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Vers un arrêt du port du masque en EHPAD ?

illustrationAprès l’AD-PA qui représente les directeurs et le groupe Avec, opérateur global de santé dédié aux séniors c’est au tour de la Société Française de Gériatrie et de Gérontologie (SFGG) de militer pour l’arrêt du port du masque en établissements pour personnes âgées.

Plus de liberté. Moins de masques. Moins de contrôles et moins de mesures restrictives. Moins d’inégalités, plus de considérations pour les résidents en EHPAD : voici en substance la demande des gériatres et des gérontologues en cette veille de période estivale.

« L’âge intervient une fois encore comme fondement de l’inégalité » explique la Dr Sophie Moulias, gériatre à l’Hôpital Ambroise Paré et spécialiste des questions éthiques. « À vouloir trop protéger les résidents en EHPAD, on leur enlève leur qualité de vie, voire la vie elle-même. Or, il faut savoir que quand la fragilité s’étend, le besoin relationnel s’étend. Quand les relations s’éteignent, la personne est confrontée encore plus à elle-même. Qu’à vouloir trop en faire on augmente l’isolement des résidents d’EHPAD avec un risque important de mort sociale. Il ne faut jamais perdre de vue l’idée que la santé est un bien global dont la relation à l’autre fait entièrement partie et que la privation relationnelle a des conséquences dramatiques ».

La SFGG rappelle les conséquences majeures de l’épidémie COVID-19 sur les résidents en EHPAD. Plusieurs enquêtes, notamment l’étude ENCOPAD-IPCE menée en 2020 par le Pr Sylvie Bonin-Guillaume, gériatre au CHU de Marseille et le Dr Anne-Julie Vaillant-Ciszewicz, psychologue, ont mis en lumière une augmentation de la tristesse, de l’inquiétude et des signes d’anorexie chez les résidents pendant cette période.

« A trop vouloir les protéger, on leur enlève de la vie. Il y a un trop grand décalage avec ce qu’il se passe dans la vie de tous les jours », explique le Professeur Nathalie Salles, Présidente de la Société Française de Gériatrie et Gérontologie (SFGG) et cheffe du service gériatrie au CHU de Bordeaux pour France3.

Il faut dire que comme l’a souligné son prédécesseur Olivier Guérin en pleine pandémie (décembre 2020), ce virus est « clairement gériatrique » avec « près de 30 % de mortalité Covid-19 dans la population de plus de 75 ans polypathologiques ».

Plus de deux ans après l’apparition du virus du Covid-19 et à l’arrivée de l’été, presque plus personne ne porte de masque sauf en espace hospitalier et dans les EHPAD. « En ce moment, en EHPAD, les résidents sont espacés de 2-3 mètres face à des soignants masqués ou sont eux-mêmes masqués ». La spécialiste fait le parallèle avec un métro ou un tramway où l’on pourrait trouver des personnes âgées, sans masque, tous les jours.

Mettre à jour des recommandations obsolètes

Les dernières recommandations émises pour « Les établissements et services accueillant des personnes âgées et des personnes en situation de handicap » par le Ministère des Solidarités et de la Santé datent du 6 avril 2022. Ainsi, la SFGG demande-t-elle leur mise à jour :

«Il s’agit en particulier de ne plus requérir le port du masque dans les établissements et services médico-sociaux accueillant des personnes âgées (mis à part au moment du soin), d’arrêter les contrôles et les dépistages systématiques et d’assouplir les visites et animations». «Aujourd’hui règne une trop grande disparité dans l’application des règles dans les EHPAD en France. Le principe de précaution n’a plus lieu d’être».

En effet, l’été est une époque où le risque lié au virus est beaucoup plus faible.

«Il est intolérable de voir encore des résidents et familles aussi contraints. Il est ainsi grand temps de lever, dans tous les EHPAD, ces restrictions afin que les résidents et leurs familles puissent, eux aussi profiter des réjouissances estivales le mieux possible, surtout dans cette population particulièrement bien protégée par la vaccination».

Pour l’AD-PA, les établissements pour personnes âgées sont les endroits les plus sûrs de France du point de vue du Coronavirus puisque 100 % des personnels sont vaccinés et que tous les résidents qui le souhaitaient, c’est-à-dire près de 90 % d’entre eux ont eu la 3e, voire la 4e dose.

L’AD-PA et AVEC rappellent que les personnes âgées, même si elles sont vulnérables doivent être considérées comme des citoyens à part entière.
Les logiques hyper sécuritaires et sanitaires de l’État doivent laisser place à la citoyenneté et à la liberté de nos aînés.

Le Ministère doit donc, de toute urgence, modifier les recommandations pour faire en sorte que le port du masque ne soit plus imposé dans l’ensemble des établissements.

Par ailleurs, demander la vérification des passes sanitaires impose dans beaucoup d’établissements que les visites se fassent de 9 h à 17 h, heures de présence d’un salarié à l’accueil.

Ce dispositif qui réduit le droit de visite des résidents et des familles doit lui aussi être supprimé.

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