58 % des Français refusent la vaccination anti-covid-19 selon Odoxa

illustrationSelon un sondage Odoxa-Backbone consulting pour franceinfo et Le Figaro, réalisé les 22 et 23 décembre près de 6 français sur 10 ne veulent pas se faire vacciner. L’évolution de la tendance n’est pas favorable à la stratégie de vaccination gouvernementale puisque lors du précédent sondage, ils n’étaient que 50 % à ne pas vouloir se faire vacciner.

53 % des Français inquiets pour leur santé

Les Français abordent cette année 2021 en étant toujours inquiets sur la situation sanitaire : 83 % se disent inquiets sur la situation sanitaire du pays, 73 % pour la santé de leurs proches et une majorité de 53 % se disent inquiets pour leur propre santé.

Si l’arrivée du vaccin n’a changé la donne concernant le moral des Français, il a probablement contribué à faire baisser l’intensité de l’inquiétude puisque pour la première fois depuis le début de l’épidémie, une tendance baissière s’est instaurée sur ces critères avec une baisse de 6 points concernant l’inquiétude pour soi-même et une diminution de 8 points s’agissant de l’inquiétude pour les autres

Les Français partagés sur l’apport du vaccin dans la lutte contre la pandémie

Seulement 17 % des français estiment qu’avec le vaccin, la victoire contre le coronavirus pourra être remportée dans les 6 à 9 mois. 36 % des français pensent qu’il faudra au moins un ou 2 ans pour y arriver alors pour 46 % de nos concitoyens « cette information est encore trop récente et fragile pour en déduire quoi que ce soit concernant notre combat contre le virus ».

Pas très optimistes certes, les Français sont tout de même désormais une majorité de 53 % vs 46 % à penser que ce déploiement des vaccins est bien une première étape décisive dans la victoire contre le virus. Le mois dernier, au moment de l’annonce de la découverte des premiers vaccins ils n’étaient que 50 % à le penser. L’optimisme concernant la victoire finale progresse donc doucement.

Des vaccins que les Français espèrent d’abord pour les autres

58 % déclarent ne pas vouloir pas se faire vacciner, soit 8 points de plus que le mois dernier, au moment où les premiers vaccins étaient découverts, et ce en dépit la publication de données rassurantes sur la campagne de vaccination en cours et malgré la multiplication des efforts de pédagogie des médecins et des scientifiques dans les médias.

Cette moyenne de 58 % cache cependant de grandes disparités selon l’âge, le sexe, et le milieu social des personnes interrogées.

Le souhait de vaccination augmente avec l’âge, passant de 32 % chez les 35-49 ans à 58 % chez les plus de 65 ans. Les hommes y sont plus favorables (54 %) alors que les femmes y sont plus réticentes puisque 69 % d’entre elles s’y refusent pour le moment. 62 % des cadres y sont favorables alors que 73 % des ouvriers s’y refusent.

Politiquement aussi, les clivages sont marqués : 56 % des électeurs d’Emmanuel Macron se vaccineraient alors que 68 % des électeurs de Marine Le Pen et 60 % de ceux de Jean-Luc Mélenchon s’y refuseraient. La défiance contre le vaccin serait elle avant tout une défiance contre le gouvernement ? Ce n’est pas aussi simple pour les sondeurs qui ont cherché à qualifier les raisons de ce refus.

La vaccination est un choix individuel et facultatif pour la très grande majorité des Français

Pour plus des trois quarts des personnes interrogées, ne pas se faire vacciner est « une décision purement personnelle qui ne regarde que soi » (82 %) et c’est « un choix respectable » (74 %).

Inversement, présenter aujourd’hui les réfractaires à la vaccination comme des « égoïstes » ou des « inconscients » voire des « obscurantistes » ne passerait sans doute pas dans l’opinion… en tout cas pour le moment et sans un travail préalable de pédagogie.

En effet, 55 % des Français réfutent l’idée que ne pas se vacciner est « égoïste, car en se vaccinant on protège aussi les autres », 63 % ne sont pas d’accord avec l’idée que ce serait « inconscient, car c’est la seule façon de se protéger contre le virus » et 68 % récusent le procès en obscurantisme (« c’est faire preuve d’ignorance, voire d’obscurantisme ») fait aux antivaccins.

En fait, ce qui explique le mieux ce refus de la vaccination est que 60 % des Français pensent que ce refus est finalement « une décision raisonnable face à une nouvelle maladie et un nouveau vaccin ».

C’est aussi ce que Véronique Reille-Soult de Backbone Consulting observe dans son analyse des réseaux sociaux.

« Convaincre les Français de l’inverse — être raisonnable, c’est se vacciner — et leur expliquer en quoi cette mécanique de la vaccination n’est pas qu’un choix individuel seront sans nul doute les enjeux clés de la communication gouvernementale sur le vaccin dans les mois à venir. »

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