HOP’EN 2 : calendrier 2026, dépôts et preuves à sécuriser
À retenir (lecture rapide)
• L’AAP HOP’EN 2 ferme le 29 mai 2026 à 23 h 59, heure de Paris.[2]
• Les preuves HospiConnect 2026 doivent être déposées au plus tard le 26 juin.[3]
• L’enveloppe AAP atteint 87,2 M€, avec sélection régionale par les ARS.[1]
• Hors rattrapage de maturité numérique, HospiConnect conditionne l’éligibilité à l’AAP.[1]
• Les petits établissements doivent sécuriser les preuves autant que le projet technique.
Un calendrier HOP’EN 2 devenu un enjeu de pilotage
La deuxième phase du programme HOP’EN 2 couvre la période 2026-2028. L’instruction DNS/2025/180, publiée au Bulletin officiel Santé, organise cette nouvelle étape autour de deux dispositifs complémentaires : HospiConnect/HOP’EN 2 et l’appel à projets HOP’EN 2, plus souvent désigné par l’acronyme AAP.[1]
Cette architecture peut sembler familière aux établissements déjà engagés dans la transformation numérique hospitalière. Elle change pourtant de portée en 2026, car les dates de dépôt se concentrent sur quelques semaines. Le calendrier HOP’EN 2 n’est donc pas un simple rappel de procédure : il conditionne l’accès au financement, la recevabilité des dossiers et la capacité des établissements à documenter leurs usages.
Le dépôt du dossier avant le 29 mai 2026 constitue la première étape sensible. Il appelle une validation rapide du périmètre, de l’équipe projet, des dépenses et des objectifs. Le dépôt des preuves HospiConnect avant le 26 juin impose ensuite un second effort documentaire, plus centré sur l’identification électronique et les prérequis d’accès aux services numériques de santé.[2][3]
HospiConnect et AAP : deux volets, deux logiques
HospiConnect/HOP’EN 2 constitue le socle. Le texte officiel le dit « ouvert à l’ensemble des établissements de santé » et le rattache à la sécurisation de l’identification des professionnels, à la gestion des accès au système d’information hospitalier (SIH) et aux prérequis nécessaires à la consultation de Mon espace santé depuis les logiciels métiers.[1] Derrière cette formulation technique, l’enjeu est très concret : fiabiliser les identités, les comptes, les habilitations et l’accès au dossier médical partagé (DMP) dans le dossier patient informatisé (DPI).
L’AAP/HOP’EN 2 répond à une logique différente. Il finance, après sélection par les ARS, des projets numériques portés par les établissements sur des thématiques nationales ciblées.[1] Il ne s’agit donc pas d’un guichet automatique, mais d’un mécanisme sélectif. Le périmètre, les objectifs, l’équipe projet et les dépenses prévisionnelles doivent être cohérents, argumentés et vérifiables.
Cette phase prolonge HOP’EN 2 phase 1, qui visait déjà l’alimentation de Mon espace santé et la préparation de l’accès en consultation au dossier de Mon espace santé à l’hôpital.[4] La différence, en 2026, tient à l’articulation plus étroite entre socle d’identification, usage réel du DMP et financement de projets complémentaires.
Les échéances 2026 à inscrire dans le rétroplanning
La séquence 2026 tient en quelques dates, mais leur proximité impose une organisation serrée. Pour l’AAP, le formulaire Démarche Numérique affiche une date limite sans ambiguïté : « 29 May 2026 à 23 h 59 (heure de Paris) ».[2] Pour HospiConnect, e-santé Occitanie indique une ouverture du guichet le 4 mai 2026 et un dépôt des preuves avant le 26 juin 2026.[3]
Le 4 mai 2026 marque l’ouverture du guichet HospiConnect pour le dépôt des preuves. Les établissements doivent alors préparer les accès, la note de cadrage et les indicateurs d’identification électronique.
Le 29 mai 2026 constitue la date limite de dépôt du dossier AAP/HOP’EN 2. Le dépôt doit être effectué sur Démarche Numérique avant 23 h 59.
Le 26 juin 2026 correspond à la fin du dépôt des preuves HospiConnect/HOP’EN 2 pour l’exercice 2026. Les établissements doivent déposer la note de cadrage et les indicateurs sur Convergence.
Le 2 octobre 2026 marque la fin de la sélection des projets AAP/HOP’EN 2 par les ARS. Les établissements doivent anticiper les échanges, les compléments et la notification régionale.
Le calendrier se prolonge ensuite en 2027. L’instruction prévoit, pour HospiConnect, une date de fin de dépôt des preuves au 11 juin 2027, puis au 16 juin 2028 pour l’exercice suivant. Pour l’AAP, les preuves liées aux cibles 2027 devront être déposées avant le 30 juin 2027.[1] Le dossier du 29 mai 2026 ne clôt donc rien. Il ouvre une chaîne de preuves.
