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Nutrinews
n°98 - Mars 2000 PUB La pratique quotidienne des allergologues et des pédiatres fait ressortir trois faits majeurs: • une augmentation des réactions graves (chocs anaphylactiques en particulier); • une augmentation des polysensibilisations, c’est-à-dire des allergies alimentaires impliquant simultanément de multiples aliments chez le très jeune enfant; • une augmentation des allergies à l’arachide ou cacahuète (voir encadré), le premier allergène chez l’enfant en terme de fréquence de sensibilisation et de gravité des manifestations. Pour les experts, ce dernier point est particulièrement important et préoccupant. En effet, l’allergie à l’arachide ne guérissant que rarement, elle risque de se perpétuer sur la population adulte dans les années à venir, avec des manifestations sévères. L’allergie alimentaire: un problème qui engage une double responsabilité. L’allergie alimentaire engage bien sûr la responsabilité du patient, qui doit la gérer au quotidien. Les associations de patients soulignent que les allergies ont des conséquences familiales, sociales, psychologiques et économiques importantes. Elles peuvent être source d’exclusion, notamment au niveau scolaire. De plus, le régime d’éviction n’est pas toujours facile à suivre, car l’étiquetage varie d’un produit à l’autre. Elle engage aussi la responsabilité des fabricants de produits alimentaires. Les industriels ont déjà pris des dispositions pour limiter les risques de réactions allergiques, sans attendre une réglementation spécifique. Ainsi, l’huile d’arachide est exclue de bon nombre de produits destinés aux enfants de moins de 3 ans. De plus, des procédures de bonnes pratiques de fabrication ont été mises au point pour assurer la traçabilité des principaux allergènes et l’information des consommateurs (étiquetage) a été développée. Cependant, si les industriels maîtrisent leurs procédés, ils reconnaissent avoir parfois des difficultés à connaître de leurs fournisseurs la composition exacte de certains ingrédients ou matières premières. C’est le cas notamment des supports d’arômes et des "shortnings" (préparations contenant différentes matières grasses végétales mélangées en vue d’obtenir des caractéristiques technologiques particulières), leurs compositions restent du domaine du secret de fabrication et comprennent souvent de l’arachide. Les recommandations de l’IFN Face à cette situation, l’IFN a établi un certain nombre de recommandations pour une meilleure prévention et une meilleure information. Soutenir la recherche: il s’agit d’établir les bases scientifiques permettant notamment de préciser la liste des principaux allergènes et les doses-seuils de déclenchement de la réaction allergique Faciliter la généralisation des bonnes pratiques de fabrication. Améliorer la traçabilité des matières premières: améliorer la connaissance de la composition exacte des matières grasses, des supports d’arômes, etc, utilisés, surtout lorsque ceux-ci sont susceptibles de contenir des produits dérivés d’arachide, pour étiqueter en conséquence; préciser les caractéristiques de pureté à attendre des ingrédients; valider des méthodes de dosages… Améliorer l’information sur l’étiquetage et l’expliciter: étiqueter de façon claire et compréhensible par tous les consommateurs, afin qu’ils puissent choisir un produit en connaissance de cause et éliminer le risque de provoquer une réaction à un allergène caché. Pour les aliments destinés aux enfants en particulier, éviter l’utilisation d’arachide ou de légumineuses pouvant entraîner des sensibilisations croisées. Développer une information sur les allergies alimentaires et sur l’alimentation raisonnée des jeunes enfants: cette information, via les pédiatres et l’ensemble du corps médical, est nécessaire pour sensibiliser les parents sur les risques d’une diversification trop précoce et trop rapide de l’alimentation, source possible de sensibilisation, en particulier à l’arachide. * Allergies alimentaires problèmes actuels. Let Sc IFN 2000; 72 – Conférence du 15/02/2000 par JM Wal
CERIN |
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