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#Coronavirus : Améliorer la qualité de l’air intérieur pour réduire les risques de contamination aéroportée

illustrationDans un avis publié le 11 juin, l’Académie des Sciences recommande la généralisation d’une stratégie de ventilation à grande échelle, notamment dans les lieux d’enseignements afin de réduire les risques de contagion du Coronavirus SARS-COV-2. Elle recommande d’utiliser des détecteurs de CO2 comme outil de contrôle de la qualité de la ventilation. En cas de ventilation insuffisante, le HCSP recommande la mise en place de système de purification de l’air utilisant des filtres HEPA H13 ou H14 pour tous les établissements recevant du public.

Réduire les risques de contagion par une ventilation de qualité

Pour l’Académie des sciences, la contagion du coronavirus se fait principalement de façon aéroportée par la respiration, au voisinage d’une personne infectée, d’un air contenant soit des gouttelettes soit des aérosols contenant le virus. Pour réduire les risques de ce mode de contamination, elle rappelle qu’en plus de la distanciation et du port de masque, le renouvellement de l’air s’impose.

« La ventilation d’une pièce fermée en renouvelle l’air, et dilue donc les aérosols. Ce geste, simple, est pourtant réalisé trop peu souvent ou inefficacement. En outre, dans l’actuel contexte épidémique, les habitudes d’aération sont généralement mal adaptées faute de critère d’évaluation de leur efficacité ».

L’institution scientifique rappelle que si lors de l’inspiration on inhale de l’air contenant de l’oxygène, du dioxyde carbone et des aérosols, lors de l’expiration, on exhale un peu plus de CO2 ainsi que des aérosols potentiellement infectés. De ce fait, la mesure de la concentration en CO2 est un marqueur fiable de la concentration en aérosols dans l’air ambiant et un outil de contrôle de la qualité de la ventilation.

« Une bonne ventilation réduit les contagions par aérosols et de surcroit, la diminution du taux de CO2 fait décroître somnolences et maux de tête, et finalement améliore les capacités cognitives des élèves travaillant en espace fermé. »

Contrôler la qualité de la ventilation par l’usage de détecteurs de CO2

Fort de ces constats et considérant que les établissements d’enseignement sont des lieux potentiels de contagiosité malgré les précautions prises par leurs personnels, l’Académie des sciences recommande les mesures suivantes :

  1. Contribuant à l’objectif actuel de lutte contre la propagation du virus SARS-Cov2, le contrôle de la ventilation des locaux scolaires et universitaires doit être mis en place rapidement et à grande échelle. Outre cette contribution à la sortie de cette crise sanitaire, l’usage de détecteurs CO2 doit être considéré comme un investissement aux bénéfices à long terme, notamment sur la santé des élèves et des professeurs.
  2. L’appréciation de la qualité de ventilation doit partout reposer sur des mesures, simples à faire en utilisant des détecteurs CO2 de qualité r
  3. La France compte environ 50 000 écoles primaires, 11 000 collèges et lycées. Les coûts d’équipement des établissements en détecteurs (cantine, et détecteurs partagés entre plusieurs classes) se comptent donc en quelques dizaines de millions d’euros, une somme modeste face au bénéfice attendu et aux autres fonds engagés dans la lutte contre la pandémie. Il serait profondément regrettable que des débats freinent des décisions urgentes, qui peuvent être concertées et partagées.
  4. L’Académie souligne que l’utilisation de capteurs peut être, pour les professeurs, depuis l’école primaire jusqu’au lycée, l’occasion d’activités scientifiques, aisées à mettre en œuvre, reliées aux programmes scolaires, et de plus rassurantes pour les élèves et leurs familles. Les propositions et les ressources pédagogiques actuellement mises à disposition par le groupe d’universitaires ProjetCO2 et par La main à la pâte en développent des modalités de mise en œuvre.
  5. Le cadre d’une recherche participative, faite notamment avec les professeurs, permettrait la collecte des mesures en grande quantité utilisables à des fins de recherche et d’amélioration des équipements scolair
  6. Autour de ventilation et santé, beaucoup a été appris depuis un an, beaucoup demeure à apprendre. Une recherche pluridisciplinaire (santé, mécanique des fluides et ingénierie du bâtiment) doit être engagée sans tarder, et un soutien apporté aux équipes déjà engagées sur ce thème.

Ne pas occuper une salle au-delà de 800 ppm de CO2 dans l’air

Dans un avis publié le 28 avril 2021, le Haut Conseil de la Santé Publique (HSCP) semble sur la même longueur d’onde que l’Académie des Sciences puisqu’il recommande de maîtriser la qualité de l’air par l’aération ou la ventilation de chaque établissement recevant du public pour réduire le risque de transmission du SARS-CoV-2.

Si le HCSP recommande d’effectuer une aération des espaces clos des ERP en présence des personnes et d’ouvrir les fenêtres au moins 5 minutes toutes les heures, il précise qu’une concentration en CO2 supérieure à un seuil de 800 ppm doit conduire systématiquement à ne pas occuper la salle. Dans ce cas, elle enjoint les responsables des ERP à améliorer la ventilation ou à défaut à réduire le nombre de personnes admises dans les locaux.

Que faire en cas de ventilation insuffisante ?

Dans un autre avis publié le 27 mai dernier, en cas de ventilation insuffisante, le HSCP préconise l’utilisation d’unités mobiles de purification d’air après une étude technique préalable démontrant son impact positif potentiel.

Cette étude devra permettre d’identifier les flux d’air naturels et forcés, d’évaluer le nombre d’appareils à prévoir pour assurer une filtration suffisante de l’air de la pièce à traiter (en prévoyant au minimum de filtrer chaque heure 5 fois le volume du local) et de disposer les appareils de telle sorte à éviter les flux d’air vers les visages des personnes.

En ce qui concerne le matériel, le HCSP préconise de n’implanter que des unités mobiles de purification d’air par filtration HEPA H13 ou H14 ou taux de filtration équivalent, respectant les normes relatives aux filtres et aux performances intrinsèques de l’appareil.

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