Equation Nutrition N° 23 / avril 2002

Spécial Ostéoporose

Edito

Prévention de l’ostéoporose : y a un os…

Tout le monde est d’accord : l’ostéoporose est un VRAI problème de santé publique. Au point qu’il y a quelques mois, à Bruxelles, le groupe d’intérêt du Parlement Européen a lancé, main dans la main avec la Fondation Internationale pour l’Ostéoporose (IOF), un appel à l’action de tous les états membres. Autorités sanitaires nationales, compagnies d’assurance maladie… toutes doivent se mobiliser pour prévenir, non seulement les dépenses, mais aussi les souffrances humaines, liées aux fractures. Première nécessité : favoriser l’accès au dépistage, en particulier à la densitométrie osseuse, qui n’est, pour l’heure, toujours pas remboursée. Obtenir que cet examen essentiel le soit enfin, ne serait qu’un premier pas. Dépister c’est très bien, encore faut il pouvoir traiter les patientes avant qu’elles ne se cassent ! Les traitements médicaux, pourtant éprouvés, ne sont, eux non plus, pas remboursés avant que… ne se produise la première fracture.
Il y a donc matière à favoriser les rencontres entre décideurs politiques et experts scientifiques pour améliorer le sort du squelette de nos populations vieillissantes… Mais… Si la nécessité d’une prévention fait l’unanimité, les moyens à mettre en œuvre sont plus discutés… Car l’ostéoporose est une maladie systémique et ses déterminants sont multifactoriels. La génétique, bien sûr, le sexe, le mode de vie, c’est-à-dire l’exercice physique, le tabagisme, et les facteurs nutritionnels, en sont les grands déterminants. Les rôles du calcium ou du magnésium, de la vitamine D et des protéines, sont largement reconnus et diffusés par les médecins et les médias. Les effets protecteurs osseux d’autres facteurs nutritionnels, comme les fruits et les légumes, le sont moins. ça tombe bien ! Ce nouveau numéro d’Equation Nutrition va vous ouvrir les portes de nouvelles notions, qui, soyons en sûr, feront reparler d’elles dans les années qui viennent.
Dr Thierry Gibault

Santé news

Il faut de tout, pour faire un os

Pr Jean-Michel RISTORI
Service Rhumatologie - SHE Hôpital Gabriel Montpied - Clermont-Ferrand

Dès que l'on parle de nutrition et de squelette, il n'est pas besoin de beaucoup d'explications pour envisager le rôle principal du calcium. Cette évidence a longtemps occulté le fait que l'os est un tissu au même titre que les autres et que son métabolisme nécessite, en dehors des apports calciques, d'autres éléments.

Des candidats potentiels
La pérennisation de l'espèce humaine s'est faite dans le cadre d'une alimentation fournie par la chasse et la cueillette (1). Ces conditions nutritionnelles sont nettement éloignées de celles des populations occidentales actuelles qui sont sans doute responsables de l'apparition de maladies de civilisation. Rechercher les éléments qui assurent le bon fonctionnement du tissu osseux repose a priori sur deux questions : l'une théorique pour reconnaître les éléments nécessaires au tissu osseux et l'autre pratique, pour rechercher les aliments qui les contiennent.
En dehors de l’apport calcique, dont le rôle majeur est bien connu, les autres candidats potentiels de la “bonne santé” de l’os sont : le potassium (+/- le magnésium), les protéines et l'équilibre acido-basique.
Potassium : un effet positif sur la balance calcique
L'apport de potassium réduit l'excrétion urinaire de calcium et positive la balance calcique. Or une réduction de l'excrétion urinaire du calcium peut avoir un effet d'épargne du calcium squelettique par le biais de la régulation calcique. Une étude transversale (2), portant sur 994 femmes de 45 à 49 ans, valide cette hypothèse, en montrant que l'augmentation de la densité minérale est corrélée à l’apport potassique. Cette augmentation de la densité osseuse est liée aussi à la réduction des marqueurs de la résorption osseuse. L’effet positif du potassium sur la balance calcique semble se faire indépendamment de l'apport sodé et de la régulation acido-basique (3). En terme de masse osseuse, les apports de potassium et de magnésium sont significativement corrélés à une augmentation de la masse osseuse, qu'ils soient pris ensemble ou de façon isolée. Cependant cette corrélation entre masse osseuse et apport potassique et magnésien n'a trouvé de signification que chez les hommes. L’importance du gain osseux apporté par le magnésium est sans doute limitée.

