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La maladie de Huntington : définition, symptômes, diagnostic, traitement

Définition

- La maladie de Huntington ou chorée de Huntington a été décrite scientifiquement pour la première fois en 1872 par George Huntington, médecin américain.
- C'est une affection neurodégénérative héréditaire transmise sur le mode autosomique dominant. Elle est provoquée par un gène défectueux situé sur le chromosome 4. Un enfant dont l'un des parents est porteur du gène muté a donc un risque de 50 % d'hériter de ce gène.
- La maladie de Huntington provoque la destruction des noyaux gris centraux : le noyau caudé, le putamen et lorsque la maladie progresse le cortex cérébral.
- C'est une maladie qui associe à la fois troubles choréiques et troubles psychiques. Elle cumule d'abord des mouvements anormaux constants ce qui rend la vie sociale très difficile, puis la perte d'autonomie et la démence au bout de quelques années.
- La maladie de Huntington touche indisctinctement les hommes et les femmes. Elle apparaît dans tous les groupes raciaux mais plus souvent parmi le populations d'origine européenne.
- Les symptômes de la maladie se manifestent généralement à l'âge adulte mais il existe des formes dites juvéniles avant l'âge de 20 ans et des formes tardives après l'âge de 60 ans.
- La prévalence de la maladie est estimée entre 5 et 10 sur 100 000 dans la population de type caucasienne mais pourrait être sous estimée et dépasser les 12 pour 100 000 selon les données de la Huntington’s Disease Association. En France on dénombre environ 6000 malades et on estime le nombre de personnes porteuses du gène muté à 18 000. Tout porteur de ce gène développera un jour la maladie.

Génétique

Le gène responsable de la maladie de Huntington a été découvert en 1993. Il a été localisé sur l'extrémité du bras court du chromosome 4. On ne connaît pas encore clairement comment il provoque la maladie mais on sait qu'il produit une protéine appelée "huntingtine".

Les gènes sont faits dADN et les molécules dADN sont constituées de quatre bases, à savoir A (adénine), T (thymine), G (guanine) et C (cytosine). Le gène responsable de la maladie de Huntington a une région dans laquelle une séquence de trois bases (CAG) est répétée de nombreuses fois. Le triplet CAG programme la fabrication de la glutamine. Normalement, ce triplet est répété 6 à 31 fois. Chez les personnes atteintes de la maladie de Huntington, le triplet est répété 36 à 121 fois.

Symptômes de la maladie de Huntington

Les symptômes de la maladie de Huntington varient d'un malade à l'autre ce qui rend le diagnostic parfois difficile à établir. Ils sont d'ordre moteurs, neuropsychiatriques, cognitifs ou somatiques.

Symptômes moteurs

- Mouvements choréiques typiques
- Anomalies des mouvements oculaires
- Hypotonie
- incoordination motrice à l'origine des troubles de l'équilibre et de difficultés de la marche
- Dysarthrie
- Dysphagie
- Apraxie de la mimique
- A des stades avancés de la maladie de Huntington, il est typique de constater que les mouvements involontaires se font plus rares et que les membres se raidissent davantage ce qui nécessite une aide extérieure professionnelle.

Symptômes neuropsychiatriques

- La présence d'un syndrome dépressif au cours de l'évolution de la maladie est fréquente
- modification de la personnalité : irritabilité, instabilité, agressivité
- Parfois épisodes psychotiques : hallucinations, délire
- Altération des fonctions cognitives (diminution des initiatives, perte de la spontanéité, impossibilité de concentration et diminution de la communication) d'où altération des performances professionnelles et impossibilité d'assumer des responsabilités familiales.
- Perturbations mnésiques

 

Symptômes cognitifs :
- altération des fonctions exécutives : attention, capacité d'initiation, flexibilité, planification,
- bradyphrénie
- troubles du langage,
- troubles du comportement
- troubles mnésiques
- désorientation

 

Symptômes somatiques : 

- troubles du sommeil,
- troubles digestifs,
- incontinence, 
- hyperhydrose,
- hypersalivation.

 

Diagnostic

- Depuis 1993, date à laquelle on a découvert le gène responsable de la maladie de Huntington, il existe un test génétique prédictif de la maladie. Il est fiable à 100 % et consiste en une simple prise de sang. Ainsi, toute personne "à risque" peut savoir si elle est porteuse ou non du gène. Une personne qui envisage de passer le test devrait consulter un conseiller en génétique afin de sassurer que sa motivation a été bien fondée et quelle est capable de faire face à un résultat même défavorable.

- Sinon, la maladie est habituellement diagnostiquée au cours de tests neurologiques et psychologiques. Il arrive que soient utilisés un scanner cérébral ou un IRM pour vérifier si le noyau caudé et le putamen démontrent des signes de dégénérescence.

- La recherche directe de l'expansion CAG par PCR (Polymerase Chain Reaction) et la séparation des fragments sur gel d'agarose ou acrylamide peut confirmer le diagnostic. Elle n'est utile que si la nature de la mutation n'a pas encore été déterminée dans une famille où la maladie est connue.

- Lorsque l'un des membres du couple est porteur, il est possible de demander un diagnostic prénatal mais celui-ci est pratiqué uniquement s'il conduit à une interruption volontaire de grossesse en cas de résultat défavorable.

Traitement

Il n'existe pas de traitement curatif de la maladie de Huntington. Les troubles constatés s'aggrave progressivement et conduise au décés 15 à 20 ans plus tard.

la HAS recommande une prise en charge symptomatique multidisciplinaire afin de préserver le plus longtemps possible l'autonomie du patient, la vie professionnelle et sociale et plus globalement la qualité de vie du patient.

