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Les académies de médecine et de sciences choisissent Paris pour leur première réunion sur l’avenir des vaccins

C’est en mai 2000 à Tokyo, «avec du courage et peu de moyens» (dixit le professeur Guy de Thé, membre de l’académie nationale de médecine), qu’a été créée l’InterAcademy Medical Panel (IAMP), qui réunit aujourd’hui 37 académies de médecine et académies des sciences du monde entier. Sous l’égide conjointe de l’académie nationale de médecine et de l’académie des sciences, l’IAMP s’est réunie à Paris pendant trois jours pour un colloque inter-académique médical sur le thème du ‘Défi mondial des maladies infectieuses et de la résistance aux antibiotiques’. Un appel de l’IAMP à la vigilance et à la mobilisation mondiale sera lancé et soumis à l’approbation de l’assemblée en clôture de sa première assemblée générale.

Force est de constater qu’en dépit des nombreux progrès en matière de prévention des maladies infectieuses, et sans parler de l’épidémie de sida, il n’en reste pas moins qu’à travers le monde, principalement dans les pays pauvres, les épidémies font encore des ravages considérables (tuberculose, diarrhées, hépatites, maladies infectieuses respiratoires).

Les académiciens ont déploré ce fossé qui, disent-ils, se creuse entre les connaissances en matière de prévention et de traitements des maladies infectieuses, et l’utilisation de cette connaissance à travers le monde. L’augmentation de la résistance aux antibiotiques en est un exemple frappant.

Les orateurs ont souligné dans leurs interventions deux faits majeurs qui sont liés: le fossé qui sépare les pays riches des pays pauvres ou en voie de développement concernant la prévention vaccinale des principales maladies infectieuses et la part sans cesse croissante de l’investissement en recherche clinique pour le développement de nouveaux vaccins par les firmes pharmaceutiques.

Tous s’accordent à dire qu’il faut apporter l’infrastructure nécessaire aux pays qui ont besoin d’aide en matière de prévention (vaccinales et thérapeutiques), si on veut se donner les moyens d’éradiquer les maladies anciennes ou émergentes.

L’IAMP se veut être une force de persuasion vis à vis des instances gouvernementales mais également face aux industries pharmaceutiques, afin que médicaments et vaccins soient accessibles à tous.

Son objectif est de pouvoir contrôler à terme les maladies infectieuses au 21ème siècle et pour cela il faut selon l’association, encourager les mesures de diffusion des vaccins et des médicaments les plus efficaces, et aussi ouvrir la connaissance sur la recherche médicale à tous.

Une collaboration internationale doit voir le jour et des projets de recherche lancés dans tous les pays. Pour que ces efforts portent leurs fruits, les scientifiques, médecins et pouvoirs publics doivent travailler main dans la main et, avec l’aide de l’IAMP qui veut promouvoir les échanges scientifiques, concourir à une bio-sûreté internationale, sans détournement à des fins terroristes des matériels biologiques.

«Si on n’essaie pas d’avoir une conscience universelle, on arrivera à rien», a expliqué Guy de Thé.

L’académie nationale de médecine en accord avec l’IAMP entend jouer de toute son influence et de tout son savoir auprès du public et des décideurs de la santé, afin d’atteindre les objectifs qu’elle s’est fixée. En ce sens, elle donne son accord au texte ‘Contrôler les maladies infectieuses au 21ème siècle’, et approuve sa publication en tant que Déclaration de l’IAMP.

Source : Académie Nationale de Médecine, 22 mars 2002, Paris

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