Un élément déterminant : la nature des protéines
L’apport alimentaire en protéines pose problème, car en fonction des conditions expérimentales, il existe des preuves contradictoires de son action sur le métabolisme de l’os.
Si nous savons depuis longtemps que l'augmentation de la ration protéique entraîne une augmentation de l'excrétion urinaire du calcium, certaines études transversales récentes montrent un effet favorable de l'apport en protéines, dans les suites ou la prévention d'une fracture du col du fémur. Les conditions expérimentales de ces essais (enquête longitudinale, essai contrôlé interventionnel) rendent difficiles les comparaisons. L'étude de D. Sellmeyer (4), s’appuyant sur une cohorte de femmes de plus de 65 ans, montre qu’un apport protéique d’origine animale important est corrélé à une perte osseuse plus rapide et à un risque fracturaire plus élevé, par rapport aux femmes ayant un ratio protéines animales/protéines végétales plus bas. Hannan (5), dans les mêmes conditions expérimentales, trouve une relation inverse : les plus faibles apports protéiques sont corrélés aux pertes osseuses les plus importantes. Dans cette étude cependant, l’apport protéique évalué était essentiellement d’origine animale et la nature de l’apport protéique apparaît donc comme un élément déterminant pour les études ultérieures.

Equilibre acido basique et calciurie
L’action différente des protéines animales et végétales sur l’os pourrait s’expliquer par leur action sur l'équilibre acido-basique. Les protéines animales apportent une charge acide alors que les protéines végétales fournissent une charge alcaline. Les modifications de la balance acido-basique modulant, en retour, la calciurie. Les différentes études, épidémiologiques ou prospectives, doivent tenir compte aussi de la teneur en calcium car il a souvent été montré que l'apport calcique était élevé chez les sujets ayant un apport protéïque important, gênant la relation de causalité que l'on pourrait en déduire.

Que mangent les vaches ?
Potassium, magnésium et protéines influencent donc chacun la qualité de l'os. Si tout n’est pas prouvé, il existe des arguments convaincants de leur activité. Potassium, magnésium, apport protéique et diminution de la charge acide relèvent d’un apport abondant en fruits et en légumes. Les essais nutritionnels d’intervention semblent répondre de façon positive à ces hypothèses en prouvant un lien entre la masse osseuse et un régime riche en fruits et légumes (6,7). Si ces études mettent en évidence l'efficacité de cet apport nutritionnel pour augmenter la masse osseuse, elles ne permettent pas d'évaluer l'importance de la modification. Cependant, ces essais ont la vertu de remettre le tissu osseux au même niveau que les autres tissus. Ils pointent du doigt la nécessité de promouvoir une alimentation variée, que la spécificité calcique de l'os aurait tendance à faire oublier. Favorisée à l’excès, la consommation de laitages et dérivés, s'ils saturent les besoins en calcium, sont la source d'autres déséquilibres. Mais cela est une évidence : les vaches ne boivent pas de lait.

D’après
1) Cordain L,Brand-Miller J,Boyd Eaton S, Mann N, Holt SH, Speth JD Plant-animal subsistence ratios and macronutrient energy estimations in worldwide hunter-gatherer diets. Am J Clin Nutr 2000 ;71 :682-92
2) New SA, Bolton-Smith C, Grubb DA, Reid DM. Nutritional influences on bone mineral density: a cross-sectional study in premauposal women. Am J Clin Nutr 1997; 65 :183-9 3) Sebastian A, Harris ST, Ottaway JH, Todd KM, Morris Rc. Improved balance and skeletal metabolism in post menopausal women treated with potassium bicarbonate. N Engl J Med 1994; 330 :1776-81
4) Sellmeyer DE, Stone KL, Sebastian A, Cummings SR. A high ratio of dietary animal to vegetable protein increases the rate of bone loss and the risk of fracture in postmenopausal women. Am J Clin Nutr 2001; 73 :118-22
5) Hannan MT, Tucker KL, Dawson-Hugues B, Cupples LA, Felson DT, Kiel DP. Effect of dietary protein on bone loss in elderly men and women. The Framingham Study. J Bone Miner Res 2000;15:2504-12
6) Tucker KL, Hannan MT, Chen H, Cupples A, Wilson P, Kiel DP. Potassium, magnesium, and fruit and vegetable intakes are associated with greater bone mineral density in elderly men and women. Am J Clin Nutr 1999; 69 :727-36
7) New SA, Robins SP, Campbell MK, Martin JC, Garton MJ, Bolton-Smith C, Grubb DA, Lee SJ, Reid DM. Dietary influences on bone metabolism further evidence of a positive link between fruit and vegetable consumption and bone health? Am J Clin Nutr 2000; 71 :142-51

Zoom

Os et cœur : même combat !

