Malnutrition prénatale et risque de maladie coronarienne chez le futur adulte

Une étude anglo-hollandaise parue dans Heart montre que les mères ayant souffert de malnutrition lors du premier trimestre de la grossesse donnent naissance à des enfants qui auront un risque plus important de maladie coronarienne.

Afin d’évaluer l’effet de la malnutrition prénatale sur la maladie coronarienne, le Dr T. Rosenboom et ses collaborateurs ont réalisé une étude de cohorte historique sur des individus nés entre novembre 1943 et février 1947 (dates encadrant la famine de 1944-45) dans un hôpital universitaire à Amsterdam.

La prévalence de la maladie coronarienne a été comparée entre ceux exposés à la famine en fin (n = 120), au milieu (n = 108) ou en début ( n = 68) de gestation et ceux nés dans l’année qui précédait ou suivait la famine (individus non exposés = 440).

L’étude montre que la prévalence de la maladie coronarienne est plus élevée chez ceux qui ont été exposés à la malnutrition tôt dans la gestation par rapport à ceux qui n’ont pas été exposés (8,8 % vs 3,2 % ; odds ratio ajusté pour le sexe = 3,0 , IC 95 % = 1,1-8,1). La prévalence n’augmente pas chez ceux exposés en milieu (0,9 %) ou en fin (2,5 %) de gestation.

Les personnes affectées par une maladie coronarienne tendent à avoir à la naissance un poids plus faible (3215 g vs 3352 g, p = 0,13), une circonférence crânienne plus petite (32,2 cm vs 32,8cm, p = 0,05), que les individus sans maladie cardiaque. Adultes, ces personnes ont une tension artérielle plus élevée, un poids plus important et un profil cholestérol défavorable.

Les auteurs concluent que malgré le faible échantillonnage, cette étude est la première à apporter des résultats suggérant que la malnutrition maternelle lors des premiers stades de gestation contribuerait à augmenter le risque de maladie coronarienne à l’âge adulte.

Source : Heart 2000 ; 84 : 595-598

Descripteur MESH : Maladie , Maladie coronarienne , Risque , Malnutrition , Grossesse , Mères , Prévalence , Personnes , Adulte , Cholestérol , Hypercholestérolémie , Sexe

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