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Dépression : 10 % des Français touchés en 2017, forte hausse en 7 ans

illustrationLe BEH 32-33 qui vient de paraître le 16 octobre dernier est consacré à la dépression. Il contient un éditorial et 3 articles dont 2 nous livrent une analyse des résultats obtenus par le baromètre santé à propos de la dépression.

La prévalence de la dépression en hausse de 22,5 % entre 2010 et 2017

Le baromètre santé est une enquête déclarative répétée dont l’objectif est de suivre les principaux comportements, attitudes et perceptions liés à l’état de santé de la population résidant en France. Depuis 2005, ce baromètre soumis à 14 520 actifs en 2017 permet de caractériser la prévalence de « l’épisode dépressif caractérisé » (EDC).

Et le moins que l’on puisse dire, c’est que les résultats peuvent paraître préoccupants. En effet si la prévalence de l’EDC au cours des 12 derniers mois chez les 18-75 ans était restée relativement stable en passant de 7,9 % [7,4-8,4] en 2005 à 8,0 % [7,4-8,7] en 2010, elle a bondi de plus de 22,5 % soit 1,8 point d’augmentation pour atteindre 9,8 % [9,3-10,2] en 2017. 

L’EDC touche 2 fois plus souvent les femmes et les inactifs

Autre fait marquant, les femmes sont bien plus touchées que les hommes puisque l’étude permet d’estimer à 13 % la prévalence de l’EDC chez les femmes contre 6,4 % chez les hommes, soit plus du double.

C’est entre 18 et 44 ans que la prévalence est à son apogée tous sexes confondus avant de diminuer de façon linéaire après 45 ans.

Des corrélations avec des facteurs sociodémographiques apparaissent également.
D’abord avec la situation professionnelle : les chômeurs et les inactifs déclarent près de 2 fois plus souvent un EDC, les personnes invalides ou en congés longue durée 3,4 fois plus souvent.
Ensuite avec la situation conjugale. Le veuvage (1,7) et le divorce (1,8) sont plus souvent associés à un épisode d’EDC.
Enfin si l’argent ne fait pas le bonheur, c’est bien chez les personnes déclarant les revenus les plus faibles qu’on retrouve la plus forte prévalence d’EDC.

Dans cette étude, un EDC était caractérisé par au moins un symptôme principal accompagné de 3 symptômes secondaires avec une perturbation des activités quotidiennes.

Symptômes principaux :

– vivre une période d’au moins deux semaines consécutives en se sentant triste, déprimé, sans espoir pratiquement toute la journée et presque tous les jours ;

– vivre une période d’au moins deux semaines consécutives en ayant perdu intérêt pour la plupart des choses pratiquement toute la journée et presque tous les jours.

Symptômes secondaires* :

– se sentir épuisé ou manquer d’énergie plus que d’habitude ;

– avoir pris ou perdu au moins 5 kg ;

– avoir plus que d’habitude des difficultés à dormir ;

– avoir beaucoup plus de mal que d’habitude à se concentrer ;

– avoir un sentiment de dévalorisation ou de culpabilité excessive ou inapproprié ;

– avoir beaucoup pensé à la mort ;

– avoir perdu de l’intérêt pour la plupart des choses comme les loisirs, le travail ou les activités qui donnent habituellement du plaisir (si symptôme principal de tristesse).

 

La dépression ou l’épisode dépressif caractérisé  (EDC) est [...] un faisceau de symptômes dont l’humeur (tristesse, perte de plaisir ou anhédonie) n’est qu’une dimension aux côtés de fonctions instinctuelles (sommeil, appétit et libido) et de fonctions cognitives et motrices fortement altérées. Par ailleurs, pour que le syndrome soit lu comme pathologique, il faut que soient objectivées une souffrance clinique et/ou une altération des fonctionnements professionnels, familiaux et sociaux de la personne. Astrid Chevance & Raphaël Gaillard BEH 32-33

 

BEH 32-33

·         Éditorial. La dépression, du mal-être à  la maladie / Astrid Chevance (Centre de recherche épidémiologie et statistique Sorbonne Paris, Hôtel-Dieu, Paris) et Raphaël Gaillard (Université Paris-Descartes ; Hôpital Sainte-Anne, Paris)

·         La dépression en France chez les 18-75 ans : résultats du Baromètre santé 2017 / Christophe Léon (SpF, DPPS) et coll.

·         La dépression dans la population active occupée en France en 2017 / Virginie Gigonzac (SpF, DST) et coll.

·         Prise en charge des patients avec troubles anxieux entre 2010 et 2014 dans les établissements ayant une autorisation en psychiatrie en France métropolitaine. Analyse des données du RIM-P / Christine Chan Chee (SpF, DMNTT) et coll.

Lire le BEH.

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