Restes à charge à l’hôpital : la note grimpe dès le 1er mars 2026
À retenir (lecture rapide)
- Le forfait journalier hospitalier passerait de 20 à 23 € (et de 15 à 17 € en psychiatrie) dès le 1er mars 2026.[1]
- Le forfait patient urgences (sans hospitalisation) évoluerait de 19,61 à 23 € ; la version minorée irait de 8,49 à 9,96 €.[1]
- La participation sur les actes ≥ 120 € augmenterait de 24 à 32 € à partir du 1er avril 2026 (calendrier distinct).[1]
- Les textes s’inscrivent dans un transfert de charges chiffré à 400 M€ en 2026 (450 M€ en année pleine) selon plusieurs acteurs.[1]
- Les complémentaires promettent d’absorber la hausse ; leurs représentants alertent sur un choc « pouvoir d’achat » à venir.[2]
Un basculement budgétaire assumé, mais contesté
Le mouvement est désormais explicitement documenté : Le Quotidien du Médecin rapporte que cinq projets d’arrêté et de décret ont été transmis pour consultation, après divulgation par Contexte, afin d’augmenter plusieurs restes à charge hospitaliers dès mars ou avril 2026.[1] L’objectif affiché est un transfert d’environ 400 millions d’euros en 2026 (et 450 millions en année pleine) de l’Assurance maladie obligatoire vers les organismes complémentaires, conformément à la trajectoire votée dans la loi de financement.[1]
Dans les couloirs des établissements, la séquence s’ajoute à une équation déjà tendue : les tarifs hospitaliers 2026 sont présentés comme « stables » quand les charges poursuivent leur ascension, ce que résume Tarifs hospitaliers 2026 : l’étau se resserre sur les hôpitaux.[6]
Hospitalisation : le forfait journalier porté à 23 €
Un ticket d’hébergement, non remboursé par l’Assurance maladie
Le forfait journalier hospitalier (FJH) correspond à la participation du patient aux frais d’hébergement et d’entretien durant l’hospitalisation. Il est dû pour chaque journée, y compris le jour de sortie, hors situations d’exonération prévues par les règles en vigueur.[1]
Les montants annoncés au 1er mars 2026
Selon Le Quotidien du Médecin, le FJH passerait de 20 à 23 € par jour en hôpital ou clinique, et de 15 à 17 € en psychiatrie, dès le 1er mars 2026.[1] Comme il n’est pas pris en charge par l’Assurance maladie, son relèvement se voit immédiatement chez les patients sans complémentaire ; pour les autres, il est le plus souvent absorbé par les contrats responsables, sauf limitations contractuelles ou situations particulières.[1]
Exemple : un séjour de 4 jours (sortie incluse) ferait passer le FJH de 80 € (4×20) à 92 € (4×23), soit 12 €.
Urgences : un forfait à 23 € même sans hospitalisation
Une facture qui arrive après le passage
Le forfait patient urgences (FPU) s’applique à toute personne se rendant aux urgences pour des soins non programmés sans être hospitalisée. Le Quotidien du Médecin rappelle qu’il est dû à régler à réception de la facture (ou sur place si l’établissement le permet).[1]
Une hausse de 17 % au tarif plein, et une hausse aussi au tarif minoré
Le montant du FPU passerait de 19,61 à 23 € au 1er mars 2026 ( 17 %).[1] Pour certaines catégories, dont les patients en ALD cités par le journal, un FPU minoré évoluerait de 8,49 à 9,96 €.[1] Le même article mentionne des exonérations (grossesse, invalidité, AME, etc.).[1]
Dans les services, ce forfait redevient un sujet de friction classique : l’augmentation est modeste à l’échelle macroéconomique, mais, à l’échelle du guichet, elle redonne de la visibilité à la dépense – et la note grimpe.
