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La ghréline, une hormone étroitement liée au contrôle de l’appétit et à la perte de poids

La ghréline n’a été découverte que récemment et de nouveaux travaux laissent penser qu’elle joue un rôle déterminant dans le contrôle de l’appétit mais aussi dans la régulation du poids sur le long terme. D’après une étude parue dans le New England Journal of Medicine, elle serait une cible d’intérêt pour inhiber l’appétit.

Ces résultats sur la ghréline sont publiés par Cummings et al dans le NEJM daté du 23 mai. La ghréline a été identifiée pour la première fois en 1999 par une équipe japonaise et des travaux plus récents ont montré qu’elle était sécrétée par la muqueuse gastrique de l’estomac. Sa principale action est de déclencher la faim et sa concentration plasmatique obéit à un cycle caractérisé par un pic pré-pandrial et une chute après le repas.

Cummings et al ont eu l’idée de doser la ghréline sur 24 heures chez des patients obèses qui avaient perdu du poids après la réalisation d’un court-circuit gastrique. Ces dosages ont été comparés à ceux d’autres obèses qui avaient perdu du poids grâce à un régime alimentaire approprié.

Globalement, les résultats confirment l’augmentation marquée de la concentration plasmatique de ghréline avant les repas suivie d'une diminution après le repas.

L’information la plus intéressante concerne la différence entre le profil de ghréline dans le groupe court-circuit gastrique (CCG) et dans le groupe contrôle.

Dans le groupe contrôle, une perte 17 % du poids initial était associée à une augmentation de 24 % de la concentration moyenne de ghréline sur 24 heures par rapport à ce qui était observé avant le régime. Selon les auteurs, cette augmentation tend à confirmer que « la ghréline a un rôle dans la régulation à long terme du poids corporel », du fait de l’adaptation de sa réponse lors de la perte de poids.

Dans le groupe CCG, une perte de 36 % du poids initial était associée à une réduction de 77 % de la concentration moyenne de ghréline sur 24 heures (aire sous la courbe).

En d’autres termes, la perte de poids soutenue et durable généralement observée avec les courts-circuits gastriques s’expliquerait (au moins en partie) par la réduction de la concentration moyenne en ghréline et une abolition de son cycle de sécrétion. Les auteurs avancent l’hypothèse que cet type d’intervention chirurgicale peut entraîner une inactivation des cellules productrices de ghréline qui ne sont plus au contact de la nourriture.

Ces hypothèses doivent évidemment faire l’objet de nouvelles évaluations mais l’étude de Cummings et al démontre sans ambiguïté que la ghréline exerce un rôle déterminant dans le contrôle de l’appétit et de la perte de poids. Pour cette raison, le développement d’antagonistes de cette hormone pourrait être souhaitable pour contrôler l’appétit mais aussi la perte de poids.

Source : N Engl J Med 2002 ;346 :1623-30. Veteran Affairs Research Communication Service.

SR

Descripteur MESH : Ghréline , Obésité , Rôle , Joue , Perte de poids , Repas , Aire sous la courbe , Cellules , Communication , Faim , Muqueuse , Muqueuse gastrique , Patients , Régime alimentaire

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