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Le conseil scientifique constate l’échec des mesures d’isolement et préconise une réduction de 14 à 7 jours #covid19 #coronavirus

illustrationLe ministère de la Santé a rendu public hier le dernier avis du conseil scientifique rédigé le 3 septembre dernier sur la stratégie et les modalités d’isolement des patients atteints par le Coronavirus SARS-COV-2. Les experts qui conseillent le gouvernement dans la gestion de la crise sanitaire signent clairement un constat d’échec sur la stratégie actuelle. Ils recommandent notamment de réduire de 14 à 7 jours la durée d’isolement et de promouvoir de mesures d’auto-isolement pour toutes les personnes ayant la moindre suspicion clinique. Ils suggèrent également des compensations financières fortes. Une décision devrait être prise vendredi 11 septembre lors du prochain conseil de défense.

La quatorzaine n’est pas respectée

L’isolement constitue avec le dépistage et l’identification des personnes contact un des trois piliers de la stratégie nationale de lutte contre l’épidémie de Covid-19. Il permet de réduire les risques de contamination secondaire et sa durée est dans la plupart des pays de 14 jours.

Or, le conseil scientifique constate qu’une partie possiblement importante des personnes atteintes ou à risque de l’être ne respecte pas ces mesures d’isolement, ce qui rend impossible la maitrise des chaines de contamination et pourrait augurer d’un emballement de l’épidémie.

Ce constat est fondé par une enquête non publiée et menée par la DGS auprès du réseau des ARS durant le mois d’août. Selon le conseil scientifique, le refus des mesures d’isolement et même de tout suivi sanitaire serait motivé notamment chez les personnes asymptomatiques par des pressions liées à l’emploi, le refus par principe d’un dispositif contraignant et la crainte d’une ingérence de l’état dans la sphère privée. La méconnaissance du dispositif et de son intérêt sanitaire ressortirait également dans les raisons invoquées.

Si le conseil scientifique semble pointer du doigt un manque de civisme et de solidarité sanitaire chez certains patients, il dénonce également les manquements de l’État qui :

  • a peu communiqué sur les recommandations en matière d’isolement
  • n’a pas défini de cahier des charges précis ni de budget à l’échelle nationale
  • n’a pas su mettre en place de système d’informations permettant d’assurer un suivi précis des mesures d’isolement

En d’autres termes, pour le conseil scientifique, le gouvernement a négligé les modalités de mise en œuvre et de suivi de sa stratégie d’isolement des patients COVID19.

La contagiosité est maximale pendant 7 jours

Pour le conseil scientifique qui appuie son analyse sur des données scientifiques récentes « la transmission du Sars-CoV-2 à partir des personnes infectées est maximale entre 2 jours avant l’apparition des signes cliniques et 5 jours après, et n’a été documentée que très exceptionnellement au-delà du 8e jour d’infection ».

 «Au-delà de sept à huit jours, on ne détecte quasiment plus de virus contagieux» explique le virologue Bruno Lina

Il propose, sur cette base, un isolement de 7 jours :

- À partir du jour du début des symptômes pour les cas confirmés, sans attendre les résultats du test ;

- À partir du jour du prélèvement positif pour les cas asymptomatiques ;

- À partir du jour du contact avec un cas confirmé pour les personnes-contact, suivi d’un test diagnostique réalisé au 7e jour d’isolement, isolement qui sera poursuivi si le résultat du test est positif.

Lors d’une conférence de presse, le président du conseil scientifique, le Pr DELFRAISSY a largement insisté sur ce point. « Il ne faut pas attendre le résultat du test […] il faut s’isoler dès les premiers signes de suspicion clinique»

Une stratégie de droits et devoirs

Pour maximiser les chances d’adhésion de la population aux mesures d’isolement sanitaire, le Conseil Scientifique recommande une double stratégie de droits et de devoirs, alliant la promotion du devoir de solidarité (par l’auto-isolement) à des mesures fortes de compensation.

Le conseil scientifique propose :

  • Des prescriptions d’arrêts de travail sans délai de carence ;
  • Une prime de compensation de perte de revenus pour les professions indépendantes
  • Des certificats médicaux permettant aux mineurs dans le foyer de justifier de leur absence de l’établissement scolaire ;
  • Un service de prise en charge à domicile des besoins (nourriture, soins de santé, assistantes sociales, etc.) si nécessaire.

Le conseil scientifique enjoint également le gouvernement à faire un important effort de communication visant à informer de façon précise le protocole à suivre en matière d’isolement.

Alors que Santé Publique France constate dans son dernier point épidémiologique une progression « exponentielle » de la circulation du virus et une dynamique de transmission « préoccupante », il devient urgent pour le gouvernement de s’assurer que tous les moyens sont mis en œuvre pour qu’aucun des 3 piliers de sa stratégie face au COVID-19 ne soit négligé.

«Si on continue avec ce même rythme, on arrivera sur une situation critique en décembre dans plusieurs régions de France», a déclaré dimanche 6 septembre l’épidémiologiste Arnaud Fontanet sur LCI.

 

 

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