Les
troubles psychiatriques ainsi que l'arriération mentale
peuvent influencer les choix en matière de contraception.
Pour prodiguer
des services de qualité en matière de santé reproductive aux
personnes ayant une maladie mentale ou des déficits intellectuels,
il convient d'examiner soigneusement plusieurs facteurs, à
savoir : la nature de la maladie ou de l'incapacité, le milieu
de vie de la personne, son niveau de fonctionnement et le
degré auquel elle comprend les conséquences des décisions
relatives à la contraception.
De surcroît,
les prestataires doivent tenir compte des éléments suivants
: le niveau d'activité sexuelle de la personne ; le risque
de violences sexuelles qu'elle court ; la possibilité que
la grossesse exacerbe un déséquilibre mental ; le degré auquel
on peut prodiguer à cette personne un counseling approprié
et sa capacité de respecter divers régimes contraceptifs ;
et, au cas où le type de contraception envisagée présente
un caractère permanent, si elle est capable de comprendre
pleinement à quoi elle s'engage et d'y consentir librement.
Les
handicaps relationnels
Voici
quelques questions associées à la fourniture de méthodes contraceptives
à des personnes ayant des troubles psychiatriques:
Les
contraceptifs oraux (CO) combinés --
Cette méthode peut convenir aux patientes placées en institut
qui ont l'habitude de suivre des traitements à long terme,
parce qu'elles prendront probablement régulièrement la pilule.
En revanche, les CO ne conviennent sans doute pas aux personnes
traitées en hôpital de jour, aux femmes sans domicile fixe
et aux toxicomanes, parce qu'elles ne sont probablement pas
capables de s'astreindre à ce geste jour après jour.
Il faut
tenir compte de la façon dont les composants hormonaux des
CO pourraient affecter les troubles mentaux aussi bien que
des éventuelles interactions médicamenteuses. La recherche
a abouti à des résultats contradictoires, mais certains faits
observés indiquent que les CO peuvent provoquer un état dépressif
dans de rares cas.1 Par conséquent, cette méthode
n'est pas recommandée aux patientes qui souffrent de dépression
profonde. Mais il semblerait que l'oestrogène présent dans
les CO puisse atténuer les symptômes psychotiques (hallucinations
ou délusions, par exemple) des femmes schizophrènes ou accroître
l'efficacité du traitement qu'elles suivent.2
Les CO
ne sont pas recommandés aux femmes qui prennent du diazépam
et d'autres benzodiazépines, car les CO accroissent la concentration
sanguine de ces tranquillisants légers. Toutefois, comme les
phénothiazines ou les antidépresseurs tricycliques pourraient
réduire le taux d'oestrogène ou de progestérone, les CO pourraient
se révéler bénéfiques pour les femmes qui prennent ces médicaments,
susceptibles d'inverser les effets de la carence d'oestrogène
(ostéoporose, sécheresse vaginale ou dyslipidémie) ou de progestatif
(hyperplasie de l'endomètre).3 Enfin, les prestataires
devraient garder à l'esprit que les médicaments anticonvulsivants,
tels la phénytoïne, la carbamazépine et le phénobarbital,
accélèrent peut-être le métabolisme des stéroïdiens contraceptifs,
d'où un risque accru d'échec de la contraception.
Les
méthodes progestatives --
Les contraceptifs progestatifs peuvent entraîner des saignements
vaginaux irréguliers, ce qui inquiète certaines femmes souffrant
de troubles mentaux qui peuvent y voir un signe de mauvaise
santé. "Beaucoup de femmes mentalement perturbées expriment
une crainte réelle de leur sang menstruel et elles deviennent
très nerveuses quand elles se mettent à saigner", explique
Lucy Wong-Hernández, directrice exécutive de l'Organisation
mondiale des personnes handicapées (OMPH) basée au Canada.
