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Hôpital : rétablissement du jour de carence depuis le 1er janvier 2018

illustrationLa loi de finance publiée le 31 décembre 2017 restaure à compter du 1er janvier 2018 le jour de carence dans la fonction publique y compris à l'hôpital. Concrètement en cas d'arrêt maladie, les personnels hospitaliers perdront systématiquement un jour de salaire dès le premier jour de leur arrêt de travail sauf pour les arrêts longue durée ou en cas d'accident du travail.

C'était une promesse de campagne du candidat Macron, il l'a tenue. En rétablissant le jour de carence pour la fonction publique, l'objectif annoncé était de «lutter contre le micro-absentéisme qui désorganise les services, alourdit la charge de travail des collègues en poste et coûte environ 170 millions d'euros par an». Pour le gouvernement, il s'agit d'une mesure d'équité avec les salariés du privé pour qui trois jours de carence sont prévus par le code de la Sécurité sociale.

Initialement instaurée pour les même raisons par le gouvernement Fillon en 2012, la mesure avait été abrogée par François Hollande. Son ministre de la fonction publique jugeait  alors cette mesure « injuste, inutile et inefficace »

Et c'est que semble confirmer une étude publiée par l'Insee en novembre 2017. Selon l'enquête, non seulement la mesure n'a pas réduit l'absentéisme des agents de la fonction publique sur une semaine donnée mais au contraire elle a eu pour effet de multiplier les arrêts longue durée ( + 25% de prévalence) et de réduire les arrêts courts de moins de 2 jours (-50% de prévalence).

L'Insee avance plusieurs hypothèses pour expliquer ces chiffres.

- Face au cout fixe engendré par le jour de carence, le salarié n'a pas intérêt à multiplier les arrêts et chaque pénalité qu'ils entrainent. Il juge donc plus prudent de prolonger son arrêt afin d'avoir la certitude d'être guéri.

- En raison du jour de carence, certains salariés hésiteraient à se soigner et à se mettre en arrêt maladie jusqu'à ce que leur état de santé se dégrade, faute de soins appropriés. Ce qui conduirait au final à des arrêts plus longs.

De leur coté, les syndicats dénoncent une mesure qui va conduire des soignants à venir travailler malade et à contaminer les patients ainsi que l'absence de médecine de prévention dans la fonction publique.

Descripteur MESH : Travail , Maladie , Absentéisme , Gouvernement , Prévalence , Charge de travail , État de santé , Face , Médecine , Patients , Santé , Sécurité , Sécurité sociale , Soins , Syndicats

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