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Aux urgences, les discussions régulières de cas entre médecins sont corrélées à une réduction du risque d'erreur médicale de 40%

illustrationLa mise en place de courtes, mais régulières discussions entre médecins sur les cas traités dans les services des urgences est associée à une réduction du nombre d'erreurs médicales de 40% selon les résultats d'une étude menée en France et donc les conclusions sont publiées dans le très sérieux JAMA.

Dans les services d'urgence, les médecins suivent plusieurs patients en même temps et sont souvent contraints à prendre rapidement des décisions à partir d’informations ou de résultats incomplets. Ils se retrouvent particulièrement exposés au risque d’erreur médicale. En 2013 une étude [1] a évalué ce taux d'erreur médicale à 10% et a mis en évidence que ce taux était réduit si plus d'un médecin était impliqué sur la prise en charge du patient comme c'est le cas lors de transmissions médicales par exemple.

Promue par l'AP-HP, l'étude CHARMED est un essai clinique randomisé par grappe qui a cherché à évaluer l'impact sur les erreurs médicales, des vérifications croisées régulières et systématiques entre médecins, 2 par 2 pendant une dizaine de minutes, 3 fois par jour. Il s'agissait concrètement d'échange informel entre 2 médecins urgentistes.

La méthodologie a consisté à tirer au sort pendant deux périodes de 10 jours dans 6 services d'urgence différents, Avicenne, Lariboisière, Hôpital européen Georges-Pompidou, Saint-Antoine et Tenon et le centre hospitalo-universitaire Grenoble-Alpes, 14 cas cliniques différents de plus de 18 ans et à les analyser pour déceler des éventuelles erreurs médicales.

Seuls 50% des 1680 cas tirés au sort avaient bénéficié de vérifications croisées systématiques et constituent le groupe Intervention, l'autre moitié constituant le groupe de contrôle.

Dans le groupe de contrôle, on a pu mesurer un taux d'erreurs médicales de 10.7% (90 erreurs sur 840 cas étudiés), soit un taux proche de la première étude réalisée en 2013 (10%).

Dans le groupe Intervention où des vérifications croisées régulières avaient été réalisées, 54 erreurs médicales ont été décelées, soit un taux de 6.4%.

L'étude a pu conclure à une réduction du risque relatif de 40% avec un intervalle de confiance de 95 % [12% à 59%] lorsque des vérifications croisées systématiques sont mises en place entre médecins urgentistes. Plus précisément, la réduction des erreurs sans gravité était de 47 % et celles des événements indésirables graves de 29 %.

L’AP-HP envisage de diffuser des recommandations visant à étendre les vérifications croisées systématiques à l’ensemble de ses services d’urgence.

 

https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/article-abstract/2678825?resultClick=1&redirect=true

 

 

[1] Freund Y, Goulet H, Bokobza J, et al. Factors associated with adverse events resulting from medical errors in the emergency department : two work better than one. J Emerg Med. 2013;45(2):157-162. doi:10.1136/bmj.i2139

Descripteur MESH : Médecins , Urgences , Risque , Erreurs médicales , France , Confiance , Essai clinique , Patients , Temps

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