Documents à déposer : preuves, périmètre et objectifs
HospiConnect exige deux preuves avant le 26 juin
Le dépôt HospiConnect attendu avant le 26 juin repose sur deux pièces principales. Le groupement régional d’appui au développement de la e-santé (GRADeS) e-santé Occitanie résume la consigne par une formule directe : « 2 preuves sont à déposer ».[3]
La première est une note de cadrage. Elle varie selon la configuration de l’établissement : groupement hospitalier de territoire (GHT), périmètre multi-établissements géographiques ou structure mono-établissement géographique. La seconde correspond aux indicateurs de maturité d’identification électronique, à compléter sur la plateforme Convergence.[3]
Cette apparente simplicité ne doit pas tromper. La note de cadrage oblige à préciser la gouvernance, le périmètre, les jalons et les responsabilités. Les indicateurs, eux, documentent la maturité de l’établissement sur la chaîne d’identification et d’authentification. Pour une petite structure, ou pour un établissement sans équipe projet étoffée, le risque n’est pas seulement de rater une échéance ; il est de déposer une preuve trop fragile pour l’instruction régionale.
Ce volet rejoint la question plus large de la résilience numérique des établissements de santé, dans un paysage où les SIH restent souvent hétérogènes et difficiles à sécuriser.[6] HospiConnect ne finance pas seulement un outil. Il pousse les établissements à documenter des usages, des habilitations et une organisation.
L’AAP impose un dossier projet avant le 29 mai
L’AAP/HOP’EN 2 vise quatre thématiques : rattrapage de la maturité numérique, désengorgement des urgences, logistique des produits de santé, et gestion du temps et des ressources humaines.[1] Ces axes ouvrent la porte à des projets plus ciblés que le socle HospiConnect, mais l’accès au financement reste encadré.
Le dossier doit comprendre l’identification du périmètre des établissements engagés, l’identification de l’équipe projet et du porteur responsable, la description du projet avec un ou plusieurs objectifs permettant d’attester de sa réussite en juin 2027, ainsi qu’un prévisionnel de dépenses sur 2026 et 2027.[1] Autrement dit, le dépôt du dossier HOP’EN 2 avant le 29 mai 2026 ne peut pas être réduit à une saisie administrative : il doit rendre le projet lisible pour l’ARS.
Pour les établissements publics membres d’un GHT, le projet doit être validé à l’échelle du groupement et rester cohérent avec le schéma directeur du système d’information (SDSI), que l’ARS peut demander.[1] Cette exigence suppose d’aligner les arbitrages institutionnels, la stratégie du SIH et les capacités de preuve.
Éligibilité : une ouverture large, des conditions différenciées
HospiConnect/HOP’EN 2 est ouvert à l’ensemble des établissements de santé.[1] Pour l’AAP, la règle est plus étroite : hors thématique de rattrapage de la maturité numérique, les établissements parties prenantes doivent avoir validé leur candidature à HospiConnect/HOP’EN 2.[1] Démarche Numérique précise également que les établissements soumissionnaires doivent déposer les éléments attendus pour le jalon 2026 HospiConnect/HOP’EN 2 afin d’être éligibles.[2]
La thématique de rattrapage obéit à un régime particulier. Elle est réservée aux établissements n’ayant bénéficié d’aucun versement d’usage conditionné à l’atteinte des cibles dans le cadre de SUN-ES (Ségur usage numérique en établissements de santé), ni d’aucun versement d’usage conditionné à l’atteinte des objectifs dans HOP’EN 2 phase 1.[1] Cette porte d’entrée vise les structures en retard numérique, mais les sources consultées ne publient pas de décompte national permettant d’estimer combien d’établissements pourront réellement l’emprunter.
La maille retenue est l’identifiant FINESS PMSI, qui combine le Fichier national des établissements sanitaires et sociaux (FINESS) et la logique de rattachement du programme de médicalisation des systèmes d’information (PMSI). Un même établissement ne peut pas candidater à plus de deux projets, qu’il soit porteur ou partie prenante.[1]
Cette absence de chiffrage limite l’analyse prospective. On sait qui peut candidater en droit ; on sait moins combien d’établissements auront les ressources humaines, techniques et administratives pour déposer dans les délais. C’est précisément là que le calendrier HOP’EN 2 devient aussi un enjeu d’équité territoriale.