"Elles se sentent souvent sales et éprouvent de la gêne. Dans
de nombreuses régions du monde où les produits d'hygiène féminine
ne sont pas disponibles et où les femmes craignent que tout
le monde sache qu'elles ont leurs règles, elles ont tendance
à se cacher jusqu'à ce que les saignements cessent parce qu'elles
ont honte."
Les implants
Norplant, qui contiennent seulement un progestatif, et les
contraceptifs injectables à progestatif ont ceci de pratique,
que la question de l'adhésion du client à la méthode ne se
pose pas. Malgré le peu de preuves dont on dispose qui établissent
un lien causal entre les progestatifs et les troubles de l'humeur,4
la prudence est de rigueur quand on envisage le recours
aux méthodes progestatives à longue durée d'action car il
n'est pas facile de les retirer sur-le-champ ou d'en éliminer
les effets.
Les
dispositifs intra-utérins (DIU) --
Ces dispositifs, qui ne nécessitent pas d'effort de la part
des clients pour adhérer à la méthode, ne sont pas recommandées
aux femmes qui ont des partenaires multiples ou dont le partenaire
court un risque élevé de contracter une maladie sexuellement
transmissible (MST), puisque la femme se trouverait elle-même
exposée à un haut risque d'infection. L'utilisation du DIU
par une femme atteinte d'une MST accroît son risque de maladie
inflammatoire pelvienne, elle-même cause possible d'infertilité,
de douleurs abdominales chroniques et de complications éventuellement
mortelles, grossesse extra-utérine ou abcès pelvien par exemple.
Les
méthodes de barrière --
Il faut
encourager l'utilisation des préservatifs et en distribuer
à chaque fois que c'est possible à titre de protection contre
les MST. On pourrait croire que les patients placés en institut
sont moins susceptibles de contracter une MST ; en fait, certains
malades mentaux -- y compris ceux qui sont internés -- ont
une vie sexuelle plus active que le grand public.5
La
grossesse
La grossesse
entraîne des changements physiologiques et psychologiques
importants qui pourraient exacerber les troubles mentaux,
comme certaines études le donnent à penser.6
Des études
faites dans des pays industrialisés portent en effet à croire
que les femmes ayant des antécédents de déséquilibres mentaux
courent un risque accru de troubles psychiatriques pendant
le post-partum, et particulièrement de dépression. Des résultats
analogues ont été obtenus dans les Emirats arabes unis.7
Les hommes eux-mêmes peuvent présenter des symptômes de la
dépression après la naissance d'un enfant.8 Dans
les pays en développement comme dans les régions industrialisées
du monde, la dépression est le facteur principal de la "charge
de morbidité" parmi les femmes, c'est-à-dire de la prématurité
des décès ou de la réduction de la durée de vie valide résultant
des incapacités induites par une maladie.9
Les enfants
nouveau-nés dont le père ou la mère souffrent de troubles
mentaux non traités forment peut-être un groupe à risque pour
un certain nombre de raisons. Leurs parents peuvent avoir
des difficultés à satisfaire les besoins, matériels ou affectifs,
de leurs enfants. En outre, la dépression maternelle a été
associée à la présence de troubles du comportement ou du sommeil
chez le nouveau-né et l'enfant,10 peut-être du
fait de leur exposition à un déséquilibre biochimique de la
mère pendant la période prénatale.
Les femmes
schizophrènes ont un taux élevé de grossesse accidentelle
et de complications obstétricales, et elles sont particulièrement
vulnérables à l'exacerbation de leur maladie pendant le post-partum.
