Le maïs est un aliment et une plante céréalière qui joue
un rôle important dans le monde entier. L'amidon représente
une de ses principales utilisations. Grâce à d'autres procédés,
on obtient de l'amidon alimentaire qui peut à son tour être
transformé en différents sirops ou en alcool. Le maïs fournit
aussi de l'huile végétale et du gluten. Après le soja et l'huile
de palme, le colza est la troisième source d'huiles végétales.
Son huile est utilisée dans les sauces de salade et pour la
cuisine. Comme matière première, il est utilisé dans la fabrication
de la margarine et de la mayonnaise. Certains produits non
alimentaires comme le savon et les détergents peuvent aussi
contenir de l'huile de colza. Les technologies traditionnelles
ont considérablement amélioré les cultures de maïs et de colza
au cours des trente dernières années. Etant donné leur rôle
considérable, tant pour les hommes que pour les animaux, les
agriculteurs les ont encore perfectionnées en ayant recours
à la modification génétique. Grâce à la biotechnologie, on
peut doter les plantes d'une série de caractéristiques utiles
: aujourd'hui, elles peuvent résister à certains désherbants
ou nuisibles ; demain, elles résisteront à la sécheresse tout
en ayant une valeur nutritionnelle plus élevée. Par rapport
aux techniques traditionnelles, la modification génétique
est plus efficace et plus rapide.
Utilisation
de la nature dans le combat contre les nuisibles.
L'une des variétés de maïs récemment approuvées résiste à
l'attaque d'un insecte nuisible redoutable : la pyrale du
maïs(ECB). Ce nuisible est originaire d'Europe et s'est répandu
sur le continent américain au début de notre siècle. Son effet
est dévastateur sur les cultures contaminées dont la récolte
se trouve considérablement réduite. En raison du cycle de
vie particulier de l'insecte et pour une question de respect
de l'environnement, le recours aux insecticides crée problème.
On a trouvé une solution en développant un plant de maïs doté
d'une protection interne. Cette protection est apportée par
la bactérie Bacillus thuringiensis (Bt), qu'on trouve à l'état
naturel. Cette bactérie se trouve dans le sol et produit des
molécules protidiques, toxiques pour certaines larves, y compris
la pyrale. Les fermiers la pulvérisaient autrefois sur les
feuilles du maïs. Des techniciens ont isolé le gène de la
bactérie qui est à l'origine de ces protéines et l'ont incorporé
aux cellules du maïs. On permet ainsi à la plante de se protéger
elle-même de l'ECB. L'intérêt de ces protéines est qu'elles
sont sans danger pour l'homme ou toute autre espèce animale,
y compris les insectes qu'elles ne visent pas ; elles sont
de surcroît entièrement biodégradables.
Résistance
aux herbicides.
Les deux autres types de maïs ainsi que la variété de colza
approuvés sont protégés contre deux herbicides à large spectre,
le glufosinate d'ammonium et le glyphosate. Ceux-ci sont capables
d'enrayer le développement de presque toutes les plantes et
mauvaises herbes. Par ailleurs, des herbicides sélectifs à
spectre étroit ne détruisent que certaines catégories spécifiques
d'herbes. Les cultures qui résistent aux herbicides représentent
un avantage évident pour les exploitants, qui peuvent ainsi
maîtriser les mauvaises herbes sans dommage pour leurs cultures.
On a déjà expérimenté ce procédé à l'aide de techniques de
culture de tissu naturel dans la culture du maïs ce qui lui
permet de résister à certains herbicides à spectre étroit.
La modification génétique a aussi été employée pour créer
une tolérance aux herbicides à large spectre qui sont souvent
moins toxiques. Le fait qu'il soit possible d'utiliser plusieurs
variétés de plantes résistant aux herbicides permet aux exploitants
agricoles d'employer leurs herbicides selon un roulement,
ce qui minimise les risques d'adaptation des mauvaises herbes
à l'un d'entre eux.
Evaluation
des risques et questions fréquentes
Certains se sont interrogés sur la modification génétique.
Dans ce domaine technologique relativement nouveau, l'une
des grandes interrogations concerne le passage des gènes des
cultures génétiquement modifiées aux plantes sauvages de la
même famille. L'une des conséquences indésirables serait que
le gène responsable de la tolérance aux herbicides soit facilement
transféré par pollinisation croisée ou par croisement avec
des plantes sauvages de la même famille que les plantes modifiées.
En Europe, cela ne concerne pas le maïs puisque aucune plante
sauvage de la même famille n'existe. Des recherches approfondies
sur la variété de colza résistante aux herbicides nous montrent
que les possibilités de croisement avec les écosystèmes naturels
sont les mêmes que celles des plantes cultivées de manière
conventionnelle. L'une des manières d'éviter l'apparition
de plantes sauvages résistant à certains herbicides est d'assurer
que des pratiques agricoles correctes sont employées et à
bon escient, comme par exemple des systèmes appropriés de
rotation cultivable. Souvent, les cultures génétiquement modifiées
provoquent une autre préoccupation : la possibilité d'allergie.
Ce risque est toujours étudié de manière approfondie au cours
des études de tolérance qui précèdent la commercialisation.
A ce jour, seul le développement d'un produit a été abandonné
: un allergène (et un seul) y avait été détecté. L'accord
de la Commission Européenne sur ces quatre nouvelles cultures
importantes montre bien à quel point elles peuvent être utiles
aux cultivateurs, aux consommateurs et à l'environnement.
"EUFIC, Le Conseil Européen de l'Information Alimentaire",
Octobre 1998