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L'hospitalisation à domicile poursuit son essor

illustrationSelon une nouvelle étude publiée par la DRESS, l'hospitalisation à domicile (HAD) confirme pour la seconde année consécutive son caractère florissant avec une progression de 6.3% en 2016 du nombre de journées qui fait suite à une augmentation de 4.3 % en 2015 . En 10 ans son activité a plus que doublé.

L’hospitalisation à domicile (HAD) est née en France dans les années 50 à l'hôpital Tenon (AP-HP). Malgré, cette paternité et face à ses voisins européens, la France a longtemps accusé des retards importants en matière de HAD. La DREES le reconnait elle même, la structuration administrative et législative a été longue. Ce n'est qu'à partir des années 2000, que la HAD prend véritablement son envol.

Conçu dès le départ pour améliorer le confort et la qualité de vie des patients, la HAD s'est rapidement révélée bien plus économe qu'une prise en charge classique. Selon la cour des comptes qui y a consacré un rapport en 2015, une journée de HAD coûterait en moyenne 3 fois moins cher qu'une journée à l'hôpital.

Une croissance soutenue depuis 2 ans

Face à de tels enjeux économiques, les autorités de tutelles ont cherché à favoriser le développement de la HAD par une augmentation de l'offre de soins et de l'activité. Les résultats semblent être au rendez-vous. Selon la DRESS, entre 2006 et 2016, le nombre d'établissements est passé de 170 à 313 et la capacité de prise en charge simultanée de patients a progressé de 6 900 à 16 300. En 2016, 4,9 millions de journées d’HAD sont comptabilisées, soit 2,6 fois plus qu’en 2006 (1,9 million de journées). Le nombre de patients effectivement pris en charge suit la même tendance avec plus de 110 800 patients en 2016, contre 44 000 en 2006 pour un total de 188 300 séjours contre 82 200 en 2006.

L'étude révèle par ailleurs une utilisation de plus en plus intensive des capacités de prise en charge qui atteint 82 % en 2016, soit 4% de plus qu'en 2006. Cette utilisation se situe entre les 75 % d'occupation observée en court séjour dans les services de médecine, chirurgie, obstétrique et odontologie et les 90 % du moyen séjour dans les services de soins de suite et de récupération

Enfin le taux de recours national à l'HAD, qui caractérise le nombre de patients pris en charge par rapport à la population française, s'élève à 20 patients par jour pour 1000 habitants en 2016 contre 8 patients par jour en 2006.  Ce qui positionne cet indicateur comme relativement éloigné de l'objectif affiché de 30 patients par jour.

Une diversification géographique qui ralentit

Après avoir été longtemps cantonné dans les zones urbaines, la HAD se déploie progressivement sur l'ensemble du territoire. Même si en 10 ans, le nombre de commune ayant au moins un patient en HAD a plus que doublé, cette diversification géographique est moins marqué depuis 2010. 

Un développement au profit des structures lucratives

En France, les secteurs public et privé à but non lucratif perdent du terrain mais occupent toujours une position dominante avec respectivement 26 % et 60 % de l'activité en 2016 contre 29 % et 67% en 2006.

Au contraire, les établissements privés à but lucratif ont triplé le volume de leur activité en passant de 4% à 15 %.

Les soins pratiqués évoluent également

En 10 ans la nature des soins prodigués a connu des évolutions importantes. Les soins liés aux pansements complexes (28% de l'activité, en hausse de 9 %) ont pris la première place devant les soins palliatifs en chute de 2%.

Bien que plus rares, les soins de nursing lourds, les traitements intraveineux médicamenteux et les soins de cancérologie  se développent en HAD au contraire des soins liés à la périnatalité qui sont de moins en moins pratiqués suite à l'évolution des recommandations de la HAS en 2011.

 

 

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