Il arrive souvent qu'on leur retire la garde de leur enfant
; lorsque ce n'est pas le cas, elles peuvent avoir du mal
à répondre aux besoins de leurs enfants.11
De surcroît,
les femmes atteintes de troubles mentaux sont peut-être plus
susceptibles que les autres de faire une consommation excessive
d'alcool ou d'autres drogues pendant la grossesse, ce qui
fait du tort à leur foetus. Enfin, les médicaments antipsychotiques
prescrits dans le traitement des troubles mentaux peuvent
avoir des effets nocifs sur le développement du foetus. Bien
que les avantages puissent l'emporter sur les inconvénients
même pendant la grossesse, par exemple dans le cas du traitement
d'une maladie à forme bipolaire, le lithium peut traverser
le placenta et avoir des effets tératogéniques et toxiques.12
En dépit
de ces risques, les conséquences des troubles psychiatriques
sur la santé de la reproduction restent souvent méconnues,
et ce pour deux raisons principales.
Premièrement,
les troubles psychiatriques, telle la dépression, ne sont
pas nécessairement identifiés. "Dans certaines cultures, où
la première priorité de nombreuses femmes est le bien-être
du mari et des enfants, la femme peut hésiter à s'avouer qu'elle
a des besoins sur le plan émotionnel à moins que ceux-ci ne
commencent à l'empêcher de prendre soin de sa famille", explique
Cindy Waszak, chercheur de FHI qui a étudié les questions
liées à la santé reproductive des femmes en Egypte, au Vietnam
et au Kenya. "Elle peut hésiter à décrire le degré auquel
elle se sent déprimée, voire être incapable de le faire. Son
désarroi mental peut alors se manifester sous la forme de
symptômes physiques mystérieux, vertiges ou fatigue par exemple."
"Dans
le monde en développement, divers troubles psychiatriques
sont rarement diagnostiqués chez les femmes qui en souffrent,
et il est même rare que celles-ci fassent l'objet d'un bilan
clinique", renchérit L. Wong-Hernández, de l'OMPH qui a des
bureaux dans huit pays. "Il arrive souvent que ces femmes
entrent en conflit avec des membres de leur famille et que
ceux-ci les jettent à la porte; elles deviennent alors des
colporteuses ou des mendiantes. Personne ne les emmène au
dispensaire pour leur faire passer une évaluation."
A la Jamaïque,
indique Ransford Wright, secrétaire exécutif du Conseil jamaïcain
des personnes handicapées, le Conseil national de la planification
familiale s'efforce de mettre la contraception à la portée
de tout le monde, même des personnes handicapées. "En général,
explique-t-il, les personnes ayant une incapacité mentale
ou physique sont conscientes de leur sexualité et de leurs
besoins en matière de santé de la reproduction. Des auxiliaires
sanitaires font du porte-à-porte pour tenter de répondre aux
besoins de tout le monde. Malgré tout, il y a des gens qu'on
n'arrive pas à contacter, y compris des sans domicile fixe
qui sont atteints de troubles psychiatriques."
Même lorsqu'un
trouble psychiatrique est diagnostiqué, les agents de santé
ne se rendent souvent pas compte que le patient peut être
sexuellement actif, avoir besoin de contraception et être
capable de maîtriser l'utilisation de contraceptifs, que ce
soit pour se prémunir contre les MST ou pour prévenir la grossesse.