Actes coûteux : 32 € à partir du 1er avril
La hausse la plus marquée concerne la participation forfaitaire due pour les actes dont le tarif est ≥ 120 € (ou coefficient ≥ 60), réalisés en établissement, en centre de santé ou en hospitalisation à domicile. Un projet de décret, selon Le Quotidien du Médecin, porterait cette participation de 24 à 32 € à compter du 1er avril 2026 ( 33 %).[1]
Le journal rapporte que la CNAM cite, à titre d’exemples, la photocoagulation au laser (125,40 €), l’ablation d’un nodule thyroïdien avec anesthésie (205 €) et l’appendicectomie par cœlioscopie avec anesthésie (284,09 €).[1]
Qui paiera quoi : trois profils, trois effets
Pour donner chair à ces ajustements, voici trois cas-types construits à partir des montants annoncés (FJH 20 → 23 €, FPU 19,61 → 23 €, FPU minoré 8,49 → 9,96 €) et d’un scénario identique : un passage aux urgences non suivi d’hospitalisation, puis, à une autre date, une hospitalisation courte de 3 jours (sortie incluse).[1]
Cas n°1 — Patient sans complémentaire : l’impact est immédiat et cumulé
Sur un passage aux urgences sans hospitalisation, la facture passerait de 19,61 € à 23 €, soit 3,39 €.[1]
Sur une hospitalisation de 3 jours, le FJH passerait de 60 € (3×20) à 69 € (3×23), soit 9 €.[1]
Bilan sur le scénario (urgences 3 jours d’hospitalisation) :
- Avant : 79,61 € (19,61 60)
- Après : 92 € (23 69)
- Différence : 12,39 €
Ce chiffrage ne tient pas compte des autres tickets ou franchises éventuels : il illustre uniquement le relèvement des forfaits concernés.
Cas n°2 — Patient en ALD (FPU minoré) : hausse plus faible, mais visible
Pour un patient relevant d’un FPU minoré, le montant passerait de 8,49 € à 9,96 €, soit 1,47 €.[1]
Si, dans un second temps, ce patient effectue une hospitalisation de 3 jours, le FJH évoluerait, lui, de 60 € à 69 €, soit 9 €, sauf situation d’exonération applicable au séjour.[1]
Bilan sur le scénario (FPU minoré 3 jours d’hospitalisation) :
- Avant : 68,49 € (8,49 60)
- Après : 78,96 € (9,96 69)
- Différence : 10,47 €
Même lorsque l’assuré bénéficie d’un régime minoré, l’augmentation redevient perceptible à la réception de la facture.
Cas n°3 — Personne âgée avec complémentaire : la hausse peut être « invisible » au guichet, pas forcément à la cotisation
Pour une personne âgée couverte par une complémentaire « standard » (contrat responsable), le FPU et le FJH sont généralement pris en charge : la dépense additionnelle ne se traduit pas toujours par un paiement direct le jour J.[1]
Dans ce cas, le surcoût du scénario se situe plutôt du côté de l’assurance complémentaire :
- 3,39 € sur un passage aux urgences (23 – 19,61)
- 9 € sur 3 jours d’hospitalisation (69 – 60)
- Soit 12,39 € au total pour ce seul scénario, absorbés par l’AMC… avant, potentiellement, d’être répercutés collectivement.
C’est précisément l’argument avancé par l’UNOCAM, qui avertit que cette décision « pèsera directement sur le pouvoir d'achat des ménages ».[2] Autrement dit : même si l’assuré ne paie pas davantage à la caisse, le financement peut réapparaître ailleurs.
