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Infections nosocomiales : 97 % des claviers informatiques contaminés par des germes pathogènes

illustrationUne équipe de chercheurs américains a procédé à une revue systématique de la littérature scientifique et à une méta analyse de 75 études pour faire le point sur la contamination bactérienne des périphériques informatiques utilisés au sein des systèmes d’informations hospitaliers. Les résultats publiés dans le BMJ montrent notamment que quasiment tous les claviers constituent des réservoirs de germes potentiellement pathogènes.

Dans l’ensemble des études revues, plus de 4432 enregistrements concernant 2804 dispositifs informatiques ont été analysés. Selon les catégories et les études, les taux de contamination varient de 24 à 100 %. 96,7 % des claviers informatiques analysés étaient contaminés par des bactéries ou des germes potentiellement pathogènes.


97 % des claviers contaminés

Si logiquement les bactéries commensales de la peau constituent l’essentiel de la colonisation bactérienne, on retrouve également sur les claviers des germes beaucoup plus dangereux comme Staphylococcus aureus, clostridium difficile, Enterococcus et Escherichia coli. Quand on sait que 20 à 40 % des infections nosocomiales sont transmises par les mains du personnel soignant, la désinfection des claviers informatiques devient un enjeu important pour tous les établissements de soins.

Les auteurs ont justement répertorié les différentes méthodes de décontamination efficaces sans pour autant pouvoir les hiérarchiser, notamment en qui concerne leur coût et leur utilisation en pratique courante. Pour décontaminer les périphériques informatiques, les dispositifs utilisant l’alcool isopropylique, l’ammonium quaternaire, la chlorhexidine ou le persulfate de potassium, les ultraviolets et les produits à base d’eau de Javel semblent avoir montré leur efficacité.


Des décontaminations souvent fastidieuses pour du matériel fragile

L’irrégularité des surfaces à nettoyer ainsi que la fragilité des composants électroniques constituent deux freins importants à la mise en place de protocole de nettoyage efficace, rapide et bon marché. Dans ce contexte, les méthodes de décontamination sans contact comme la nébulisation, les brouillards d’ozone ou les irradiations d’UV pourraient se révéler d’autant plus intéressantes. Mais les données manquent pour statuer sur leur efficacité contre les norovirus.


Même si les chercheurs américains manquaient de données pour pouvoir établir un lien entre contamination des périphériques informatiques et infections nosocomiales, ils affirment avec un niveau de preuve substantiel que compter uniquement sur une bonne hygiène des mains du personnel soignant n’est pas une stratégie efficace pour lutter contre les infections nosocomiales.

https://bmjopen.bmj.com/content/bmjopen/9/3/e026437.full.pdf

 

Descripteur MESH : Littérature , Bactéries , Décontamination , Méthodes , Staphylococcus , Staphylococcus aureus , Escherichia , Escherichia coli , Enterococcus , Norovirus , Potassium , Chlorhexidine , Hygiène , Enregistrements , Clostridium difficile , Soins , Clostridium , Hygiène des mains , Désinfection , Peau

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