Que les fractures du col du fémur posent un vaste problème de santé publique dans nos sociétés vieillissantes, personne n’en doute…Jusqu’à présent, les efforts de prévention se sont tellement focalisés sur l’augmentation des apports alimentaires en calcium, qu’il est devenu difficile,
en pratique, d’atteindre les quantités recommandées. Et si d’autres facteurs intervenaient ?

Quand l’offre en calcium crée le besoin
On peut définir les besoins en calcium d’un individu par la quantité de calcium permettant d’atteindre un équilibre entre les entrées (apports) et les sorties (excrétions). A ce stade il n’y a ni perte ni gain. L’organisme peut cependant s’adapter à des variations d’apports. Pour le calcium, cela peut prendre du temps, des semaines, voire des mois… En tenant compte de cette capacité d’adaptation, la quantité de calcium nécessaire pour équilibrer le bilan calcique d’un individu est tout simplement représentée par… la quantité de calcium qu’il consomme !
Dans le monde, de nombreuses populations ont des apports calciques largement en dessous des standards occidentaux. Et elles ne s’en portent pas plus mal : leur bilan calcique est simplement équilibré à des niveaux d’apports plus faibles. A l’inverse, dans les pays où l’on consomme de grandes quantités de calcium, il faut de plus grands apports de calcium pour équilibrer son bilan. Question d’adaptation. Autrement dit, à force d’encourager les populations à consommer toujours plus de calcium, on ne fait qu’augmenter "à perte de vue " leurs besoins, déterminés par la balance calcique.

Des résultats peu probants
Les études de populations, réalisées un peu partout dans le monde, n’ont pas pu prouver qu’une consommation élevée de calcium protégeait contre les fractures… On peut s’interroger, bien sûr, sur la fiabilité de l’estimation des quantités consommées… Il faut aussi tenir compte de nombreux autres facteurs de prédisposition à l’ostéoporose, comme la génétique, qui peuvent fausser les résultats de telles enquêtes. Dans une population peu sensible à l’ostéoporose, vouloir établir une relation entre consommation de calcium et fractures peut être hasardeux. Les apports calciques rapportés par des individus peu sensibles ne permettent pas de déterminer si des apports élevés sont bénéfiques pour ceux qui pourrait présenter une ostéoporose…Enfin, les recommandations de longue date, visant à augmenter les apports en calcium n’ont eu, pour l’heure, que peu ou pas d’effet, sur la prévalence des fractures ostéoporotiques aux Etats Unis…
Les études de supplémentation calcique semblent plus prometteuses. Un bon nombre d’entre elles – mais pas toutes - ont montré que les suppléments calciques augmentaient, modestement, la minéralisation de l’os et pouvaient avoir des effets bénéfiques. Savoir si cela diminue les risques de fractures, reste une question non résolue. En effet, dans la plupart des ces études, la vitamine D a été administrée conjointement au calcium. Et l’on sait qu’à elle seule, elle est capable d’inhiber la perte osseuse chez des femmes ménopausées…

Un scepticisme partagé
On comprend mieux finalement pourquoi, depuis quelques années, certains expriment leurs doutes sur l’utilité d’apports calciques élevés pour la prévention ou le traitement de l’ostéoporose. Des auteurs comme Kanis en sont arrivés à la conclusion que, par manque d’étude contrôlée, il n’y avait aucune preuve suffisante pour justifier l’augmentation des apports calciques dans les populations ménopausées ou âgées, et que, si les suppléments calciques diminuent la perte osseuse dans les études à court terme, rien ne prouve que cet effet se prolonge à long terme…
De par le monde, beaucoup d’éléments remettent en cause la relation entre apports en calcium et risques de fracture. Une bonne partie de la population mondiale consomme une alimentation pauvre en calcium. Même s’il peut être difficile de l’estimer avec précision, il est évident que ces populations n’ont pas une prévalence de fractures aussi importante qu’on pourrait attendre en comparaison des besoins calciques tels qu’on les définit. Les Japonaises par exemple, sont à la fois moins déminéralisées et se cassent moins les os que les femmes américaines. Preuve, qu’en dehors de l’apport en calcium et de la densité minérale osseuse, bien d’autres facteurs interviennent dans la sensibilité aux fractures.