Selon
une étude faite aux Etats-Unis, environ la moitié de 178 patients
atteints d'une maladie mentale grave ont déclaré avoir eu
des rapports sexuels dans les six mois précédents; mais plus
de la moitié de ces patients sexuellement actifs n'avaient
jamais utilisé de préservatifs. S'agissant des patients sexuellement
actifs pour lesquels on dispose de données, près de la moitié
avaient eu des partenaires multiples, environ le tiers avaient
pris de la drogue pendant les rapports et environ le tiers
avaient eu des relations sexuelles pour obtenir en contrepartie
de la drogue, de l'argent ou d'autres biens.13
Aux Etats-Unis,
les hommes souffrant de troubles mentaux chroniques et qui
étaient suivis en consultation externe dans un établissement
de soins psychiatriques couraient un risque important de concevoir
un enfant non intentionnellement et de contracter des maladies
sexuellement transmissibles. La plupart des trente-cinq patients
ayant fait l'objet de l'étude avaient eu un enfant, mais 60
pour cent des enfants de moins de 16 ans n'étaient pas élevés
par leur père biologique. Quarante et un pour cent des patients
qui avaient eu des rapports sexuels au cours de l'année précédente
et qui ne voulaient pas avoir d'enfant ont déclaré ne pas
avoir utilisé de contraceptifs, et leur partenaire non plus,
lors de leur dernier rapport sexuel.14 Une nouvelle
étude effectuée en Nouvelle-Zélande auprès de deux groupes
de 92 hommes chacun, l'un rassemblant des malades mentaux
suivis en consultation externe et l'autre réunissant des hommes
dépourvus de problèmes psychiatriques, a fait des observations
similaires: le tiers des malades mentaux qui ne voulaient
pas avoir d'enfants ont déclaré qu'ils n'avaient pas eu recours
à la contraception lors de leur dernier rapport (même pourcentage
que parmi les hommes normaux), et les personnes malades étaient
beaucoup plus susceptibles d'avoir renoncé à la garde d'enfants
de moins de 16 ans que les hommes sans problèmes psychiatriques.15
Dans la
mesure du possible, les prestataires devraient permettre aux
individus ayant un handicap relationnel d'assumer la responsabilité
de leur vie sexuelle, y compris en ce qui concerne la décision
d'avoir un enfant. C'est un sujet qui peut être compliqué
et prendre du temps. Souvent, il ne suffit pas de fournir
une information sur la contraception.
Les femmes
qui sont déprimées, anxieuses ou qui souffrent de troubles
de l'organisation de la pensée ne sont peut-être pas capables
d'utiliser certaines méthodes contraceptives de manière fiable,
CO et préservatifs notamment. On se heurte aussi à des difficultés
quand on tente de prodiguer des contraceptifs aux femmes sans
domicile fixe qui souffrent de troubles mentaux. Ces femmes
ont tendance à se droguer et à courir un risque élevé de maladies
sexuellement transmissibles, parce que leur santé reproductive
est le cadet de leurs soucis par rapport à la lutte qu'elles
doivent mener rien que pour survivre dans la rue. Elles vont
rarement consulter un médecin, risquent d'être traitées de
façon discriminatoire quand elles se rendent dans un dispensaire,
ne possèdent pas les techniques de négociation nécessaires
pour amener leurs partenaires à utiliser un préservatif et
il est difficile de répondre à leurs besoins.
L'arriération
mentale
Les hommes
et les femmes qui sont arriérés mentaux profonds sont rarement
sexuellement actifs. Toutefois, la plupart des personnes ayant
des déficits mentaux légers ont autant envie d'avoir des relations
de couples que l'ensemble du grand public. En outre, leur
fertilité n'est généralement pas compromise.16
Il est
particulièrement important de répondre aux besoins de contraception
des femmes atteintes de déficits intellectuels légers parce
qu'elles pourraient courir un risque accru d'exploitation
sexuelle.17 En outre, il faut mettre en place un
counseling approprié et apprendre à ces femmes à faire valoir
leur point de vue pour éviter les situations où elles pourraient
être exploitées.
Le counseling
qui est dispensé aux personnes handicapées mentales en matière
de contraception est d'autant plus efficace qu'il est adapté
à la situation particulière de l'individu, que les informations
sont répétées avec patience et compréhension au fil du temps
et qu'il fait appel à un matériel éducatif concret. Le suivi,
la participation des partenaires sexuels et la prise de conscience
des besoins de ces individus par des agents des services de
santé mentale peuvent améliorer l'adhésion des clients à la
méthode contraceptive en question.18
Les questions
associées à la fourniture de diverses méthodes contraceptives
aux personnes atteintes de déficits intellectuels regroupent
les suivantes:
Les
contraceptifs oraux --
L'un
des inconvénients des CO, c'est que beaucoup de personnes
handicapées mentales n'arrivent pas à avaler des comprimés.
