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Xénogreffe : des chercheurs rapportent la transmission d'un virus de babouin à l'homme

Des chercheurs américains rapportent avoir observé qu’un virus est passé du babouin à l’homme à l’occasion d’une greffe de foie de singe.

C’est la première fois que l’on montre qu’un virus animal a franchi la barrière d’espèce après xénotransplantation, une technique expérimentale consistant à utiliser des organes d’animaux pour pallier à la pénurie d’organes humains.

L’annonce de cette observation a été faite au 39e congrès de l’ICAAC par l’équipe du Pr Thomas Starzl de l’Université de Pittsburgh.

Partant du constat qu’une infection par le cytomégalovirus humain (HCMV) provoque de graves lésions chez les patients transplantés sous traitement immunosuppresseur, M.G Michaels et ses collègues ont cherché à savoir si un virus simien proche du HCMV et endémique dans de nombreuses populations de babouins pouvait infecter l’homme.

Partant du constat qu’une infection par le cytomégalovirus humain (HCMV) provoque de graves lésions chez les patients transplantés sous traitement immunosuppresseur, M.G Michaels et ses collègues ont cherché à savoir si un virus simien proche du HCMV et endémique dans de nombreuses populations de babouins pouvait infecter l’homme.

On sait depuis deux ans que ce virus, le BCMV (baboon cytomegalovurus), peut pousser in vitro dans des cellules humaines. Il peut en effet se répliquer dans des fibroblastes humains et y provoquer des lésions caractéristiques, semblables à celles induites par le HCVM. Des particules virales ont également été observées en microscopie électrique dans des fibroblastes humains infectés par le BCMV.

Utilisant des méthodes de biologie moléculaire pour amplifier l’ADN viral du BCMV, les chercheurs ont détecté sa présence après 28 jours de culture dans des globules blancs préalablement conservés. Ces cellules provenaient d’un patient qui avait reçu un foie de babouin.

L’analyse moléculaire a montré que l’ADN viral isolé partage une homologie de séquence comprise entre 97% et 100% avec un gène de référence du BCMV, mais également avec d’autres séquences provenant de trois autres souches de BCMV. En revanche, le degré d’homologie avec le cytomégalovirus humain (HCMV) n’est que de 30%.

“Le BMCV est transmissible à l’homme par xénotransplantation comme le montre l’isolement d’un virus compétent pour la réplication dans les leucocytes du sang humain”, concluent les chercheurs.

Cette observation devrait fournir un argument de poids supplémentaire aux opposants des xénogreffes - qui ont également leurs défenseurs -, dans la mesure où la transmission d’un virus animal capable de se multiplier dans des cellules humaines est d’autant plus inquiétante qu’un patient transplanté reçoit intentionnellement des immunosuppresseurs pour éviter le rejet de greffe. Source : 39th ICAAC (Interscience Conference on Antimicrobial Agents and Chemotherapy), San Francisco, un congrès de l’American Society for Microbiology. 26-29 septembre 1999 .

Descripteur MESH : Virus , Foie , Cellules , Fibroblastes , Infection , Observation , Patients , Biologie , Biologie moléculaire , Immunosuppresseurs , In vitro , Leucocytes , Méthodes , Microscopie , San Francisco , Sang

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