Contre le cholestérol et l’ostéoporose ?
Saviez vous que les statines, qui sont des inhibiteurs de l’HMG CoA réductase, favorisent également la formation osseuse et réduisent le risque fracturaire, même au bout de quelques semaines de traitement. Que les mêmes médicaments puissent prévenir à la fois la maladie coronaire et l’ostéoporose, n’est peut être pas sans rapport avec l’étroite corrélation existant entre ces deux pathologies. Des pays comme les USA, le Canada et l’Europe du Nord, nourris à la " Western diet ", ont une prévalence élevée de maladie coronarienne et de fractures…
Et si des facteurs alimentaires cachés étaient en cause ? On s’est beaucoup intéressé, jusqu’à présent, aux relations entre alimentation et maladies coronariennes… Pas assez sans doute à celles avec l’ostéoporose !
Pourtant, des régimes athérogènes, riches en graisses, réduisent la minéralisation osseuse chez la souris…(même si une alimentation riche en lipides est obligatoirement pauvre en certains autres composés).
Autre caractéristique de l’alimentation occidentale : sa richesse en protéines animales. On retrouve une corrélation entre la consommation des protéines et le taux de fractures. L’acidurie, causée par de tels régimes, provoque une fuite urinaire de calcium. Or, un nombre considérable de résultats indique aujourd’hui qu’une forte consommation de fruits et de légumes protège contre les fractures osseuses. Le potassium, dont les suppléments favorisent la formation osseuse, pourrait être une explication de cet effet protecteur des fruits et des légumes…
Ainsi, les mêmes pratiques alimentaires semblent aussi utiles pour protéger le cœur que les os, de même que certains médicaments comme les statines. Ces données permettront peut-être un jour de répondre à une vieille question, toujours d’actualité : "Pourquoi les populations qui consomment peu de calcium ont moins de fractures que celles qui en consomment beaucoup"…

Dr Thierry Gibault

D’après
Fractures, calcium and the modern diet, Hegsted D.M., Am J Clin Nutr 2001 ; 75 : 571-3

Actualité scientifique

Pourquoi et comment les fruits et les légumes préservent la qualité de notre squelette ?

Dr Véronique Coxam
Groupe Ostéoporose - INRA - CLERMONT FERRAND/THEIX

Jusqu’à présent, fruits et légumes étaient exclus des recommandations nutritionnelles pour la prévention de l’ostéoporose. Principales raisons : leur teneur modeste en calcium et une littérature centrée sur l’effet peu favorable des phytates et oxalates sur la biodisponibilité minérale. Néanmoins, si la contribution des végétaux à la fourniture des apports conseillés en calcium reste secondaire par rapport aux produits laitiers, leur impact sur la régulation des pertes calciques leur confère un rôle non négligeable dans la prise en charge nutritionnelle de l’ostéoporose.

Des preuves épidémiologiques
A la base, cette hypothèse est étayée par les enquêtes écologiques. Elles recensent, au niveau européen, une distribution géographique marquée des fractures de la hanche, avec une moindre incidence dans les pays du pourtour méditerranéen (1) dont les végétaux constituent la base de l’alimentation. En parallèle, les études épidémiologiques (2,3) et les données de l’expérimentation animale (4) ont permis de corroborer le bénéfice d’une alimentation riche en fruits et légumes sur les paramètres osseux et de comprendre les différents mécanismes à l’origine de cette protection.

Des sources de phytoestrogènes
La carence oestrogénique, consécutive à la ménopause, est particulièrement impliquée dans la genèse de la perte osseuse. Or, les produits végétaux sont riches en polyphénols, dont certains sont dotés de propriétés oestrogéno-mimétiques, appelés phyto-œstrogènes. On distingue parmi ceux-ci, les isoflavones (apportés par le soja) et les lignanes (qui sont ubiquitaires dans le règne végétal). Il a été démontré que ces molécules évitent l’ostéopénie induite par le déficit hormonal chez la rate ovariectomisée, modèle de l’ostéoporose postménopausique (5), probablement en raison de leur affinité pour les récepteurs oestrogèniques.

