes
Même si l'allergie est, dans la plupart des cas, héréditaire,
on s'est demandé si, avec l'arrivée du génie génétique - qui
permet d'introduire de nouvelles protéines dans les plantes
- des protéines allergéniques pourraient être introduites
par inadvertance dans les plantes génétiquement modifiées.
Suite à ces interrogations, des procédures strictes, imposant
la mise en oeuvre d'études de sécurité ont fait l'objet de
recommandations de la part entre autres de l'OMS, de l'OCDE
et la FDA américaine. Alors que l'étude des allergies en tant
que problème de santé a fait des progrès fulgurants au cours
des vingt dernières années, on dispose maintenant de plusieurs
méthodes d'évaluation des nouveaux produits qui permettent
de déterminer si les plantes génétiquement modifiées ou d'autres
produits alimentaires contiennent des allergènes. Trois types
de tests rigoureux sont utilisés. Si une réaction positive
est mise en évidence, le développement de la plante génétiquement
modifiée est généralement suspendu. Cependant, si la plante
est commercialisée, il sera nécessaire d''étiqueter les aliments
issus de cette plante génétiquement modifiée, pour avertir
les consommateurs de la présence de l'allergène. Mais, comme
le constate M. De Greef, même si ces procédures contraignantes
ont été mises en place pour minimiser la possibilité de présence
de protéines allergéniques dans les plantes génétiquement
modifiées, "il est impossible de donner une garantie absolue
que personne ne deviendra allergique à un aliment donné".
Néanmoins, les tests sont, sans aucun doute, la méthode la
plus rigoureuse pour réduire le risque qu'une allergie inattendue
se déclenche du fait de plantes génétiquement modifiées ou
de nouveaux aliments.
Vers
une suppression des allergènes
"L'autre aspect", enchaîne M. De Greef, "c'est que puisque
le génie génétique peut être utilisé pour rajouter des protéines
bénéfiques à une plante, il pourrait aussi être utilisé pour
supprimer les protéines allergéniques dans la mesure où elles
n'ont pas un rôle essentiel dans la plante". "Il est improbable",
ajoute-t-il "que les allergènes aient une fonction vitale,
puisque la plupart sont des protéines de stockage, qui servent
de réserve de nourriture pour les graines en germination.
Par conséquent, cette nouvelle utilisation du génie génétique
va permettre de développer des versions alternatives, non
allergéniques, de certains aliments, au bénéfice des personnes
qui souffrent d'allergie".
Une compilation des bases de données sur les principales
protéines allergènes dans les récoltes est en cours de réalisation.
Il s'agit de la première étape de la création de variétés
sans allergènes. GenBank, EMBL, PIR et SwissProt en sont des
exemples. L'étape suivante consistera à identifier, puis à
isoler le code génétique d'une protéine allergénique spécifique,
et à mettre en place un système qui évite la production de
cette protéine.
Le projet le plus avancé de ce type est en cours de réalisation
au Japon où, dit M. De Greef, les scientifiques "sont très
avancés dans la mise au point de riz génétiquement modifié,
dépourvu de ses principaux allergènes". Ce nouveau riz apportera
un soulagement considérable à certaines personnes en Asie
du Sud Est, qui souffrent actuellement d'allergie à ce produit
de base de leur alimentation.
Pour toute information supplémentaire : Willy De Greef,
ALSS
"EUFIC, Le Conseil Européen de l'Information Alimentaire",
Juint 1998