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Transition numérique des hôpitaux, une étude évalue les besoins en financement à près de 7,5 milliards sur 5 ans en France

illustrationUne étude publiée par Siemens Financial Services (SFS) évalue à peu moins de 7,5 milliards d’euros sur 5 ans, les besoins en financement des hôpitaux français pour accomplir leur transition numérique. Si l’étude identifie clairement les 3 domaines d’investissement prioritaire, elle met en lumière l’incapacité structurelle des hôpitaux français à financer seuls cette transition.

Durant l’été 2019, 59 consultants, universitaires, départements de santé nationaux, associations médicales, et groupes ou organismes de soins intensifs ont été interrogés pour identifier les domaines où la digitalisation des services de santé pourrait, selon eux, avoir l’effet le plus marquant et immédiat. 3 domaines d’investissement prioritaires ont pu ainsi être identifiés.

2,3 milliards pour les diagnostics « nouvelle génération » numériques et mobiles

Les solutions de diagnostic mobiles relient les équipes en intervention extérieure aux infrastructures fixes d’un établissement de soins, quelle que soit leur localisation. Cela permet de rendre les diagnostics plus précis et plus précoces, et contribue à diminuer les coûts en réduisant les actes inutiles et en traitant les patients plus rapidement.

Les diagnostics numériques englobent un large panel de solutions qui permettent de quasiment automatiser les diagnostics en utilisant des techniques algorithmiques de machine learning. Ces algorithmes accumulent expérience et précision en analysant des quantités de données numériques considérables. Ces solutions facilitent le travail des médecins, limitent les erreurs de diagnostic et permettent d’envisager pour chaque patient des thérapies issues de la médecine personnalisée.

Les besoins en financement des hôpitaux français ont été évalués à près de 2,3 milliards dans ce domaine.

2,8 milliards pour financer la télémédecine

Le second domaine d’investissement recouvre les plateformes d’accès et de communication à distance. Il englobe l’ensemble des infrastructures qui permettent de relier patient et médecin pour une simple consultation, mais aussi les médecins à d’autres médecins, experts en diagnostic, spécialistes cliniques et plus généralement à des systèmes experts distants.

Une unité mobile d’imagerie médicale, par exemple, peut enregistrer les données d’imagerie des patients dans différents lieux. Ces données sont ensuite interprétées par des spécialistes, grâce à un accès en ligne à partir d’une plateforme à distance. Un médecin accède ensuite aux résultats cliniques sur son lieu d’exercice, ainsi qu’à des bases des données rassemblant un nombre d’interprétations cliniques qu’aucun médecin ne pourrait réunir à lui tout seul.

Les leviers de création de valeur dans la télémédecine reposent non seulement sur la création de lien distant entre médecin et patient, mais aussi sur l’interconnexion des équipements, des systèmes et des professionnels. Les besoins en financement ont été évalués à 2,8 milliards d’euros.

2.25 milliards pour les hôpitaux intelligents

Les hôpitaux numériques intelligents constituent le troisième domaine d’investissement prioritaire. Il englobe un large panel d’applications :
– le diagnostic relié numériquement,
– l’intelligence artificielle, pour réduire la durée des examens et améliorer la productivité des radiologues ;
– le suivi des équipements numériques, qui réduit considérablement les retards et les annulations ;
– la maintenance prédictive, qui préserve la disponibilité des établissements et des technologies essentielles pour répondre aux besoins ;
– la chirurgie assistée par ordinateur, pour augmenter la durée effective des effets bénéfiques de la chirurgie sur les patients ;
– l’automatisation des pharmacies numériques, qui évite les erreurs de prescription et les doublons ;
- les connexions numériques, pour faciliter la gestion de l’approche holistique de la médecine de précision ainsi que l’observance thérapeutique ;
– et même l’intelligence des bâtiments, pour améliorer l’efficacité énergétique dont les économies peuvent être utilisées pour financer le coût de la transformation numérique.

Financer 7,5 milliards d’investissements : un défi pour les hôpitaux français

La transformation numérique des hôpitaux nécessite un investissement considérable qui dépasse généralement les budgets d’investissement dont disposent traditionnellement les établissements de soins particulièrement contraints par les autorités de tutelles ces dernières années. Pour les auteurs de l’étude, les budgets d’investissement du secteur de la santé se situent généralement autour de 5 % des budgets totaux de fonctionnement. Ils n’offrent clairement pas une capacité suffisante pour répondre aux besoins d’une telle ampleur.

Les programmes d’aide spécifique comme le programme HOP’EN avec un budget de 420 millions d’euros annuels ou e-parcours (130 millions), s’ils sont les bienvenus n’apportent qu’une réponse partielle qui n’est pas à la hauteur des enjeux.

Un financement à crédit pour la transition numérique ?

Selon les enseignements tirés par SFS, la clé pour résoudre ce casse-tête financier passe par la mobilisation de capitaux privés et l’usage de solutions de financement sur mesure qui reposent peu ou prou sur du crédit-bail.

 «En s’appuyant sur les connaissances spécifiques du secteur des services de santé, chaque accord financier, que ce soit pour une technologie ou un équipement, ou pour une mise à niveau digitale stratégique de toute une entreprise, peut être adapté pour répondre aux besoins cliniques et financiers particuliers de l’organisme», déclare Thierry Fautré, Président de Siemens Financial Services, France. «Il existe tout un ensemble d’outils de financement conçus pour faciliter la transformation digitale en permettant aux organismes de santé de payer pour utiliser la technologie de nouvelle génération. Cela leur permet d’économiser de précieux capitaux tout en bénéficiant des avantages de la digitalisation».

 

Le cloud propose de nouveaux modes de consommation des actifs technologiques

Si l’état ne propose pas de politique plus ambitieuse en ce qui concerne la transition numérique des hôpitaux, les solutions de crédits privés peuvent probablement répondre à une partie des besoins en financement des hôpitaux.

Mais le Cloud Computing a également toute sa place dans l’arsenal financier des établissements. Car au-delà de la révolution technologique, le Cloud Computing est avant tout une opportunité financière pour les structures de soins. Il leur permet de profiter d’un mode de consommation locatif flexible, sans coûts cachés dont les avantages économiques reposent sur la mutualisation des ressources, l’élasticité de l’offre et une tarification sans engagement, à la demande, en adéquation avec le niveau de consommation réel.

Nuance, dans son guide sur la reconnaissance vocale dans le cloud rapporte que les solutions Cloud en général et les SaaS en particulier permettent aux établissements de santé de limiter leur besoin en investissement et de flexibiliser leurs dépenses d’exploitation tout en gagnant en rentabilité.

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