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« Moral Injury » : une enquête nationale pour mesurer la “blessure morale” des soignants, au-delà du burn-out

« Moral Injury » : une enquête nationale pour mesurer la “blessure morale” des soignants, au-delà du burn-out Une enquête nationale en ligne, intitulée « Étude du ‘Moral Injury’ chez les professionnels de santé français », entend documenter la “blessure morale” des soignants, définie comme « une profonde discordance entre les valeurs professionnelles des soignants et la réalité de leur pratique quotidienne ».[1] Relayée début février 2026 par l’AFPPE, l’initiative se présente comme le thermomètre d’un système sous tension, en cherchant à objectiver ce qui, dans l’organisation du travail, heurte l’éthique du soin et fragilise le sens professionnel.[2]

Une notion distincte du burn-out, centrée sur l’organisation du travail

La note d’information participant situe le “Moral Injury” comme un concept « provenant du monde anglo-saxon » pouvant se traduire par « blessure morale ».[1] Elle insiste sur une dynamique spécifique : lorsque le soignant se trouve « dans l’impossibilité d’agir conformément à ses principes éthiques » ou ressent « une trahison de la part de son institution », une détresse morale peut s’installer, présentée comme différente du burn-out.[1] Dans le même esprit, l’AFPPE souligne que, « contrairement au burnout », cette approche « met en lumière ces tensions organisationnelles ».[2]

Cadre officiel, éthique et données : ce que précise la note participant

Sur le plan institutionnel, la note identifie un gestionnaire (Centre hospitalier intercommunal de Toulon – La Seyne-sur-Mer, CHITS), un responsable de traitement des données (directeur du CHITS) et un porteur de projet (Pr Laurent BOYER, CEReSS – Aix-Marseille Université).[1] Le document mentionne aussi des identifiants d’étude (N° promoteur 2024-CHITS-019 ; N° Id-RCB 2024-A02449-38).[1]

Côté garanties, la recherche « a reçu l’avis favorable du Comité de Protection des Personnes le 10/12/2024 » et s’inscrit dans une « Méthodologie de référence 003 » de la CNIL, à laquelle le promoteur « s’est engagé à se conformer ».[1] La participation est annoncée sur la base d’un questionnaire d’« environ 20 minutes ».[1] Dans l’arrière-plan, la note rappelle un niveau élevé d’alerte : « les taux de burnout atteignent entre 40 et 60 % » et évoque, « dans les années à venir », une intention de départ chez « un médecin sur cinq » et « un infirmier sur quatre ».[1] Pour situer ces signaux dans le débat public, on pourra rapprocher ces constats des données récentes rapportées sur la détérioration de la santé psychologique des soignants et sur les symptômes de burnout sévères chez les PU-PH.[3][4]

Références

1. Note d’information participant – Projet MI-PRO, version 2.0 du 16/04/2025, « Étude du ‘Moral Injury’ chez les professionnels de santé français ».

2. AFPPE — « Participez à la grande étude sur les blessures morales des soignants ! » — 04/02/2026 : https://new.afppe.com/news/2026/02/04/paerticipez-la-grande-etude-sur-les-blessures-morales-des-soignants/

3. Caducee.net — « Santé mentale des soignants : une crise qui s’aggrave » — 12/05/2025 : https://www.caducee.net/actualite-medicale/16588/sante-mentale-des-soignants-une-crise-qui-s-aggrave.html

4. Caducee.net — « 40% des PU-PH présentent des symptômes de burnout sévères » — 17/04/2023 : https://www.caducee.net/actualite-medicale/16082/40-des-pu-ph-presentent-des-symptomes-de-burnout-severes.html

 

Descripteur MESH : Moral , Santé , Travail , Intention , Éthique , Santé mentale , Signaux , Lumière , Recherche , Personnes

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