|
La vitamine
K
Définition
Le terme de vitamine K ou vitamine
anti-hémorragique caractérise un groupe
de substances de la famille des quinones :
- La phylloquinone,
qui possède une chaîne latérale à
20 atomes de carbone avec une seule double liaison, est aussi
appelée "vitamine K1".
On la trouve seulement dans les plantes.
Elle est soluble dans les graisses (et insoluble dans l'eau)
et se présente sous la forme d'une huile de couleur
jaune.
- Les ménaquinones possèdent
une chaîne latérale de 20 à 60 atomes
de carbone, dont plusieurs des liaisons sont insaturées.
On les appelle "vitamines K2".
Elles sont synthétisées par des micro-organismes,
y compris des bactéries de l'intestin de l'homme et
d'autres espèces animales. Elles sont, comme la vitamine
K1, solubles dans les graisses.
- La ménadione, ou "vitamine
K3", est une forme synthétique
de la vitamine K qui ne posséde pas de chaîne
latérale. Elle est donc soluble dans l'eau, à
l'inverse des précédentes. Elle est convertie
en vitamine K2 dans le corps et possède une activité
biologique 2 à 3 fois supérieure aux vitamines
K1 et K2.
Il ressort sur les trois formes de vitamine K que la vitamine
K1 est apportée par l'alimentation, la vitamine K2
synthétisée par les bactéries intestinales
et la vitamine K3 prise sous la forme de médicaments.
Historique
Dans les années 20, au
Danemark, un biochimiste, Carl Peter
Hendrik Dam, s'intéresse aux conséquences
de divers régimes alimentaires sur le taux de cholestérol
des poulets.
En 1929, il constate qu'une alimentation carencée en
lipides entraine parfois des hémorragies chez ces volatiles.
Les saignements peuvent être prévenus en donnant
certains aliments, en particulier de la luzerne et du plancton.
Ainsi il apparaît qu'un principe de l'alimentation possède
une influence sur les phénomènes
de coagulation.
En 1935, Dam la baptise du nom de koagulation
vitamin, ou plus simplement "vitamine K".
En 1939, Dam parvient à isoler la vitamine dans sa
forme pure, grâce à l'aide de chimistes suisses
et à déterminer sa structure. Peu après
Dam réalise une synthèse de la vitamine K en
même temps que Doisy un biochimiste amèricain.
Dam et Disy partagent le prix nobel
1943 de physiologie et médecine pour leurs découvertes
sur la vitamine K, facteur de coagulation.
Dès 1936, Dam avait montré qu'en absence de
vitamine K, l'activité de la
thrombine, une substance du sang, diminuait. Sous l'influence
de plusieurs facteurs, la prothrombine peut donner naissance
à une autre substance, la thrombine, qui fait coaguler
le sang. Ce n'est qu'au milieu des années 50 qu'on
découvre que certains de ces facteurs sont liés
à la vitamine K.
Besoins
Les besoins sont peu connus,
et les valeurs recommandées varient grandement selon
les pays.
|
Vitamine
K : Doses quotidiennes recommandées
(en µg par jour)
|
|
Nourrissons
Enfant de 1 à 3 ans
Enfant de 4 à 9 ans
Enfant de 10 à 12 ans
Adolescents de 13 à 19 ans
Adolescentes de 13 à 19 ans
Homme adulte
Femme adulte
Femmes enceinte
Femmes allaitantes
|
10
15
20 - 25
30
35
35
45
35
45
55
|
(Source : Le
nouveau guide des vitamines - Thierry Souccar & Dr Jean-Paul
Curtay)
Sources
La vitamine K est apportée
par quelques aliments essentiellement
végétaux et par les
farines de poissons, mais cet apport n'est pas indispensable
chez l'homme car elle est normalement
produite par les bactéries intestinales (sauf
chez le nouveau-né, dont l'intestin est stérile
à la naissance).
La vitamine K1 se trouve principalement
dans les légumes verts à
feuilles, comme le brocoli, l'épinard, le persil,
le chou. D'une manière générale, plus
les feuilles sont vertes, plus le contenu en vitamine K est
élevé. Ainsi, les feuilles externes du chou
contiennent environ 200 µg / 100 g, alors que les feuilles
les plus pâles du coeur ont une teneur 4 fois plus faibles.
Les margarines, les huiles végétales, en particulier
celles qui sont riches en huiles de
soja, sont de bonnes sources en vitamine K1
Le lait
de vache fournit des quantités faibles mais
significatives de vitamine K. Certains laitages fermentés
(yaourts, fromage) contiennent de la vitamine K2 d'origine
batérienne, qui contribue à l'apport quotidien.
Enfin le foie est une réserve
majeur de la vitamine K, et donc une bonne source alimentaire
de K1 et K2.
|
Aliments riches en vitamine K
(en milligrammes pour 100 g)
|
|
Farines de poissons
Foie de porc
Choux frisé
Epinard
Chou de Bruxelles
Chou Brocoli
Laitue
Foie de boeuf
Foie de veau
Viandes
Cresson
|
15
0,4 - 0,8
0,7
0,41
0,17
0,14
0,12
0,1 - 0,2
0,1 - 0,2
0,1 - 0,2
0,08
|
(Source : Vitamines,
sels minéraux, oligo-éléments - Dr Ph
Dorosz)
Fonctions
La vitamine K est nécessaire
à la synthèse par le foie des facteurs II, VII,
IX et X du complexe prothrombique. Ces facteurs sont
indispensables à la coagulation
du sang. Elle n'entre pas dans leurs molécules
mais agit probablement comme cofacteur.
Elle est stable à la chaleur mais sensible à
la lumière.
La vitamine K est le cofacteur
d'une classe d'enzymes qi transforment des résidu
de proteines à base d'acide glutamique en acide gammacarboxyglutamate
(Gla). Cet acide aminé est incorporé à
des proteines, dites "proteines-Gla", ou encore
"vitamine K-dépendantes". Les proteines-Gla
ont la capacité de fixer le calcium. C'est cette caractéristique
qui leur confère leur activité biologique.
Carence
La plupart des auteurs considèrent
que les déficiences en vitamine
K sont rares dans la population générale
(le cas des nouveaux nés mis à part). Mais ces
affirmations sont encore une fois basées sur l'observation
que la vitamine K ets largement présente dans l'alimentation
et que des quantités faibles sont suffisantes pour
garantir ses fonctions de coagulation.
Les carences spontanées
sont exceptionnelles.
Elles s'observent :
- parfois après traitement antibiotique par perte de
la flore colique,
- au cours des ictères retentionnels, par déperdition
fécale en l'absence de résorption lipidique,
- au cours des traitements anticoagulants qui réalisent
un effet compétitif.
Sources :
Le nouveau guide des vitamines - Thierry Souccar &
Dr Jean-Paul Curtay
Guide pratique de diététique - Jean-Claude Basdekis
Vitamines, sels minéraux, oligo-éléments
- Dr Ph Dorosz
Nutrition et alimentation - B. Jacotot & J.C. Le Parco
Rédacteur : Florence
Campagne
Juillet 2000
|