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Risque de dépression et traumatismes crâniens

Les traumatismes crâniens fermés sont associés à un risque accru de dépression par la suite et cette augmentation est encore significative plusieurs décennies après le trauma initial. Ceci est la conclusion d'épidémiologistes américains qui ont examiné cette relation sur plus de 1.700 vétérans de la deuxième guerre mondiale.

Dans cette étude réalisée par Holsinger et al. et publiée dans les Archives of General Psychiatry, les auteurs rappellent tout d'abord que le risque dépressif est bien documenté dans la période qui suit directement un traumatisme crânien. L'objet de Holsinger et al. était d'évaluer ce risque à plus long terme.

Ces auteurs ont pour cela examiné les données de 1.718 vétérans de la deuxième guerre mondiale qui étaient en service en 1944-45 et qui avaient été hospitalisés au cours de cette période. Les dossiers médicaux militaires ont été utilisés pour établir la présence ou l'absence d'un traumatisme crânien fermé pendant cette même période : 520 vétérans avaient été victimes d'un traumatisme crânien fermé et 1.198 avaient été hospitalisés pour une autre raison.

Un entretien structuré des sujets en 1996-97 permettait de rechercher les antécédents dépressifs chez les participants.

Globalement, une histoire de symptômes dépressifs concernait 18,5 % des vétérans victimes d'un traumatisme crânien fermé et 13,4 % des autres vétérans. "Les vétérans avec un traumatisme crânien étaient plus enclins à rapporter une dépression majeure dans les années suivantes [odds ratio = 1,54 ; IC95 % = 1,17-2,04] et étaient plus souvent déprimés au moment de l'examen en 1996-97 [OR = 1,63 ; IC95 % = 1,07-2,50]", précisent les auteurs.

Par ailleurs, le risque de dépression était positivement lié à la sévérité du traumatisme crânien survenu des années avant.

Holsinger et al. estiment que ce résultat n'est pas vraiment surprenant si l'on considère la fréquence élevée des symptômes dépressifs après un traumatisme crânien. Le fait le plus marquant est que cette fragilité perdure pendant de nombreuses années. L'origine de cette relation reste néanmoins incertaine (lésion des régions cérébrales ? réponse physiologique au trauma ?).

Source : Arch Gen Psychiatry 2002;59:17-22

Descripteur MESH : Dépression , Neurologie , Psychiatrie , Psychologie , Risque , Guerre , Traumatismes crâniens fermés , Dossiers médicaux , Entretien , Histoire

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