#Covid-19 : 99 % des patients avec des formes mineures développent des anticorps séroneutralisants en 13 jours

illustrationDes équipes du CHU de Strasbourg et de l’Institut Pasteur ont mis en évidence la présence d’anticorps séroneutralisants dans la quasi-totalité d’un groupe de 160 soignants souffrant de forme mineure de Covid-19. Selon les auteurs, cette découverte conforte l’hypothèse selon laquelle, même les patients ayant subi des formes mineures de l’infection pourraient développer une immunité individuelle pendant plusieurs semaines.

La réponse immunologique des individus atteints de formes mineures d’infection par le SRAS-CoV-2 reste mal caractérisée. La plupart des études se sont focalisées sur les cas graves de patients hospitalisés alors que 80 % des patients infectés développent une forme mineure qui ne requiert pas d’hospitalisation. À l’heure où l’on sait qu’il est vain de compter sur l’immunité de groupe pour protéger la population à court terme, savoir si 80 % des patients déjà infectés ont la capacité de développer une immunité individuelle représente un enjeu de santé publique important.

Pour avancer sur le sujet, 160 soignants travaillant sur deux sites distincts du CHU de Strasbourg se sont portés volontaires pour participer à cette étude. Leur diagnostic a été confirmé par un test PCR et leur prise en charge n’a pas nécessité d’hospitalisation.

La présence d’anticorps anti SRAS-CoV-2 a été mesurée par deux techniques, un test de diagnostic rapide et un test mis au point par l’Institut Pasteur (appelé S-Flow). L’activité neutralisante des anticorps a été mesurée avec un test dit de neutralisation de pseudovirus.

Le délai médian entre l’apparition des symptômes et le prélèvement d’échantillons sanguins était de 24 jours [13-39]. Le test immunodiagnostic rapide a détecté des anticorps dans 153 (95,6 %) des échantillons et le test S-Flow dans 159 (99,4 %). Des anticorps neutralisants (NAbs) ont été détectés dans 79 %, 92 % et 98 % des échantillons prélevés, respectivement 13-20, 21-27 et 28-41 jours après le début des symptômes.

Cette étude montre que des anticorps contre le SRAS-CoV-2 sont présents chez pratiquement tout le personnel hospitalier testé préalablement positif par PCR. L’activité neutralisante des anticorps augmente au fil du temps, ce qui suggère que les personnes développent une immunité potentiellement protectrice.

« On savait que les personnes atteintes de formes sévères de la maladie développaient des anticorps dans les 15 jours qui suivaient le début des signes. On sait maintenant que c’est également vrai pour ceux qui font des formes mineures, même si les taux d’anticorps sont vraisemblablement plus faibles » commente Arnaud Fontanet, un des auteurs de l’étude et responsable du département Santé globale à l’Institut Pasteur.

« Notre étude montre que les niveaux d’anticorps sont, dans la plupart des cas, compatibles avec une protection contre une nouvelle infection par SRAS-CoV-2, au moins jusqu’à 40 jours après le début des signes. L’objectif maintenant est d’évaluer sur le long terme la persistance de la réponse anticorps et sa capacité de neutralisation associée chez ces personnels soignants » déclarent Timothée Bruel et Olivier Schwartz, respectivement chercheur et responsable de l’unité Virus et immunité à l’Institut Pasteur.

« Les résultats de cette étude sont très encourageants pour les personnes déjà infectées par le virus, car même en ayant développé une forme légère de la COVID19 elles sont capables de générer des anticorps protecteurs qui sont présents au moins 40 jours après le début des symptômes, reste à vérifier leur persistance dans le temps. Ces résultats sont également une bonne nouvelle pour les futures stratégies vaccinales », conclut le professeur Samira Fafi-Kremer, chef du service virologie des Hôpitaux Universitaires de Strasbourg et première auteure de l’étude.

 

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