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Résistance aux sulfamides : la diminution de leur emploi a eu des effets décevants

Selon les résultats d'une étude anglaise, la diminution des prescriptions d'antibiotiques ne s'accompagne pas forcément d'une réduction des résistances.

Il existe un lien étroit entre l'utilisation croissante des antibiotiques et l'émergence et la sélection de souches bactériennes résistantes. Par contre, l'effet d'une réduction de l'emploi des antibiotiques pour inverser ou ralentir ce processus est moins certain. Les travaux de Enne et al. parus dans le Lancet montrent que cette stratégie n'apporte pas forcément les bénéfices escomptés.

Ces auteurs ont étudié les conséquences d'une diminution massive des prescriptions des sulfamides en Grande Bretagne en 1995. Ils ont suivi parallèlement la prévalence des résistances à ces antibiotiques chez Escherichia coli.

Plus de 350 souches d'E. coli ont été isolées chez des patients en 1991 et 1999. Les prescriptions de sulfamides sont passées de 3.208.000 par an en 1991 à 77.000 en 1999. La fréquence des résistances aux sulfamides était de 39,7 % en 1991 et 46 % en 1999. Par ailleurs, la prévalence du gène de résistance sulII est passée de 26,7 % à 36,5 %.

L'étude montre également que ce gène de résistance est porté par des plasmides qui contiennent d'autres gènes de résistance à d'autres antibiotiques. Ce dernier résultat explique en partie le maintien de la résistance aux sulfamides.

Selon le Dr Lucinda Hall, qui a participé à cette étude : "Nous aurions aimé penser qu'en diminuant autant l'utilisation d'un antibiotique, la résistance disparaîtrait et que nous pourrions l'utiliser à nouveau. Notre étude montre que nous ne pouvons pas compter sur cette éventualité".

"Néanmoins, employer des antibiotiques d'une façon plus prudente devrait ralentir le développement de nouvelles résistances et ce, couplé au développement de nouveaux médicaments, est vital si nous voulons surpasser les bactéries", a ajouté le Dr Livermore, co-auteur de ce travail.

Dans un commentaire de cet article, Burke Cunha (Winthrop-University Hospital) souligne que la résistance observée par Hall n'est pas surprenante étant donné que le programme de restriction des sulfamides n'a pas diminué l'utilisation d'autres antibiotiques avec un fort potentiel de résistance couramment utilisés comme la tétracycline et l'ampicilline.

Source : Lancet 2001;357:1325-28.

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