La rôle des antioxydants
Les polyphénols sont également caractérisés par leur pouvoir anti-inflammatoire et anti-radicalaire. Ainsi, chez la rate castrée, la préservation de l’intégrité du squelette par la quercétine (qui est le principal flavonol de l’oignon) résulte probablement de la mise en jeu de telles propriétés (6). De plus, l’étude épidémiologique PEPI met en évidence une corrélation entre la masse osseuse et la prise de vitamine C (laquelle est impliquée dans la synthèse du collagène et la neutralisation des radicaux libres). Chaque addition de 100 mg de vitamine C correspond à une augmentation de 0,017 g/cm2 de la densité minérale (7).

Et la vitamine K ?
Autre mécanisme : l’apport en vitamine K. Les légumes comme le chou, le persil, les épinards ou la salade… sont de bonnes sources de cette vitamine, indispensable à la fonctionnalité de l’ostéocalcine, une protéine majeure du tissu osseux, impliquée dans la régulation de la minéralisation. Ainsi, les taux circulants d’ostéocalcine décarboxylée sont très élevés chez les personnes âgées ou les patients ostéoporotiques. Inversement, les concentrations en vitamine K sont réduites chez les sujets souffrant d’une fracture de la hanche et une supplémentation en vitamine K permet de restaurer partiellement le statut minéral (8).

Les bénéfices de l’effet alcalinisant

Reste enfin un facteur important à considérer. Notre alimentation, riche en protéines animales et sel, expose le tissu osseux à une déminéralisation potentielle. En effet, l’acidité plasmatique engendrée par ces aliments, entraîne la mobilisation du calcium du squelette, principale réserve alcaline de l’organisme, de façon à préserver l’équilibre acido-basique. Du fait de leur forte teneur en sels organiques de potassium, qui peuvent être métabolisés en bicarbonates, les fruits et légumes sont dotés d’un pouvoir alcalinisant intrinsèque, évitant ainsi la fuite calcique. Une corrélation entre l’incidence des fractures de la hanche chez la femme de plus de 50 ans et le niveau de consommation annuelle de protéines animales par pays a d’ailleurs été démontrée (9).

Compte tenu de toutes ces nouvelles données, il est donc important de ne plus restreindre les recommandations aux seuls produits laitiers, dans le cadre d’une prise en charge nutritionnelle de l’ostéoporose, mais d’y associer aussi et largement, les fruits, les légumes et les céréales.

D’après
1) Johnell O., Gullberg B., Allander E., Kanis J.A. & the MEDOS study group. (1998). The apparent incidence of hip fracture in Europe : a study of national register sources. Osteoporosis Int., 2, 298-302.
2) New S.A., Robins S., Campbell M.K., Martin J.C., Garton M.J., Bolton-Smith C., Grubb D.A., Lee S.J. & Reid D.M. (2000). Dietary influences on bone mass and bone metabolism : further evidence of a positive link between fruit and vegetable consumption and bone health. Am. J. Clin. Nutr., 17, 142-151.
3) Tucker K.L., Hannan M.T., Chen H., Cupples L.A., Wilson P.W.F. & Kiel D.P. (1999). Potassium, magnesium, and fruit and vegetable intakes are associated with greater bone mineral density in elderly men and women. Am. J. Clin. Nutr., 69, 727-736.
4) Mühlbauer R. & Li F. (1999). Effect of vegetables on bone metabolism. Nature, 401, 343-344.
5) Horcajada-Molteni M.N., Davicco M.J., Lebecque P., Coxam V., Miller S.C., Remesy C. & Barlet J.P. (2000). Effect of lignans on ovariectomy-induced bone loss in rats. J. Bone Min. Res., 15 (suppl), S553.
6) Horcajada-Molteni M.N & Coxam V. (2001). Flavonols and idoflavones prevent bone loss in the ovariectomized rat, a model for postmenopausal osteoporosis. In : Nutritional aspects of osteoporosis. F. Burkhardt ed, Academic Press, pp 325-340.
7) Hall S.L. & Greendale G.A. (1998). The relation of dietary vitamin C intake to bone mineral density : results from the PEPI study. Calcif. Tissue Int., 63, 183-189.
8) Vermeer C., Knapen M.H.J. & Jie K.S.G. (1995). Increased vitamin K intake may retard post-menopausal loss of bone mass. In : Nutritional aspects of osteoporosis 94. Burckhardt P. & Heaney R.P. eds. Rome : Ares-Serono Symposia Publications, 367-379.
9) Frassetto L.A., Todd K.M., Morris R.C. & Sebastian A. (2000). Worldwide incidence of hip fracture in elderly women : relation to consumption of animal and vegetal foods. J. Gerontol., 55A, M585-M592.