Déclarations : usagers, complémentaires, gouvernement, chacun hausse le ton
Les représentants d’usagers (France Assos Santé, UNAF, FNATH) dénoncent des décisions jugées « non seulement brutales mais injustes », et une logique où « quand il faut faire des économies, ce sont les malades qui paient. Et doublement ».[4]
« Ces décisions, prises sans concertation, sont non seulement brutales mais injustes. (…) quand il faut faire des économies, ce sont les malades qui paient. Et doublement. »[4]
Du côté des complémentaires, l’UNOCAM estime que le gouvernement a retenu un « cocktail » de mesures pour un montant de 530 M€ en année pleine, et prévient que l’effet « n’en amoindrit en rien l’impact » pour les assurés. L’organisation avertit : « ne nous méprenons pas : cette décision (…) pèsera directement sur le pouvoir d'achat des ménages », et touchera davantage « les personnes âgées et les malades chroniques ».[2]
« Toutefois, ne nous méprenons pas : cette décision (…) pèsera directement sur le pouvoir d'achat des ménages… »[2]
La Mutualité Française évoque, pour sa part, un « nouveau transfert de 400 millions d’euros sur champ hospitalier » et une taxe qualifiée de « véritable “TVA sur la santé” » qui serait « mécaniquement supportée par les assurés ».[3]
« …un nouveau transfert de 400 millions d’euros sur champ hospitalier (…) et une nouvelle taxe, véritable “TVA sur la santé”… mécaniquement supportée par les assurés… »[3]
Enfin, l’exécutif défend l’absence d’effet de surprise. Le Quotidien du Médecin rapporte que le cabinet de la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, assure qu’il n’y a « aucune surprise » : « Tout était inscrit en chiffres dans le PLFSS 2026. Et les complémentaires étaient informés ».[1] Le quotidien nuance toutefois : si les masses financières étaient bien visibles au budget, le détail des hausses n’avait pas été exposé « en lettres » ni débattu comme tel.[1]
Points d’attention pour les professionnels de santé
1) Explications au patient dès l’accueil : le FPU est payé sur facture, et l’augmentation se voit immédiatement.[1]
2) Repérage des exonérations et minorations : ALD, grossesse, invalidité, AME… les règles conditionnent le montant dû.[1]
3) Patients sans complémentaire ou précaires : ce sont eux qui encaissent la hausse nette ; la vigilance sociale redevient centrale.[1]
4) Cadre financier hospitalier 2026 : ces recettes additionnelles interviennent dans un environnement déjà contraint, comme l’illustre hôpitaux et cliniques dénoncent un gel, l’exécutif promet la stabilité.[7]
Références
1. Le Quotidien du Médecin — « Hausse programmée des restes à charge hospitaliers, les usagers s’indignent de “passer à la caisse” » — 23/02/2026. https://www.lequotidiendumedecin.fr/hopital/politique-hospitaliere/hausse-programmee-des-restes-charge-hospitaliers-les-usagers-sindignent-de-passer-la-caisse
2. La Tribune de l’Assurance (AOF / Option Finance) — « Hausse du reste-à-charge à l'hôpital : l’Unocam dénonce un transfert de charges de 530 M€ » — 23/02/2026. https://tribune-assurance.optionfinance.fr/depeches/d/2026-02-23-hausse-du-reste-a-charge-a-lhopital-lunocam-denonce-un-transfert-de-charges-de-530-meur.html
3. Mutualité Française — « Dépenses de santé en hausse constante et nouvelle taxe : des contraintes fortes pour les mutuelles… et leurs adhérents » — 16/12/2025. https://www.mutualite.fr/communiques-de-presse/depenses-de-sante-en-hausse-constante-et-nouvelle-taxe-des-contraintes-fortes-pour-les-mutuelles-et-leurs-adherents/
4. France Assos Santé — « Hausse des restes à charge : les usagers passent encore à la caisse » — 20/02/2026. https://france-assos-sante.org/communique_presse/hausse-des-restes-a-charge-les-usagers-passent-encore-a-la-caisse/
5. Legifrance — « Loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 de financement de la sécurité sociale pour 2026 » — 30/12/2025. https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000053226384
6. Caducee.net — « Tarifs hospitaliers 2026 : l’étau se resserre sur les hôpitaux » — 14/01/2026. https://www.caducee.net/actualite-medicale/16751/tarifs-hospitaliers-2026-l-etau-se-resserre-sur-les-hopitaux.html
7. Caducee.net — « Tarifs hospitaliers 2026 : hôpitaux et cliniques dénoncent un gel, l’exécutif promet la stabilité » — 26/12/2025. https://www.caducee.net/actualite-medicale/16728/tarifs-hospitaliers-2026-hopitaux-et-cliniques-denoncent-un-gel-l-executif-promet-la-stabilite.html
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