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actualité médicale
Biotechnologie alimentaire : la legislation suisse

En Suisse, un débat particulièrement animé à propos de la biotechnologie a lieu en ce moment. Le Dr Martin Schrott, de l'Office Fédéral de la Santé Public, examine le cadre actuel de la législation dans le secteur alimentaire.

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Comme pour les aliments traditionnels, l’état a deux priorités en ce qui concerne les aliments élaborés à partir d’organismes génétiquement modifiés (OGM) : protéger la santé publique et protéger le consommateur contre les tromperies. La protection sanitaire est assurée par la procédure obligatoire de demande d’autorisation, tandis que l’on évite les tromperies grâce à une loi générale sur l’étiquetage. La surveillance exercée par les autorités nationales assure le respect de ces règlements.

 

La protection sanitaire

Les aliments contenant des OGM ou bien qui en sont entièrement constitués ou pour partie, ne peuvent être commercialisés en Suisse qu’après avoir prouvé que, dans l’état actuel des connaissances scientifiques, ils ne présentent aucun danger. Cela s’applique non seulement aux produits alimentaires eux-mêmes, mais également aux additifs et aux auxilliaires technologiques. Chaque OGM est évalué séparément ; un examen élargi des différentes données est compris dans la procédure d’autorisation. Le fabricant doit présenter une demande contenant des informations détaillées sur la modification et les caractéristiques des OGM. La comparaison de l’organisme modifié avec l’organisme conventionnel - qui consiste à déterminer l’équivalence substantiel - joue un rôle fondamental. Une attention toute particulière est apportée aux considérations sanitaires et sécuritaires, y compris pour les problèmes potentiels comme l’allergénicité, la toxicité, la résistance aux antibiotiques et le transfert génique horizontal. L’autorisation est accordée pour une période de cinq ans.

Protection contre les tromperies

Une grande majorité des consommateurs considère l’étiquetage comme très important. Les produits à base d’OGM doivent être étiquetés de façon à permettre au consommateur de faire un choix éclairé.

Les obligations de l’étiquetage des OGM sont étendues. Dès lors que des ingrédients obtenus à partir d’OGM sont utilisés, la mention est obligatoire après le nom de l’ingrédient. Le fabricant de produits alimentaires est ainsi obligé de préciser si les matières premières contiennent des OGM.

Il existe deux exceptions à l’obligation d’étiquetage. D’abord, certaines substances définies avec précision, extraites ou raffinées à partir d’OGM, comme l’huile de soja raffinée, n’ont pas besoin d’être étiquetés car il est impossible de les distinguer du produit conventionnel.

Ensuite, un seuil de déclaration a été introduit par le nouveau règlement d’étiquetage de 1999. La grande qualité des méthodes d’analyses actuelles permet de détecter d’infimes quantités d’OGM se trouvant par hasard dans les aliments traditionnels. Sans ce seuil, ces aliments devraient être étiquetés comme des produits génétiquement modifiés, ce qui tromperait donc le consommateur sur la nature véritable du produit. La limite de déclaration, fixée à 1 %, clarifie les choses. Cette valeur de 1 % est basée sur les exigences des associations de consommateurs en faveur d’une limite peu élevée, ainsi que sur l’expérience des laboratoires qui testent les aliments et qui ont trouvé que la présence involontaire d’OGM se situe bien en dessous de 1 %. Un programme de recherches en cours doit déterminer dans quelle mesure le mélange alimentaire dans la chaîne de traitement est inévitable.

La loi contient également des dispositions concernant la mention " fabriqué sans modification génétique ". Un contrôle complet de l’ensemble du processus de production est nécessaire. Il faut prouver, documents à l’appui, que le produit n’a pas été fabriqué à partir d’OGM, et qu’aucun OGM n’a été utilisé en cours de production. Cette dernière exigence s’applique plus particulièrement aux produits d’origine animale comme la viande ou le lait, dans lesquels aucun aliment contenant des OGM n’est autorisé. Par ailleurs les ingrédients contenus dans les produits " fabriqués sans modification génétique " ne peuvent contenir qu’une quantité d’OGM inférieure à 1 %.

Essais

Tandis qu’il incombe aux autorités fédérales de délivrer les autorisations et d’assurer la surveillance, les laboratoires des cantons sont chargés, eux, de contrôler le respect de la loi. Toutefois, dans le cadre du processus d’auto-surveillance, c’est le fabricant et/ou l’importateur qui sont tenus de s’assurer que seuls des produits à base d’OGM autorisés sont commercialisés, et correctement étiquetés

"EUFIC, Le Conseil Européen de l'Information Alimentaire", Décembre 1999

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