Financement : un levier ciblé plutôt qu’un plan global
L’enveloppe nationale de l’AAP s’élève à 87,2 M€.[1] Chaque ARS dispose d’une enveloppe régionale calculée selon l’activité combinée des établissements de son territoire, puis sélectionne les projets dans le respect des règles nationales. Les financements sont versés en deux temps : 50 % en 2026 sur la base de l’acceptation du projet, puis 50 % en 2027 sur la base de l’atteinte des objectifs validés par l’ARS.[1]
La mécanique a une vertu : elle relie le financement à des objectifs vérifiables. Elle a aussi un coût administratif. Les établissements doivent documenter les résultats, les dépenses et la traçabilité comptable, alors même que les équipes SIH, qualité et métiers sont déjà sollicitées par la cybersécurité, les tensions de ressources humaines et la continuité des soins.
Cette enveloppe ciblée doit être replacée dans un paysage plus vaste. En 2020, une étude évaluait à près de 7,5 milliards d’euros sur cinq ans les besoins de financement de la transition numérique des hôpitaux.[5] Ce chiffre, ancien, ne constitue pas une estimation actualisée des besoins 2026. Il donne toutefois l’ordre de grandeur de l’écart entre un guichet thématique et les investissements structurels que réclame le numérique hospitalier.
Le contrôle financier n’est pas secondaire. L’instruction rappelle que les financements ne doivent pas excéder les coûts nets liés à l’atteinte des cibles d’usage et que les établissements doivent tenir les éléments comptables à disposition de l’ARS et du ministère chargé de la santé.[1] Le dossier HOP’EN 2 doit donc rester cohérent avec les preuves attendues, les dépenses réellement engagées et les responsabilités internes.
Plateformes de dépôt : une clarification à sécuriser avec l’ARS
Un point de méthode mérite une vigilance particulière. L’instruction DNS/2025/180 mentionne Convergence pour le dépôt d’un dossier AAP complet.[1] Toutefois, le formulaire actif de candidature à l’AAP/HOP’EN 2 est publié sur Démarche Numérique et affiche la date limite du 29 mai 2026 à 23 h 59.[2] Les consignes régionales consultées orientent également les établissements vers Démarche Numérique pour candidater à l’AAP.[3]
La lecture opérationnelle la plus sûre consiste donc à séparer les flux. Les indicateurs et les preuves HospiConnect passent par Convergence, tandis que le dépôt AAP 2026 s’effectue via Démarche Numérique, sous réserve des consignes transmises par l’ARS référente. Cette distinction doit figurer dans le rétroplanning interne, car elle conditionne la préparation des comptes utilisateurs, des pièces jointes et des validations hiérarchiques.
Il faut également distinguer HospiConnect/HOP’EN 2 du volet matériel HospiConnect/CaRE. Ce dernier concerne notamment les moyens d’identification électronique (MIE), les lecteurs et le déploiement de l’authentification à deux facteurs (2FA). Pour ce volet matériel, e-santé Occitanie mentionne une période de dépôt des dépenses engagées du 15 juin au 15 juillet 2026, avec des dépenses éligibles à partir du 30 janvier 2026.[3] Ce calendrier ne remplace pas l’échéance HospiConnect/HOP’EN 2 du 26 juin ; il s’y ajoute.
Priorités pour les établissements de santé
Pour les directions et les DSI, l’ordre de marche doit rester lisible. Il faut d’abord sécuriser les accès aux plateformes, puis verrouiller le périmètre juridique et fonctionnel du projet, désigner le porteur responsable, stabiliser les objectifs de juin 2027 et rapprocher les preuves attendues des dépenses prévisionnelles. La difficulté n’est pas de connaître les dates. Elle consiste à relier chaque date à un livrable vérifiable.
Cette exigence résume la tension de fond du programme. HOP’EN 2 cherche à accélérer l’usage du DMP, la sécurisation des accès au SIH et le financement de projets numériques utiles aux établissements. Mais, dans un hôpital déjà sous pression, la transformation peut vite se réduire à un exercice de reporting si les preuves ne sont pas pensées comme la traduction d’un usage réel. C’est la frontière à surveiller entre conformité administrative et maturité numérique.
Références
1. Bulletins officiels Santé, « Instruction n° DNS/2025/180 du 29 décembre 2025 relative au lancement de la deuxième phase du programme HOP’EN 2 pour soutenir la transformation numérique des établissements de santé », BO du 12 janvier 2026.
2. Démarche Numérique, « AAP/HOP’EN2 - Candidature au dispositif appel à projets d’HOP’EN2 », formulaire consulté le 11 mai 2026.
3. GRADeS e-santé Occitanie, « Dispositif HospiConnect HOP’EN 2 (établissements sanitaires) », mise à jour le 4 mai 2026.
4. ARS Normandie, « Programme HOP’EN 2 (2024-2028) », consulté le 11 mai 2026.
5. Caducee.net, « Transition numérique des hôpitaux, une étude évalue les besoins en financement à près de 7,5 milliards sur 5 ans en France », 24 février 2020.
6. Caducee.net, « Cybersécurité dans les établissements de santé : renforcer les défenses face à une menace croissante », 21 janvier 2025.
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