Le traitement varie donc d'un patient à l'autre selon la nature des troubles constatés

- Le traitement du syndrome choréique est purement symptomatique par les neuroleptiques. Un traitement antidépresseur est souvent utile.
La tétrabénazine se revèle efficace dès le début de traitement (recommandation de grade A selon l'échelle établie par la HAS). Des mesures non médicamenteuses peuvent aussi s'avérer très utiles : mesures de protection, relaxation, yoga, balnéothérapie,  gymnastique douce,...

- Un traitement par greffe de cellules foetales vient d'être rendu public par une équipe de chercheurs de l'inserm et de l'hôpital Henri Mondor de Créteil. Les essais ont été effectués sur cinq patients. L'objectif est d'injecter des cellules pour reconstituer un réseau neuronal. Plusieurs étapes à cette thérapie génique :

> extraction des neurones d'un foetus de 7 à 9 semaines de vie intra-utérine. Ce neurones proviennent de l'éminence ganglionnaire, partie du système nerveux foetal qui devient le striatum
> le tissu nerveux formé par ces neurones est découpé en petits cubes de 1 mm de diamètre
> le tissu nerveux est injecté par le chirurgien à l'aide d'un cadre stéréotaxique permettant de repérer les structures internes du cerveau et de guider l'aiguille.
> cinq trajectoires sont définies dans le striatum par le neurochirugien : deux dans la tête du noyau caudé, deux dans le putamen pré-commissural, une dans le putamen post-commissural. 40 microlitres de tissus nerveux sont déposés dans chacune des cinq trajectoires.
Les chercheurs annoncent avoir amélioré l'état de trois malades sur cinq, ceux dont les greffons sont actifs : récupération des fonctions motrices mais également amélioration des fonctions intellectuelles.

 

Consulter l'ensemble des traitements symptomatiques sur le site de la HAS

Pour en savoir plus

Dépêches de caducee.net

Chorée de Huntington : le bien-fondé de la stratégie de greffe de tissu neuronal se confirme
Chorée de Huntington et greffe de neuroblastes
La minocycline : un nouveau traitement contre la chorée de Huntington ?
Un test moteur prédictif de la chorée de Huntington
Toutes les actualités sur la maladie de Huntington

Référentiel 
Protocole national de diagnostic et de soins pour les maladies rares : Prise en charge médicamenteuse de la maladie de Huntington, HAS, août 2015

Centre de référence national de la maladie de Hubtington
Labellisé en 2004, son rôle est d’organiser l’offre de soin, du diagnostic à la prise en charge thérapeutique pour la maladie de Huntington. Il est à la fois un centre de référence expert  et un centre de recours fédérant des équipes spécialistes et capitalisant des efforts de recherche importants
http://huntington.aphp.fr/

Orphanet, le portail des maladies orphelines

Mécanismes de mort neuronale dans la maladie de Huntington. 
Revue Médicale de Bruxelles

MORT CELLULAIRE : UNE MOLÉCULE ANTI-REJET POUR TRAITER ÉGALEMENT LA MALADIE DE HUNTINGTON, Institut curie

Association de Patient
Huntington France

http://www.arc-en-ciel-huntington.fr/

http://www.huntingtonavenir.net/

 

Dans la presse

1995-1996: la mise en place du projet - Prémices d'une première
Natalie Levissales, journaliste, a suivi, pendant plus de quatre ans, l'équipe de chercheurs et de médecins qui, à l'hôpital Henri-Mondor de Créteil (Val-de-Marne), s'est lancée dans une expérience pionnière: tenter de soigner les malades atteints de Huntington en leur greffant des neurones dans le cerveau.
Article de Libération du jeudi 30 novembre 2000.

Informations générales

La maladie de Huntington
Quest-ce-que la maladie de Huntington ? Comment est-on atteint ? Quest-ce qui provoque la maladie ? Quels sont les symptômes ? Forme juvénile de la mH Comment fait-on le diagnostic ? Le test prédictif Existe-t-il des traitements ?
Sur le site de la société Huntington du Canada.

Association Huntington France
Un parent ou un ami est atteint de la maladie de Huntington ? Qu'est-ce que la maladie de Huntington ? Comment puis-je aider ? Actualités. Sur le site d'Orphanet.

Thérapie cellulaire et génique de la maladie de Huntington, fondements expérimentaux des recherches cliniques menées au CHU Henri Mondor
Thérapie cellulaire substitutive, Thérapie génique neuroprotectrice, Publications "cristoliennes" sur le sujet. Par Anne-Catherine Bachoud er Marc Peschanski - INSERM U421, IM3 et Service de Neurologie, CHU Henri-Mondor.

Un espoir thérapeutique contre la maladie de Huntington
Une équipe du Service hospitalier Frédéric Joliot du CEA à Orsay, associée au CNRS (URA 2210), en collaboration avec une équipe de l'INSERM (U-421), vient de montrer, sur un modèle animal de la maladie, que la récupération de fonctions intellectuelles est possible grâce à la réalisation de greffes neuronales.
Communiqué de presse du CNRS.

HDSA
The Huntington's Disease Society of America.
Voir le document

La chorée de Huntington
Qu'est-ce que la maladie de Huntington ? Comment se manifeste-t-elle ? Comment évolue-t-elle ? Quelle en est la cause ? Quel traitement et prise en charge peut-on proposer ? Par l'association Huntington France.

 

#COVID-19 : le point de situation épidémiologique sur le coronavirus SARS-CoV-2

Descripteur MESH : Maladie , Diagnostic , Génétique , Maladie de Huntington

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