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La vitamine
B1 ou thiamine
Sommaire
:
Définition
Historique
Besoins
Sources
Fonctions
Carence
Définition
La vitamine B1 encore appelée
thiamine ou aneurine
est une vitamine indispensable au métabolisme
normal des sucres ou hydrates de carbone.
Elle est soluble
dans l'eau et détruite
par la chaleur : cela explique que la cuisson des aliments
diminue de 10 à 40 % leur teneur en vitamine B1, surtout
si ils sont lavés, cuits dans de l'eau, et si leur
cuisson est prolongée.
Historique
La découverte de la vitamine
B1 est intimement liée aux recherches sur l'origine
du béri-béri, une maladie grave qui se
manifeste par des troubles neurologiques et cardio-vasculaires.
- En 1873, Van Lent, un médecin hollandais, fut le
premier à avancer l'idée que quelquechose dans
l'alimentation était lié
à l'apparition du béri-béri : en réduisant
la part de riz dans les assiettes de marins hollandais il
constata un recul de la maladie.
- En 1897, Christiaan Eijkman, un médecin hollandais,
réussit à martyriser un poulailler entier, en
provoquant des polynévrites
chez des pigeons, des poulets et des canards, grâce
à une alimentation de riz poli. Mais Eijkman attribua
la maladie à une bactérie dans le riz.
- En 1901, un autre médecin hollandais, le Docteur
G. Grijns, conclut que le béri-béri, chez les
volailles comme chez les hommes, est du à l'absence
d'un nutriment essentiel dans l'alimentation.
- Plus tard, Casimir Funk, en poste au Lister Institute de
Londres, isolait cette substance dans
la pellicule qui enveloppe le riz et la baptisait "vitamine".
- En 1916, Elmer McCollum lui donnait le nom de "B
hydrosoluble".
- En 1936, Robert R. Williams déterminait sa structure,
réalisait sa synthèse et lui donna le nom de
"thiamine" car elle
contient du soufre.
Besoins
Les besoins
journaliers en vitamine B1 varient en fonction de l'âge,
du poids, de l'intensité du métabolisme, de
l'activité physique : ils se situent en moyenne à
0.5 milligrammes pour 1000 calories, soit, chez un adulte,
1.3 à 1.5 milligrammes par jour,
un peu plus chez les femmes enceintes ou qui allaitent (1.8
mg par jour).
Ces besoins moyens augmentent
lorsque l'alimentation est très riche en hydrates de
carbone et aussi quand elle comporte un apport régulier
de boissons alcoolisée.
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Vitamine
B1 : Doses quotidiennes recommandées
(en mg par jour)
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Nourrissons
Enfant de 1 à 3 ans
Enfant de 4 à 9 ans
Enfant de 10 à 12 ans
Adolescents de 13 à 19 ans
Adolescentes de 13 à 19 ans
Homme adulte
Femme adulte
Femmes enceintes
Femmes allaitantes
|
0.4
0.7
0.8
1.2
1.5
1.3
1.5
1.3
1.8
1.8
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(Source : Le
nouveau guide des vitamines - Thierry Souccar & Dr Jean-Paul
Curtay)
Sources
Contrairement à d'autres
vitamines (par exemple la vitamine A) l'organisme humain n'est
pas capable de faire des réserves de vitamine
B1 : c'est pourquoi il doit en trouver quotidiennement en
quantités suffisantes dans son alimentation.
Le raffinage des aliments, la mise en conserve, la cuisson...
entrainent des pertes très importantes en vitamine
B1.
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Teneur des aliments en vitamine B1
(en milligrammes pour 100 g)
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Levure de bière
sèche
Levure de boulanger
Germes de blé
Oeufs de poissons
Pois sec, haricots secs
Porc, Jambon
Noix, noisettes
Lentilles
Rognons
Petits-pois
Riz brun
Chataignes
Amandes, cacahuètes
Pain complet
Huîtres
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5 - 10
1 - 2
1 - 1.5
1 - 1.2
0.4 - 0.8
0.6
0.5
0.43
0.37
0.32
0.3
0.2 - 0.3
0.2 - 0.3
0.25
0.25
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(Source : Vitamines,
sels minéraux, oligo-éléments - Dr Ph
Dorosz)
Dans
le cas des céréales, la vitamine B1 est située
dans leur enveloppe extérieure
(ouson) : cela a permis de découvrir cette vitamine,
après observation de cas de béri-béri
chez des prisonniers nourris de façon uniforme de riz
décortiqué (très pauvre en vitamine B
1).
La chair de certains
poissons contient un enzyme (thiaminase)
qui détruit la vitamine B1. Cet enzyme est dénaturé
lors de la cuisson des poissons, mais pas si ils sont mangés
crus, comme cela se fait au Japon, où des carences
en vitamine B1 dues à ce mode d'alimentation ont été
observées.
Fonctions
Une fois parvenue dans les cellules
la thiamine reçoit des groupements phosphore, et prend
principalement la forme de pyrophosphate
de thiamine ou TPP. Cette transformation la rend physiologique
active.
- La thiamine joue surtout le rôle
de coenzyme dans le processus de transformation des
glucides, des proteines et des lipides de l'alimentation.
La vitamine B1 permet donc, au sein de nos cellules, de transformer
en énergie le glucose et les autres carburants de notre
alimentation.
- Le pyrophosphate de thiamine
participe aussi à la dégradation
de certains acides aminés qui sont utilisés
pour fournir de l'énergie (valine, isoleucine et leucine).
- Le pyrophosphate de thiamine
est encore utilisé pour la production
d'acètylcholine. La vitamine B1 est donc par
là nécessaire au fonctionnement des muscles,
y compris le muscle cardiaque, ainsi qu'au processus de mémorisation.
Carence
Dans les pays industrialisés,
l'alcoolisme représente
l'une des causes principales de carence en vitamine B1, le
risque étant important quand la consommation d'alcool
atteint ou dépasse l'équivalent d'un litre de
vin par jour.
La carence est généralement dans ce cas associée
avec d'autres carences vitaminiques (carence en vitamine B6,
en acide folique, en vitamine PP).
Un déficit en en vitamine B1 peut également
être observé dans les diarrhées
chroniques, chez les obèses (du fait d'une consommation
excessive en sucres), au cours des régimes abusivement
restrictifs, ou encore à l'occasion de certaines maladies
graves et prolongées.
Les défiences mineures
en vitamine B1 se traduisent par des
symptômes d'apparition insidieuse, comportant
une fatigue, un perte de l'appétit, un amaigrissement,
une irritabilité, une insomnie, des sensations de lourdeur
et de raideur dans les jambes.
Sa carence peut aussi se manifester par de
très graves troubles nerveux, psychiques et cardio-vasculaires.
La forme neurologique, précédée par les
symptômes décrits auparavant, aboutie à
une polynévrite, atteinte
neuro-musculaire qui débute au niveau des jambes.
Dans certains cas, notamment chez les alcooliques, on peut
observer des troubles psychiques très graves, qui peuvent
être irréversibles et qui peuvent même
avoir une issue fatale.
Sources :
Le nouveau guide des vitamines - Thierry Souccar &
Dr Jean-Paul Curtay
Vitamines, sels minéraux, oligo-éléments
- Dr Ph Dorosz
Nutrition et alimentation - B. Jacotot & J.C. Le Parco
Rédacteur : Florence
Campagne
Ao ût 2000
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