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L'eau
L'eau
est le constituant de base de l'organisme, elle représente
chez l'adulte environ 60 % de notre corps. Ce pourcentage
varie : un foetus de deux mois est constitué de 97
% d'eau, un nouveau-né de 75 % et une personne âgée
de 55 %.
La
teneur en eau des différents tissus humains répond
à un équilibre hydrique. Elle confère
à une cellule, organe, tissu, une consistance bien
déterminée :
- sang : 83 %
- cerveau : 80 %
- muscle : 75 %
- squelette : 40 à 60 %
- tissu adipeux : 15 à 35 %
L'eau
se répartit en deux secteurs :
- le secteur extracellulaire (20 %) que Claude Bernard
appelait aussi le "milieu intérieur" constitué
de l'eau plasmatique ou intravasculaire (5 %) et de l'eau
interstitielle (15 %)
- le secteur intracellulaire (40% du poids corporel)
Importance
quantitative de l'eau
L'eau
est indispensable à l'organisme. On estime qu'à
température modérée, la suppression d'apport
hydrique provoque la mort en 2 à 3 jours. Toute perte
en eau doit donc être compensée.
On considère néanmoins
que les besoins en eau sont de 2,5 litres par jour
mais ces besoins peuvent varier en fonction de l'âge,
de la température extérieure, de l'activité
physique, de l'altitude, de l'adiposité.
Pertes en eau
par jour et pour une personne
- pertes urinaires : ce
sont les plus importantes avec une perte de 1 500 ml
- pertes fécales : 100 à 150 ml
- pertes "insensibles" liées à
la transpiration et perspiration (échanges gazeux
à travers la peau) : elles sont fonctions de la température
extérieure, de l'humidification de l'air mais aussi
de l'exercice physique. On estime qu'en moyenne ces pertes
sont de 800 à 1 000 ml (400 ml pour la peau et 500
ml pour les poumons).
Apports en eau
par jour et par personne
Ces
apports proviennent de trois sources :
- eau de boisson : elle
correspond aux deux tiers de l'eau apportée dans l'organisme
soit 1 à 1,5 l.
- eau de constitution des aliments : elle est loin
d'être négligeable puisque la teneur en eau des
végétaux est de 90 %, celles des fruits de 70
à 85 % et celle des viandes de 70 %. Au total, cela
représente en moyenne 0,5 à 1 l d'eau par jour.
- eau de combustion : elle correspond à l'eau
reproduite lors des réactions chimiques de l'organisme
(métabolisme des aliments) ce qui représente
un apport d'environ 300 ml. L'oxydation de 1g de glucides
produit 0,6 ml d'eau, l'oxydation de 1g de protides produit
0,4 ml d'eau et celle de 1g de lipides produit 1,07 ml d'eau.
Importance
qualitative de l'eau
L'eau
se présente sous différentes formes :
- L'eau libre ou solvant
: c'est la fraction la plus abondante. C'est l'eau qui dissout
tout ce qui est hydrosoluble. Elle est vaporisable, lyophilisable.
Elle dissout, transporte, disperse, ionise, reconstruit.
- L'eau d'adsorption qui se fixe sur certaines substances
comme les protéines
- L'eau d'inbibition des gels : c'est le cas par exemple
du mucus, sécrété par les cellules épithéliales
et muqueuses et qui est une "éponge moléculaire".
L'eau se piège dans ces sites moléculaires et
participent à la trophicité du mucus.
- L'eau d'hydratation qui correspondent aux molécules
d'eau H2O qui sont des dipôles (H2O donne des ions H+
et OH- qui interviennent dans le maintien du pH et dans les
réactions de synthèse et de dégradation).
L'eau forme des couches d'hydratation autour de particules
chargées électriquement comme les ions Na+ et
K+
- L'eau de crystalisation (rare dans les organismes
vivants). Elle correspond à l'eau associée à
des sels insolubles dans des proportions bien définies.
- L'eau de constitution : c'est l'eau de la chimie
organique
L'eau
et les efforts physiques
Il
faut impérativement s'hydrater lors d'un effort physique.
Quand on fait du sport, la température du corps s'élève.
Mais notre cerveau ne peut pas supporter une température
supérieure à 41 degrés centigrades sous
peine de troubles graves d'hyperthermie. C'est à ce
moment là qu'intervient la transpiration ou sudation
qui permettra de limiter l'élévation de la température
du corps et participera donc au refroidissement de l'organisme.
Régulation
des mouvements d'eau
Régulation
des entrées d'eau
La
sensation de soif signale à l'organisme un besoin
en eau. Plus précisément, elle exprime une déshydratation
cellulaire laquelle stimule les centres hypothalamiques. Mais
cette sensation n'est pas un bon indicateur des besoins réels
: il est recommandé de boire avant d'avoir soif.
Régulation
des sorties d'eau
Le
seul organe capable de réguler les sorties d'eau est
le rein et ce grâce à deux hormones de régulation
:
- l'aldostérone, hormone stérone sécrétée
par le cortex surrénalien. Un de ses rôles est
de retenir le sodium au niveau du rein et donc secondairement
l'eau qui suit le sodium.
Explication du mécanisme : au niveau du rein,
on a des glomérules sensibles aux variations de concentration
du milieu cellulaire. Lors d'une déshydratation du
milieu extravasculaire, ces glomérules sécrètent
une protéine enzymatique, la rénine. La rénine
va agir sur un substrat d'origine hépatique, l'angiotensinogène.
Celui-ci va alors libéré l'angiotensine 1 qui
à son tour, sous l'action d'une enzyme de convertion,
donne l'angiotensine 2. C'est l'angiotensine 2, puissant vasopresseur,
qui apporte le message au cortex surrénalien et stimule
la synthèse d'aldostérone surrénalienne.
- L'hormone antidiurétique (ADH) : l'ADH est
une hormone hypothalamohypophysaire qui empêche la fuite
de l'eau. Elle retient donc l'eau au niveau du rein. Un défaut
de sécrétion de cette hormone est responsable
du diabète insipide. En effet, si il n'y a pas d'ADH,
il n'y a pas de rétention d'eau et donc une fuite au
niveau du rein. La déshydratation est alors rapide.
Rédacteur :
Elisabeth Faure
Avril 2000
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