Exposition

L’os vivant

Marie-Christine REBOURCEY
Responsable de l’Information Scientifique - FRM (Fondation pour la Recherche Médicale)

La Fondation pour la Recherche Médicale, le Palais de la découverte et l’Espace des sciences de Rennes ont coproduit "L’os vivant", première exposition itinérante d’une série intitulée "La recherche en direct".

Dans un souci d’éducation et de prévention, ce programme est conçu pour s’adresser à tout public désireux d’en savoir plus sur les mystères du corps humain et soucieux de bien gérer sa santé.

Il fait le point sur les connaissances les plus récentes apportées par la recherche. Cette exposition, disponible en deux versions de 200 et 60 m2, peut être accueillie par de nombreuses structures.

L’os vivant dans sa version légère de 60 m2 est actuellement présentée au Musée de radiologie de Bruxelles et une visite est proposée aux participants du colloque européen organisé par l’APRIFEL "osteoporosis prevention".

Témoins de la vie passée, les os ont été longtemps considérés comme les éléments d’une charpente inanimée et symbolisent très souvent la mort. Pourtant, alliance du minéral et de l’organique, l’os est un tissu vivant. C’est ce que l’exposition s’attache à démontrer.
L’os, un matériau plastique

Le visiteur découvrira que l’os, bien que d’aspect rigide, est un matériau plastique capable de répondre à des contraintes physiques parfois intenses grâce à une micro-architecture adaptée. Tissu vivant, il se renouvelle en permanence par un processus de destruction et de construction qui maintient un équilibre. Ce remodelage osseux est entretenu par deux types de cellules : les ostéoclastes résorbant l’os ancien et les ostéoblastes reconstruisant l’os, sous le contrôle de nombreux facteurs (vitamine D, hormones sexuelles et thyroïdiennes…).
Ainsi nous reconstruisons l’intégralité de notre squelette 4 à 5 fois au cours de notre vie !

La vie de l’os

Depuis la formation de l’embryon jusqu’à la fin de la vie, développement et morphologie de l’os sont déterminés par des gènes et soumis à l’influence de nombreux facteurs environnementaux (alimentation, exercices physiques…). Ainsi le visiteur apprendra que la maturation et l’acquisition du capital osseux prennent place pendant l’enfance et l’adolescence. C’est à ce stade que la solidité et l’avenir du squelette se préparent.

L’os vieillissant

L’os n’échappe pas au processus normal du vieillissement. Quand l’équilibre entre l’activité des ostéoclastes et celle des ostéoblastes est rompu, l’os présente une perte osseuse et devient fragile. L’ostéoporose se traduit par des pertes osseuses importantes affaiblissant la structure des os. Elle représente aujourd’hui un réel problème de santé publique. Pourtant, elle pourrait être prévenue par des apports en calcium et en vitamine D suffisants dès l’enfance et l’adolescence, une activité physique régulière, une alimentation appropriée. Longtemps oubliés, on découvre aujourd’hui que les fruits et légumes jouent un rôle que les travaux de recherche actuels permettent de mieux connaître.

L’os réparé

Les maladies de l’os sont de nature très variées : ostéomalacie (défaut de minéralisation), ostéopétrose (durcissement), maladie de Paget (hypertrophie et déformation)… sans oublier les fractures, de fatigue, de choc ou conséquences de l’ostéoporose.

Dans des conditions favorables d’immobilisation, la fracture peut se réparer elle-même en induisant la formation d’un cal. Pour combler les pertes osseuses importantes, consécutives à des traumatismes ou des maladies graves, la médecine a recours aux greffes. Les recherches actuelles visent à développer des matériaux compatibles avec l’os. Ces biomatériaux associant le vivant et l’artificiel sont une voie d’avenir de la réparation osseuse.

Renseignements et réservations de l’exposition
L’espace des sciences
Service diffusion
Tél. : 02 99 31 79 10
Fax : 02 99 31 80 10



APRIFEL - Agence pour la Recherche et l'Information en Fruits et Légumes frais
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