En outre, il convient de superviser étroitement la prise de
ces pilules et d'évaluer le risque d'interaction médicamenteuse.
Cela dit, cette méthode donne souvent de bons résultats et
elle présente l'avantage de réduire le flux menstruel des
femmes dont l'hygiène pourrait être un problème.
Les
contraceptifs injectables --
L'utilisation
à long terme des contraceptifs injectables aux progestatifs-seuls
entraîne souvent l'aménorrhée, ce qui peut être un avantage
sur le plan de l'hygiène féminine. Les contraceptifs injectables
mensuels qui associent un oestrogène et un progestatif régularisent
le cycle de la femme. Ces deux types de contraceptifs injectables
peuvent convenir, selon les besoins et désirs uniques de la
femme. Des chercheurs américains qui ont établi une clinique
pilote pour répondre aux besoins de 37 femmes handicapées
mentales en matière de contraception ont constaté que les
menstruations même normales pouvaient poser de gros problèmes
sur le plan de l'hygiène. Mais cinq de ces femmes voyaient
dans leur cycle menstruel un phénomène normal qu'elle désirait.19
Les
DIU --
Les DIU ne sont généralement pas recommandés aux personnes
ayant des déficits intellectuels parce qu'elles pourraient
ne pas être en mesure de signaler la présence de complications
médicales douloureuses ou gênantes, au cas où elles se produiraient.
Les
méthodes de barrière --
A moins
que les personnes handicapées mentales ne possèdent un haut
degré d'initiative, de compréhension et de dextérité manuelle,
ces méthodes ne sont généralement pas fiables.
La
stérilisation --
Personne ne devrait être stérilisé sans avoir préalablement
donné son consentement, qui doit reposer sur la pleine compréhension
de la procédure. La plupart des hommes et des femmes atteints
d'arriération mentale sont capables de comprendre la signification
de la stérilisation et, s'ils sont stérilisés contre leur
volonté, ils peuvent subir des conséquences psychologiques
graves. Dans cette population, toute intervention gynécologique
chirurgicale comporte des risques médicaux, notamment la pneumonie
par aspiration et un taux plus élevé d'infections consécutif
à l'existence de troubles sous-jacents.20
Une étude
effectuée en Inde auprès de 60 femmes atteintes d'arriération
sévère et qui avaient des difficultés sur le plan de l'hygiène
au moment des règles a démontré que l'hystérectomie vaginale
avait amélioré la qualité de la vie de ces femmes et de leur
famille. "Les pays industrialisés peuvent s'offrir le luxe
d'assurer des services particuliers de santé reproductive
à ces femmes, mais dans les pays en développement, comme en
Inde, ces services ne sont pas disponibles", notent les auteurs
de l'étude. Au vu de la sévérité de l'arriération mentale
des personnes visées dans l'étude, ce sont les parents qui
ont donné leur consentement à l'hystérectomie.21
Le degré
auquel les personnes arriérées mentales sont capables d'assumer
leur sexualité dépend en grande partie de la nature et de
l'étendue de leur incapacité, des services de traitement dont
elles bénéficient et du milieu dans lequel elles vivent. Cela
dit, les services de santé de la reproduction qui sont prodigués
aux femmes et aux hommes souffrant de maladies mentales ou
de déficits intellectuels ne doivent jamais revêtir un caractère
coercitif.
En particulier
dans le cas de la contraception à long terme ou permanente
(implants, DIU ou stérilisation), les prestataires doivent
savoir qu'ils ont l'obligation juridique d'obtenir un consentement
éclairé, ce qui signifie notamment qu'ils doivent expliquer
les avantages et les risques de la méthode, suggérer des options
et déterminer si la personne est suffisamment compétente pour
comprendre les informations présentées.
-- Kim Best
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